Toutes les bouteilles, stockées pendant une longue période dans des conditions optimales, ont été placées dans une cave de service, à température adaptée, verticalement, 6 jours avant notre rendez-vous.
Cette dégustation s’est déroulée en deux séances : l’après-midi à 14h puis le soir à 19h30.
Ce compte-rendu détaille les impressions du soir.
Entre autres causes, une aération de 5 heures (dans la bouteille rebouchée en position verticale) peut expliquer les variations dans les appréciations.
Les vins sont dégustés sans présentation à l’aveugle.
Les verres utilisés sont les « Expert » de Spiegelau.
DS : Didier Sanchez -MF : Maxime France – AA : Attila Aranyos – HC : Hervé Cuzon – NC : Nicolas Chabot – HLP : Hugo Le Panse – EA : Eric Ambiaud – GM : Gulnar Murat
(Nombre total de dégustateurs : 17)
A l’ouverture : DS15 – GM15,5
Après 5 heures d’aération : DS15 – AA16- MF15,5 – NC16 – HC15,5 – HLP15,5 – EA15,5
Le nez s’ouvre sur des notes de fruits noirs rappelant la myrtille, complétées par des senteurs végétales mûres évoquant la ronce, le thé noir.
La bouche est fraîche et mûre à la fois, élégante avec une impression juteuse, sanguine qui confère un joli fond à cette très belle entrée en matière !
A l’ouverture : DS16 – GM17,5
Après 5 heures d’aération : DS16 – AA17 – MF17 – NC17 – HC16,5 – HLP16,5- EA16
Le nez exprime d’élégantes senteurs fumées, épicées mêlées à un joli fruit rappelant la framboise et la ronce.
En bouche, le vin se montre à la fois délicat et puissant, doté d’une belle profondeur et d’une grande sapidité. Un très beau “village”, déjà sérieux !
A l’ouverture : DS16 – GM17
Après 5 heures d’aération : DS16 – AA16,5 – MF16.5 – NC16,5 – HC16,5 – HLP16,5- EA16
L’olfaction se livre sur des notes évoquant les épices, la fumée, et les fruits noirs comme la mûre.
En bouche le vin propose une belle matière, solaire, intense mais jamais lourde autour de saveurs de poivre noir et de framboise notamment. Une belle proposition pleine de jeunesse et de fougue !
A l’ouverture : DS16,5 – GM16
Après 5 heures d’aération : DS16,5/17 – AA17,5- MF17,5 – NC17 – HC17 – HLP17- EA16,5
Le nez apparaît plus ouvert, plus offert que celui du Vosne autour de notes poivrées et fruitées rappelant la framboise, le noyau de cerise.
La bouche présente une structure plus “masculine”, plus dense, toujours très sapide avec une sensation minérale, tellurique, qui confère une belle fraîcheur et un grain qui portent le vin et l’amènent dans une finale de très belle longueur.
A l’ouverture : DS15,5 – GM15
Après 5 heures d’aération : DS16 – AA16 – MF15,5 – NC16 – HC16 – HLP16- EA16
Le nez commence à délivrer un léger début d’évolution autour des épices mais sans se départir d’une belle dimension fruitée rappelant la framboise et la cerise burlat.
En bouche le vin se montre charnu, pulpeux mais avec peut-être un léger déficit en termes de dynamique et de ressort. Sans être mou, il ne présente pas l’élan des vins précédents.
A l’ouverture : DS16 – GM15,5
Après 5 heures d’aération : DS16,5 – AA17 – MF17 – NC17 – HC17 – HLP17- EA16,5
Nez très élégant autour d’une belle floralité évoquant la violette, la pivoine complétée de notes de cerise.
La bouche, très souple en attaque, se tend progressivement comme si, au fur et à mesure, le terroir s’imposait pour faire la différence et emmener le vin beaucoup plus loin. On retrouve l’énergie rencontrée sur le 2019, encore une très belle bouteille faisant honneur au terroir de Nuits.
A l’ouverture : DS14,5 – GM14,5
Après 5 heures d’aération : DS15 – AA15,5 – MF16 – NC16 – HC15,5 – HLP15- EA15,5
Le nez livre des senteurs florales avec la rose qui commence à dévoiler ses fragrances.
La bouche se montre fine, élégante, pas dotée d’un fond et d’une puissance extraordinaires mais soutenue par des goûts poivrés, floraux qui servent ce vin en lui conférant une très belle buvabilité.
A l’ouverture : DS14,5– GM14,5
Après 5 heures d’aération : DS15 – AA15 – MF15,5 – NC15,5 – HC15 – HLP15,5- EA15,5
Le nez se montre plus terrien, un rien plus austère, plus fermé peut-être également.
La bouche est marquée par une forte acidité qui, à ce stade, peut sembler un peu dissociée. Le terroir ne porte pas autant le vin que sur les autres millésimes qui se montre plus dur, plus rustique, à l’équilibre moins abouti que sur les bouteilles précédentes.
A l’ouverture : DS17,5 – GM16,5
Après 5 heures d’aération : DS17,5/18 – AA17,5 – MF17,5 – NC17,5/18 – HC17 – HLP17,5- EA17,5
Avec ce nez nous passons un cap en termes de nuances et de complexité aromatique. Il se livre dans un florilège d’arômes nuancés rappelant tour à tour les épices, l’humus, le graphite, la ronce, la pivoine, la fraise.
La bouche est puissante, minérale, marquée par un fort ancrage dans le sol, tellurique. Les goûts intenses s’agencent autour d’une structure élégante, d’une grande longueur en bouche. Le vin possède un très beau souffle réglissé qui emporte la finale durant de longues secondes ! Une superbe bouteille, Nuits à son meilleur, à la fois terrien et élégant.
A l’ouverture : DS16,5 – GM16,5
Après 5 heures d’aération : DS17 – AA18 – MF18 – NC18 – HC18 – HLP17,5- EA17
Un nez d’une très belle élégance évoquant la cerise, la fraise mais également la rose ancienne qui pointe le bout de ses pétales!
En bouche nous retrouvons cette classe éthérée, un toucher de bouche de taffetas et beaucoup de finesse. La magie du pinot noir opère et s’exprime pleinement ici dans une proposition tout en délié…magnifique !
A l’ouverture : DS17 – GM17,5
Après 5 heures d’aération : DS18 – AA18,5 – MF18,5 – NC18,5 – HC18 – HLP18,5- EA18
Olfaction de grande classe autour de senteurs poivrées raffinées, de fragrances de fruits rouges rappelant la fraise, la cerise, la framboise complétées par une jolie escorte épicée.
La bouche, d’une élégance proverbiale, s’exprime sur une insigne finesse, du velours en bouche pour un vin gorgé de saveur et doté d’une énergie qui porte loin la très belle finale. Ce vin réjouissant, savoureux, délicieux fait l’unanimité, c’est le sourire au bord du verre !
A l’ouverture : DS17 – GM17
Après 5 heures d’aération : DS17 – AA18- MF17,5 – NC17,5 – HC18+ – HLP17+- EA17
Le nez est encore très (trop?) jeune, fermé, sur la réduction.
La bouche est très dense, dotée de beaucoup de fond mais à l’aromatique encore cadenassée. La structure du grand cru est indéniablement là mais le vin ne semble pas encore tout à fait prêt, marqué par son “quant à soi” et une forme d’austérité à ce stade. A revoir dans quelques années pour laisser le temps au Clos de Vougeot de dévoiler toute sa race.
Ce tour d’horizon des vins du Domaine Jean Grivot nous a permis d’approcher une production d’un magnifique niveau général. Chaque vin traduit avec beaucoup de lisibilité son village, son terroir.
Les vins de Vosne Romanée ne se départissent jamais de l’élégance, la finesse, la classe naturelle qui signent ce prestigieux village. Ils sont une ode au plaisir charnel, à l’hédonisme et réjouissent le dégustateur par le plaisir qu’ils procurent, lisibles, évidents mais aussi complexes et profonds.
Il est captivant de remarquer que, pour autant, les vins issus du Village de Nuits Saint Georges ne sont pas en reste en matière de profondeur, d’énergie. Plus ancrés dans le sol mais toujours dotés d’une profondeur de saveurs et d’une énergie les rendant transperçant et d’une intensité prégnante. L’équilibre se fait néanmoins sur une grande finesse et beaucoup de fraîcheur fruitée et réglissée articulée autour d’une trame tannique toujours fine et élégante.
Alors Vosne? Nuits? J’ai envie de dire surtout Grivot! Les deux villages sont ici mis à l’honneur dans ce qu’ils ont de meilleur. Nul besoin de les départager, de les hiérarchiser, chaque dégustateur ira y chercher, selon son humeur du moment, un jour l’élégance gourmande, un jour l’énergie fruitée, la magie éthérée ou la force tellurique…au grès de ses envies, des plats qui viendront nécessairement accompagner ces vins qui sont, bien sûr, indissociables de la table, il trouvera toujours l’expression pure, sincère, directe des grands vins de la Côte de Nuits