2007_11_08 5 Domaines majeurs du gaillacois

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Une journée dans le Gaillacois…

Jeudi 8 Novembre 2007

 

 

8 heures du matin.

Belle matinée automnale dans la plaine toulousaine : je quitte la maison endormie pour une virée sur mes terres natales, entre Toulouse et Albi.

Bertrand le Guern, « régional de l’étape », me sert de guide.

Il a prévu un planning serré pour une sélection de qualité :

  • Domaine de la Croix des Marchands – Château Palvié

  • Domaine Rotier

  • Restaurant

  • Domaine Vayssette

  • Domaine Montels

  • Domaine d’Escausses

 

Le Tarn se rapproche.

Un brouillard épais s’étend sur sa vallée.

Sans GPS, sans visibilité, je finis par trouver le point de rendez-vous, dans une véritable purée de pois.

Le froid, humide, n’invite pas à la flânerie et mes clichés en plein air seront rares…

Dommage, la vigne est belle…



DOMAINE DE LA CROIX DES MARCHANDS - CHÂTEAU PALVIE

Jean-Marie Bezios nous reçoit chez lui pour une longue discussion sur le gaillacois, plus généraliste qu’appliquée à son propre domaine…

 

On retrouve là l’homme d’action passionné : ex-président syndical de l’appellation, toujours engagé pour la cause régionale, c’est un homme de convictions, de combats, aux idées larges et ambitieuses.

Un homme qui fait avancer les choses…

 

Nous sommes à quelques jours de la semaine des primeurs, moment excitant et important pour le vignoble : depuis 20 ans Gaillac fête cet évènement !

Même si seulement 8% de la production locale lui est consacré, la région n’en est pas peu fière : clairement encadrée par décret, cette production de gamay aux macérations carboniques se veut qualitative, exigeante.

Même si je ne suis pas un adepte de cette boisson, je dois reconnaître que Gaillac n’a pas à rougir face à déferlente beaujolaise.

Bien au contraire…

 

De plus, les vignerons ont ici tout compris : cette production n’est en fait qu’une vitrine publicitaire festive.

L’objectif final est de conduire le consommateur vers la production plus traditionnelle des vins locaux qui ne souffrent en aucune manière de la réputation superficielle de cette boisson de comptoir…

Pendant toute une semaine, les domaines ouvrent grandes leurs portes, organisent des repas, des activités, des spectacles : Gaillac est en musique, en couleur et s’offre à l’amateur joyeux.

Mais nous ne sommes pas là pour ça…

 

Le domaine compte 46 ha, dont 20 réservé au Château Palvié.

Alors que les vignes de la Croix des Marchands s’étendent en plaine de graves sur la commune de Montans (rive gauche), il faut monter sur les coteaux argilo-calcaires de la rive droite du Tarn pour trouver celle du Château Palvié (elles jouxtent les vignes du domaine Plageoles).

Conduites traditionnelles en gobelet, travail des sols, effeuillage, passage progressif à des méthodes dites « alternatives », puis biodynamiques dans un avenir proche, on sent l’homme sensible à la protection de la terre et de la plante, dans un esprit ouvert, toujours raisonnable.

Volontaire, ambitieux, l’homme privilégie l’évolution, la curiosité, l’originalité.

(Il se bat par exemple pour le renouveau du cépage rouge Prunelart, déjà défendu par d’autres, comme Plageoles, pratique des élevages de Mauzac sur lies, avec bâtonnage…)

Equipé de matériel ultra moderne (pressoir pneumatique, cuves inox thermo-régulées, système de remise en circulation du CO² dans les cuves…), il s’est armé pour bien faire…

 

 

 

Domaine de la Croix des Marchands – Gaillac 2004

Assemblage syrah, duras, braucol – cuve inox - 5,45 E – 13,5/20

Vin à l’expression simple, mais joviale, souple, rond, marqué de fruits noirs et d’épices.

 

Château Palvié – Gaillac 2004

Assemblage syrah, braucol – cuve inox - 14° - 7,40 E – 13/20

Vin avec de la mâche, une structure solide, sur la mûre, le cassis, la cerise noire, mais aussi le cuir. Toutefois un peu raidi autour d’une structure tannique accrocheuse.

 

Château Palvié – Gaillac Les Secrets 2002

Assemblage 95% syrah, 5% braucol – sous bois - 14° - 12 Euros14,5/20

Nez patiné par la barrique : notes toastées, vanille, réglisse, mais aussi girofle, cerise noire et noyau.

Bouche charnue, aux tanins assez suaves, sur un fruit noir bien mûr, une belle fraîcheur. Finale puissante, épicée : un vin qui peut encore sâgement attendre…

 

Château Palvié – Gaillac les Secrets 2002

Assemblage 50% len de l’elh, 50% muscadelle – sous bois - 11,5° - 200g de sucre – 12,50 Euros14/20

Nez sur une poire pure et évidente, l’abricot, le coing, la cire.

Bouche assez riche, un peu tendre, mais parvenant à se maintenir sur la gourmandise et l’harmonie. Un plaisir immédiat…

 

Le site du domaine : http://www.croix-des-marchands.com

 

 

 

 

DOMAINE ROTIER

 

Le domaine s’étend sur environ 35 ha, plantés environ à 60% de cépages rouge et 40% de blanc.

Le sol est constitué de graves, alluvions anciennes de la rivière Tarn, d’épaisseur variable (entre 1,5 et 3 mètres), elles-mêmes posées sur une couche de marne.

Ces sols sont caillouteux, drainants mais aussi pauvres, n’autorisant naturellement pas de très gros rendements.

 

Une des particularités du gaillacois vient de son climat, et principalement du vent d’autan.

D’influence méditerranéenne, il décharge l’humidité captée par effet de Foehn sur la montagne noire avant de souffler sur la campagne tarnaise, garantissant souvent des arrières saisons chaudes et sèches.

La maturité des vins s’en trouve ainsi optimisée et les cépages blancs, notamment le len de l’elh, profite des clémences automnales pour développer le botrytis.

 

A la vigne, là aussi le virage vers une agriculture plus pérenne a été pris récemment.

Plus d’interventionnisme chimique, amendements organiques, développement de la vie microbienne par enherbement choisi (orge, avoine), densification progressive des plants…

Si l’ensemble ne revendique pas de culture biologique, l’esprit s’en rapproche…

 

Gaillac Initiales 2006

Assemblage 50% len de l’elh, 50% sauvignon – cuve inox - 12,5° - 13/20

Effluves florales intenses.

Expression dynamique d’un fruit frais (pêche, poire, agrumes), de fleurs blanches, pour un vin certes simple, mais joyeux.

 

Gaillac Renaissance 2005

Assemblage 50% len de l’elh, 50% sauvignon – sous bois - 13° - 13/20

Nez assez variétal, expression (plus connue vers Bordeaux) du sauvignon sous bois : buis, bourgeon de cassis, léger pipi de chat, notes boisées.

Légèrement gras en bouche, de la rondeur, un fruité plus présent (pamplemousse, fruits exotiques), mais toujours une signature boisée bien (trop ?) présente (vanille, grillé).

 

Gaillac Initiales 2006

85% duras, 15% gamay – cuve inox – 13° - 13/20

Nez frais, sur les fruits rouges et le poivre noir.

Vin gouleyant, mûr, souple, relevé dans une finale de caractère, bien poivrée.

 

Gaillac Les Gravels 2005

Assemblage 35% syrah, 30% duras, 25% braucol, 10% cabernet sauvignon – cuve inox – 12,5° - 13,5/20

Nez dense, sérieux, sur les fruits noirs et les épices.

Matière mûre (fruits noirs, réglisse), ronde en attaque, puis de la mâche, avec toutefois l’affirmation d’une certaine rusticité de texture. Finale, puissante, fortement épicée.

 

Gaillac Renaissance 2004

Assemblage 40% syrah, 30% duras, 15% braucol, 15% cabernet sauvignon – sous bois – 13,5°- 8 Euros - 14/20

Nez mûr, s’exprimant à travers un élevage flatteur (épices douces, vanille, crème).

Puissance de matière évidente (affirmation poivrée), toujours maîtrisée : gourmandise de fruits noirs bien mûrs (cerise confite, crème de cassis), suavité de texture, tanins assez fins. Finale épicée, mais sans excès : le vin est bien tenu.

 

Gaillac Les Gravels 2006

Assemblage 50% len de l’elh, 50% sauvignon – cuve inox - 13° - 100 g de sucre - 13,5/20

Olfaction généreuse d’un fruité sincère (pêche, agrumes, mandarine), avec une pointe cendrée.

Bouche croquante, joliment aromatique, sans d’autre prétention que le plaisir simple et immédiat. Mais c’est déjà essentiel !

 

Gaillac Renaissance 2005

100% len de l’elh – sous bois – 13° - 195 g de sucre – 11,50 Euros – 15/20

Joli nez rôti, sur les fruits confits, le coing, le miel, la vanille de la barrique. Fraîcheur assez évidente. Ensemble très séducteur !

Bouche à la fois riche et élégante, expression charmeuse d’un fruit intense (abricot, pâte de fruit, agrumes confits). Mais surtout belle préservation de l’acidité (ce qui ne semble pas toujours le point fort des moelleux de Gaillac) et un sucre intégré.

 

Le site du domaine : http://www.domaine-rotier.com

 

 

 

RESTAURANT LA FALAISE A CAHUZAC SUR VERE

 

 

Après avoir gravi les coteaux de la Rive Droite du Tarn, nous roulons à travers une campagne magnifique, la route ondulant sur des mamelons couverts de vignes aux couleurs automnales (du vert encore tendre au rouge sang du braucol), de patchworks de terres fraîchement labourées, traversant quelques rares villages s’extirpant de la brume matinale, fiers de leurs maison de maître et de leurs fermes en pierre de taille.

Le soleil s’affirmant dans un ciel au bleu des plus purs intensifie les contrastes colorés, semblant enflammer un paysage pourtant paisible.

J’aurais préféré être en ce moment avec ma femme plutôt qu’avec Bertrand (aussi charmant soit-il), surtout quand il me proposa de nous arrêter en pleine nature pour… pisser un coup !

C’était l’occasion de me raconter sa première rencontre avec le père Chave, des toilettes de sa maison qu’on ne pouvait atteindre qu’en traversant les chambres…

J’aime bien ces anecdotes !

 

Le restaurant La Falaise n’a pas vraiment une architecture très pittoresque.

Pour les avoir fréquentés pendant ma construction, je peux vous dire que les Architectes des Bâtiments de France n’ont pas été très pointilleux sur cette bâtisse : une banalité qui dénote un peu dans le paysage !

L’erreur serait par contre de s’en laisser compter pour rebrousser chemin…

Car le repère, s’il n’est pas exemplaire en terme de patrimoine immobilier, le sera nettement plus pour vos papilles gustatives…

Quiconque n’y fait pas halte pendant sa route des vins gaillacois ferait une erreur monumentale !

Car outre un accueil discret mais néanmoins fort sympathique, la cuisine, adroit mélange de gastro moderne et de traditionnel intemporel, devrait combler le plus acariâtres des critiques !

Menus à 19, 33, 45 et 51 Euros, tous à rapport qualité-prix percutant !

 

Après une petite mise en bouche à base de velouté de betterave chaud, Bertrand s’est régalé de Noix de St Jacques sautées au sésame sur une crème de « butternut », salsifis et pousses d’épinards tandis que je fondais sur un pressé de magret et foie gras aux lentilles, pulpe de figues fraîches, raves et pommes au vinaigre de mauzac.

Qui oserait me dire ne pas avoir faim avec ça ?

Puis ce fut pour « tout le monde » lièvre à la royale, endives braisées aux agrumes, topinambour et cresson.

Roquefort à l’émulsion de céleri pour l’un, brebis frais à l’huile d’olive noire pour l’autre.

Le bouquet final fut assuré par un dessert aux 3 chocolats : sucette chaude aux peanuts, sorbet pétillant (si si, c’est vrai, ça pétillait partout dans la bouche !), brownie/émulsion caramel.

 

J’oubliais l’essentiel : le vin.

La carte est assez sobre (choix mesuré), faisant la part belle à des valeurs sûres du sud-ouest et bien-sûr, de Gaillac.

Tarifs assez standards pour la restauration.

Ayant justement parlé de la renaissance du Prunelart dans la région, nous avons choisi la bouteille de son plus valeureux défenseur : Bernard Plageoles.

 

Domaine Plageoles – Prunelart 2006

13,5° - 13/20

  • Comme beaucoup de vins rouges gaillacois, la robe est sombre, presque noire, intensément violine dans sa jeunesse.

  • Belle maturité au nez sur des notes de fruits noirs (mûre, cassis, cerise), un caractère épicé prononcé et sérieux.

  • Bouche au fruité sincère, encore un peu simple (les vignes sont jeunes, je crois tout juste 10 ans), doublé d’une force épicée imposante, mais à l’expression gaillarde, une certaine rusticité de matière.

 

 

Restaurant la Falaise

Route de Cordes

81 CAHUZAC SUR VERE

Tél 05 63 33 96 31

Fermeture Dimanche soir, Lundi, Mardi midi

 

 

 

DOMAINE VAYSSETTE

 

 

Le domaine possède 26 ha de vignes au cœur des premières côtes du vignoble gaillacois : il est réparti en 60% d’encépagement blanc et 40% rouge.

 

Le travail à la vigne privilégie la maîtrise des rendements et la préservation des qualités du sol et de la plante : enherbement un rang sur deux, fumure naturelle, traîtements de lutte raisonnée, taille courte et sévère (cordon de Royat), ébourgeonnage, effeuillage, vendanges au vert, vendanges manuelles.

 

Dans les chais, les intrants sont limités : pas de chaptalisation, de tanins artificiels, très peu de levurage, un minimum de soufre.

Les blancs sont fermentés à basse température (cuves thermo-régulées), certains en barrique avec bâtonnages réguliers.

Les rouges sont éraflés, foulés, connaissent des macérations assez longues (entre 18 et 25 jours), élevés en cuve inox ou fût de chêne selon les cuvées.

 

Gaillac 2006

Assemblage de len de l’elh et de mauzac – cuve inox - 12,5° - 4,20 E13/20

Senteurs simples mais sincères de fleurs blanches et de pêche.

Bouche nette, assez vive, sur une déclinaison florale et fruitée sympathique.

 

Gaillac Clémence 2005

Assemblage de mauzac et sauvignon – sous bois – 13° - 6,20 E12,5/20

Nez frais mais bien timide : fermé !

Bouche un peu stricte, marquée en plus d’un bois qui a confisqué le fruit : guimauve, bonbon, malabar. Manque d’évidence.

 

Gaillac 2004

Assemblage 50% syrah, puis duras, merlot, braucol, cabernet sauvignon –cuve inox - 12,5° - 5,35 E 13/20

Nez au joli fruité (cerise, fraise écrasée, marc de raisin) et une belle vigueur épicée.

Bouche moins délurée, plus sévère (notes de goudron, poivre puissant), avec un fruité (cerise, mûre) moins éclatant. Finale un rien accrocheuse.

 

Gaillac Thibault 2005

100% braucol – cuve inox – 12° - 7,30 E – 13,5/20

Nez sur les fruits rouges (cerise), la réglisse, les épices.

Bouche dotée d’une matière assez dense, fruitée (cassis dominant, cerise, mûre), sérieuse, avec des tanins encore un rien astringents à ce stade.

 

Gaillac Léa 2004

Assemblage 50% syrah, 50% braucol – sous bois – 13° - 9,10 E14/20

Nez sur un boisé flatteur (toasté, grillé, vanillé), respectant quand même le fruit (crème de cassis).

Bouche mûre, sur la cerise noire, le cassis, à la texture assez soyeuse, une matière assez serrée, épicée, puissante. Finale tendue, réglissée.

 

Gaillac Léa 2003

Assemblage 50% syrah, 50% braucol – sous bois – 14,5° - 9,20 E13/20

Nez sudiste, sur les fruits cuits, la marmelade de fraise, la cerise noire confite : on penserait même à un vin mûté !

Bouche large, généreuse, confite, particulièrement poivrée. Les tanins sont par contre assez inquiétants, durs, asséchants la matière.

 

Gaillac 2004

Assemblage mauzac, muscadelle – cuve inox – 13° - 6,90 E13/20

Nez agréable, muscaté, sur l’abricot, la pomme, la poire, les fruits secs.

Bouche gourmande, simple mais bien sympa : fraîche, fruitée, un petit bonbon !

 

Gaillac Maxime 2005

Assemblage muscadelle, len de l’elh, mauzac – sous bois – 12° - 9,20 E en 50 cl13/20

Nez très riche, sur des expressions confites d’abricot, de coing, de poire, de pomme.

Bouche large, sirupeuse, sur la pâte de fruit, les fruits confits, manquant un peu de nerf et de complexité pour se distinguer.

 

Gaillac Maxime 2006

Assemblage muscadelle, len de l’elh, mauzac – sous bois – 11° - 9,20 E en 50 cl14/20

Nez sur une fraîcheur persistante, avec des arômes de fruits frais (abricot, orange), un profil muscaté dynamique.

Belle tenue dans une bouche équilibrée, offrant un panel aromatique varié et gourmand : abricot, pâte de fruit, miel, orange amère, zest.

 

Le site internet du domaine : http://www.vins-gaillac-vayssette.com

 

 

 

DOMAINE MONTELS

 

Le domaine s’étend sur le beau plateau calcaire du Cordais, à prés de 300 mètres d’altitude.

Environ 25 ha y sont cultivés : 17 en rouge, 8 en blanc.

 

Le travail à la vigne est fait avec soin : entretien traditionnel des sols, avec une proportion étudiée d’enherbement pour lutter contre l’érosion ou bien limiter les rendements, ébourgeonnage, effeuillage, vendanges au vert, vendanges manuelles, tri sélectif.

La maîtrise des rendements et la recherche d’une pleine maturité des raisins sont des objectifs majeurs.

Le terroir et la bonne exposition font le reste : sols argilo-calcaires conférant finesse et typicité aux vins, arrière saison et ensoleillement favorables à une maturité plus lente mais complète des grappes.

 

Travail traditionnel dans les chais avec élevage en cuve ciment pour les rouges, inox pour les blancs et les rosés, barrique pour la cuvée Les 3 Chênes.

 

A noter que la politique de vente du domaine est presque exclusivement réalisée en direct, ce qui le rend peu connu des professionnels.

Il n’empêche que le succés incite à l’empressement pour ses achats : lors de notre passage, les cuvées des 3 Chênes étaient épuisées, tant en blanc qu’en rouge…

Bien dommage !

 

Gaillac 2006

Assemblage mauzac, len de l’elh, sauvignon – cuve inox – 13° - 3,95 E13/20

Nez assez simple et timide, mais frais, sur de jolis effluves de fleurs blanches.

Bouche légèrement frétillante, à l’acidité pimpante : expression gaie de pamplemousse, pêche, pomme, dans un style un peu simple, mais sincère. Très bon rapport qualité-prix.

 

Gaillac 2005

Assemblage braucol, syrah, merlot, cabernet sauvignon – cuve ciment + 15% en fût – 14,5° - 5,30 E13/20

Nez sur les fruits noirs un peu confits, une pointe d’alcool.

Attaque assez juteuse, sur un fruité bien mûr, charnu, puis affirmation rapide du poivre, avec puissance et une certaine rusticité tannique qui demandera encore un peu de temps pour s’affiner.

 

Gaillac 2005

Assemblage len de l’elh, mauzac, muscadelle – cuve inox – 13,5° - 6,05 E13/20

Olfaction fruitée joyeuse et fraîche : abricot, pomme, coing, mais aussi du miel, une touche de fumée.

Matière simple mais assez tonique, franche, presque minérale, avec des notes épicées (gingembre) ajoutant au caractère affirmé de ce vin.

 

Gaillac Les 3 Chênes 2001

Assemblage 90% len de l’elh, 10% muscadelle – sous bois – 12° - 8,40 E12,5/20

Nez très riche, sur les fruits confits, les pâtes de fruits, l’abricot sec, le coing ainsi que des notes boisées significatives.

Bouche sous le joug du bois (boisé, vanille), au sucre empâté, molle, façon sirop d’orange. Finale fuyante.

 

 

Coordonnées du domaine :

Bruno Montels Vigneron

81170 SOUEL – CORDES

Tél : 05 63 56 01 28

Fax : 05 63 56 15 46

 

 

 

DOMAINE D’ESCAUSSES

 

 

Lui aussi situé sur le plateau cordais, le domaine s’étend sur environ 34 ha de sols calcaires et marno-calcaires : 2/3 de rouge, 1/3 de blanc.

 

Malheureusement, le propiétaire était malade comme un chien et sa femme réduite au rôle de chauffeur pour le conduire chez le médecin !

Peu d’explications donc sur un des plus beaux domaines de Gaillac, mais tout de même une bien sympathique dégustation…

 

Gaillac Vignes de l’Oubli 2005

Assemblage sauvignon, muscadelle, mauzac – sous bois – 13,5° - 8 Euros – 13,5/20

Notes olfactives de fruits de la passion, de fleurs blanches, encore sous l’emprise boisée (vanille et bois).

Bouche flatteuse, sur une matière mûre, assez dense, délicatement florale, assez fraîche (agrumes), signée là aussi par un élevage bien présent (noisette, toasté, grillé). Jolie longueur.

 

Gaillac cuvée des Drilles 2006

Assemblage duras très majoritaire, braucol – cuve inox – 13,5° - 4,60 E13/20

Nez typé de fruits rouges et d’épices, mûrs, mais dans un style assez strict.

Bouche assez simple, mûre, fraîche, fruitée, particulièrement poivrée, à la texture un peu accrocheuse et rustique.

 

Gaillac Vignes Blanches 2006

Assemblage syrah, braucol, duras – 20% sous bois – 13,5° - 5,75 Euros13,5/20

Nez mûr et concentré, sur la cerise noire presque confite, la crème de cassis.

Matière structurée, jolie mâche en bouche, expression mûre de poivre noir, de fruits noirs, avec une trame tannique encore un peu rugueuse, demandant quelques mois de patience.

 

Gaillac la Croix Petite 2005

Assemblage braucol, syrah, merlot, cabernet sauvignon – sous bois – 13° - 8,20 Euros 13,5/20

Nez sur un boisé encore majoritaire : toasté, vanillé, grillé.

Bouche profonde, mûre, bien charnue, mais elle aussi toujours dominée par son élevage et des tanins trop virils en l’état. Voici le vin qui demande le plus de patience, au moins une année, si ce n’est plus, pour enfin se poser…

 

Gaillac Vignes Galantes 2005

Assemblage mauzac, len de l’elh – cuve inox – 12,5° - 5,50 E13/20

Style avenant et sympa pour un nez frais, délicatement fruité (pomme, poire) et floral.

Bouche dynamique, effusion de délicates fleurs blanches : une petite gourmandise bien faite.

 

Gaillac Vendanges Dorées 2005

Assemblage mauzac, len de l’elh – sous bois – 12,5° - 8 Euros les 50 cl 14/20

Olfaction riche mais tendue, sur les fruits confits, le miel de fleur. Fraîcheur préservée.

Bouche généreuse, avec une belle liqueur sur les pâtes de fruit, le coing, mais aussi un délicat fumé, quelques notes d’élevage persistantes (noisette). Manque toutefois d’un chouïa de peps et de longueur. A boire sur sa gourmandise…

 

 

 

 

Grappes de len de l’elh touchées par le botryitis, toujours sur pied ce 8 novembre

 

 

Le site du domaine : http://www.domainedescausses.com

 

CONCLUSION

 

Journée dense mais tellement agréable !

Mais il est temps de tirer un petit bilan…

 

Les 5 domaines visités travaillent tous remarquablement bien et produisent des vins de qualité indéniable.

Ils déclinent à peu prés tous la même gamme :

  • un blanc sec simple, sans autre ambition qu’une expression aromatique généreuse et fraîche sur les fleurs et fruits blancs : souvent très bien fait, net, c’est un très bon rapport qualité-prix pour ses aficionados.

  • un blanc sec élevé sous bois, à l’ambition à mon sens un peu trop boisée : je n’ai pas été convaincu sur ce terrain de jeu…

  • un rouge d’entrée de gamme, à l’expression fruitée assez simple mais franche, diversement réussi selon l’impression de rusticité qu’il m’a laissée en bouche, surtout dans les finales.

  • une rouge plus ambitieux, avec des matières sérieuses, un passage sous bois plus réussi à mon sens que sur les blancs.

  • un moelleux croquant, immédiatement irresistible, à consommer en toute modestie sur des apéritifs joyeux

  • un moelleux d’envergure, beaucoup plus riche, souvent à base de l’en de l’elh botrytisé où la réussite dépend de la préservation de l’acidité, pas toujours évidente. Mais si c’est le cas, le rapport qualité-prix est à nouveau remarquable !

 

La typicité des cépages est assez clairement lisible :

  • le duras donne des vins colorés, immanquablement signés de poivre !

  • le braucol est assez tannique, coloré lui aussi, principalement marqué par le cassis et les épices.

  • la syrah apporte du gras, de la rondeur, ses arômes de fruits noirs, de poivre, parfois de violette.

  • le len de l’elh est le cépage roi des moelleux gaillacois, apportant sa touche florale, ses notes de pêche blanche.

  • la muscadelle confère un caractère muscaté et intensément floral.

  • le mauzac apporte beaucoup de variété aromatique, notamment la pomme.

 

Le vignoble gaillacois n’a pas forcément la réputation, ni l’image qu’il mériterait d’avoir.

Certes, la qualité de ses vins ne peut lui permettre de prétendre à des sommets absolus, mais dans une gamme tarifaire des plus raisonnables (entre 4 et 12 euros), le consommateur a de quoi trouver son bonheur.

 

Il est vrai que les domaines sélectionnés par Bertrand ne l’étaient pas au hasard…

Mais ils ne sont pas les seuls et il serait dommage de bouder une appellation qui ne le mérite pas…


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