2007_03 _15 Voyage en Touraine photos

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Voici le compte rendu d'un voyage de 4 jours en Touraine.


Quatre jours en Touraine - Mars 2007 - In Vino Veritas


Participants : Didier Sanchez, Pierre Citerne, Philippe Escapat nous a rejoint pour les deux derniers jours.

Les impressions de dégustation qui suivent ont été rédigées par Pierre Citerne.


Quatre jours, voyage depuis Toulouse compris. Un bref tour de vignoble. Avec pour objectif de rencontrer les hommes (et les femmes) derrières les vins que nous aimons, vieilles connaissances, piliers de nos caves et/ou de nos panthéons bachiques idéaux, ou au contraire bouteilles croisées, entraperçues, impromptue, fugace gorgée qui nous interpelle et donne envie d'en savoir plus… On nous a reproché de n'aller voir que de bons domaines, et le reproche est assez justifié ! Quand on pense qu'à Vouvray les vignerons qui vendangent encore à la main se comptent sur les doigts d'une, au maximum des deux mains… Et nous n'avons vu ce printemps que très peu de vignes travaillés… A notre décharge je dirais qu'entre les perfectionnistes, les amoureux du métier, qu'ils soient sages récipiendaires de la tradition, idéalistes novateurs, ou franchement illuminés… les différences (culturales, commerciales, stylistiques, esthétiques, etc.) sont assez marquantes, les déterminismes suffisamment avérés, pour qu'aucune quête sincère de l'excellence ne puisse se comparer à celle de son voisin.




Les Roches (Lenoir vignerons à Beaumont en Véron)

Le domaine est petit, dans les trois hectares ; est-ce pour cette raison que le vin semble ici encore épargné par la volonté de productivité ou de démonstration ? Il est fait pour être bu, ce que font les deux générations de Lenoir qui nous accompagnent lors de notre descente en cave ─ et c'est toujours bon signe quand un vigneron boit son vin avec autant d'apparente affection et si peu d'affectation. Toutes les cuves sont assemblées avant l'élevage, qui dure au minimum trois ans, en pièces de diverses tailles et d'âges vénérables, dans la température et l'humidité pratiquement constantes d'une belle cave en tuffeau. Les matières s'affinent et se dépouillent lentement, conférant aux vins sérénité et stabilité. Permanence, franchise, respect du fruit.

Nous avons goûté sur pièces, un Chinon 2006, à la saveur explosive de fruits rouges et de bourgeon de cassis, sans raideur ni astringence, déjà très plaisant ; un 2005 plus solaire, dense, musculeux, intense, minéral, un peu plus sec sur demi-muid que sur foudre ; un 2004 dont la robe commence à lentement se dépouiller, plein, vif, tannique, très frais, épicé ; et enfin un 2003 agile, assez vif dans le contexte du millésime, toutefois marqué par des notes aromatiques de caramel, de sucre candi, de cèdre. Puis vinrent les bouteilles :

Chinon 2000
Belle robe vive, nez mentholé, bouche tendre mais alerte, svelte, arrière-goût minéral, avec une pointe humique (champignon de couche), mais pas encore d'évolution notable.

Chinon 2001
Acidité davantage présente ; matière dense mais très svelte, droite, sur la réserve, belle allonge.

Chinon 2002
Robe dense, à peine évoluée. Nez ouvert, expressif, net ; le fruit est bien dégagé en bouche, savoureuse, souple, vive mais plus aimable et abordable que celle du 2001.

Chinon 1996
6 ans de foudre. Bien mûr, vineux, plein, faisant montre d'une belle vitalité, avec de l'accroche et une pointe d'acidité volatile en évidence.

Chinon 1990
Robe dépouillée mais sans nuances brunies ou orangées, plutôt rouge grenadine (on remarquera plus tard que ces vins élevées longtemps, dans des contenants plus ou moins inertes, possèdent une stabilité de robe bien supérieure à celle des vins élevés "à la bordelaise", moins longtemps et dans des petits contenants permettant davantage d'échanges gazeux). Nez subtil, fruité, éthéré, expression presque "bourguignonne" (de griotte…) qui caractérise également le toucher de bouche, svelte, aérien, délicat et cohérent.

Chinon 1989
Robe profonde, plus dense que celle du 1990 ; nez solaire, très riche, très mûr, tout en conservant une belle netteté aromatique, qui pourrait évoquer certaines réussites de la rive droite bordelaise (Figeac…). Matière souple, riche, peu acide, d'un grand velours, on perçoit la générosité exceptionnelle du millésime. Le contraste des personnalités avec le 1990 est vraiment remarquable : suavité plantureuse d'un côté, finesse presque évanescente de l'autre.

Chinon 1985
Expression encore très solide, riche de nuances, fumée, à peine tertiaire, la matière est certes moins caressante que celle du 1989, mais la tenue du vin remarquable.

Chinon blanc 2003
Robe pâle. Nez exubérant, intense, sans artifice, évoquant la poire très mûre, le coing, le miel, la cire… Après ce nez et connaissant le millésime, l'impact acide du vin est vraiment étonnant, une vivacité tranchante, impérieuse, une matière intense et très sèche, possédant une minéralité vibrante (pierre à fusil ?). Un grand chenin, une épure, presque violente. Ni à Montlouis, ni même à Vouvray nous n'avons trouvé de chenin sec aussi profondément minéral.


Domaine Catherine et Pierre Breton (Restigné)

Ce domaine qui continue à assumer un rôle moteur dans le renouveau qualitatif des vins de Bourgueil propose une vaste gamme, allant du vin de soif au crus de terroir élevés avec une juste ambition. L'approche pragmatique du vin "naturel" qui me semble être celle de Pierre Breton, pourrait évoquer celle d'un Marcel Richaud. J'ai été surpris par le caractère très boisé de certaines cuvées en cours d'élevage ou récemment mises en bouteille, caractère que je n'avais pas perçu lors de mes rencontres précédentes avec les vins du domaine.

Vouvray "La Dilettante" 2005
Un pétillant avec 70 g de sucre résiduel, riche mais délicat, minéral, savoureux, séduisant, peut-être un peu alangui.

Chinon "Beaumont" 2005
Vin tannique, carré, saveur épicée et "ferrugineuse".

Bourgueil "Les Galichets" 2005
Souple mais de bonne mâche, vif, précis, agréable.

Bourgueil "Clos Sénéchal" 2004
A ce stade raidi et écrasé aromatiquement par son élevage (notes de bourbon et de scierie dominatrices).

Bourgueil "Nuits d'Ivresse" 2004
Assez coulant, sur le fruit ; la finale montre toutefois une assise solide.

Bourgueil "Les Perrières" 2003
Expression aromatique très épicée, diserte mais encore dominée par l'élevage. Le grain de la matière est fin, l'allonge significative, le terroir manifeste, mais que de bois…

Nous avons goûté ensuite des cuves de 2006, en Bourgueil : Trinch, très simple, sur le fruit ; Galichets, tout aussi fruité mais beaucoup plus intéressant ; Nuits d'Ivresse, frais, concentré, net ; le Clos Sénéchal, ferme, intense, fruité ; Les Perrières très net, déjà plus longiligne et racé que ses compagnons de cuverie. Puis descente en cave d'élevage :

Bourgueil "Nuits d'Ivresse" 2005 (1/2 muid)
Chaleureux, dense, belle tannicité sans sécheresse.

Bourgueil "Clos Sénéchal" 2005 (1/2 muid)
Tendu, fin, net, corpulent.

Bourgueil "Les Perrières" 2005
L'élevage ne semble pas dominer le fruit, expression suave et "luxueuse" de violette épicée, de forêt noire… Chair très généreuse, structure racée, moelleux étonnant (14,75°…).

Chinon "Les Picasses" 2004 (1/2 muid)
Forte présence, profondeur du fruit, on retrouve une fraîcheur plus "classique" après la générosité des 2005.

Bourgueil "Les Perrières" 2004
Le fût marque le vin mais la finesse structurelle est là, on retrouve les tannins longilignes et serrés typique ce cette cuvée.

Chinon blanc 2006 (sur fût)
Riche, miellé, gras, assez indolent en bouche.


Domaine Bernard Baudry et Fils (Cravant)

Un domaine important, en volume de production mais surtout en tant que repère qualitatif ; 30 hectares dont 7 en propriété couvrent différents types de terroirs, des terrasses de graviers aux coteaux argilo-calcaires. Le souci de transparence dans l'expression de ces terroirs et de respect du fruit de Bernard Baudry est manifeste, son enthousiasme communicatif. Par leur intensité et leur impact fruité les vins sont certainement "modernes", mais sans la surextraction ni la prédominance de l'élevage qui peuvent caractériser certaines prises de position stylistiques (ou certaines concessions à la mode, à l'air du temps) plus radicales.

Chinon rosé 2006
Rosé de pressurage, malo faite. Il se présente rond, chaleureux (plus de 13°), avec des arômes déjà évolués.

Chinon "Les Granges" 2006 (échantillon)
Tannique, vif, joli grain, saveur de fruits noirs et d'encre.

Chinon "Les Granges" 2005
Expression souple mais sérieuse d'un cabernet bien mûr (violette, zan…). Cette "première cuvée" illustre d'emblée le style du domaine, fait d'intensité et netteté.

Chinon "Domaine" 2005 (échantillon)
Plus riche, plus minéral que les Granges, avec une toute aussi belle intensité de fruit, mais une accroche tannique plus marquante, une virilité de très bon aloi.

Chinon "Les Grézeaux" 2005
Premier nez boisé (le vin n'a pourtant connu que la barrique usagée), qui se libère progressivement à l'aération ; les arômes sont lactiques et confits, la mâche un peu sèche.

Chinon "Clos Guillot" 2005
Le vin se présente sous un jour assez austère, plein, extrait, capiteux (14,4° !), avec une texture un peu lâche que la jeunesse des vignes pourrait expliquer.

Chinon "La Croix Boissée" 2005 (échantillon)
14,4° également mais plus de fraîcheur, de tenue et de raffinement que le Clos Guillot. Très dense, pur, net, de l'aplomb, de la profondeur, une superbe finesse tannique, une saveur franche et typée, délicatement crayeuse : la "grande cuvée" dans le meilleur sens du terme.

Chinon "Les Grézeaux" 2004
Nez typé exhalant un joli fumé/fumet. Matière assez profonde, nette, souffrant, tout comme les Grézeaux 2005, d'une certaine sécheresse en finale.

Chinon "Les Grézeaux" 2002
Nez fin, nuancé, presque bourguignon dans son expression florale et framboisée ("2002, l'année qui pinote !" s'exclame d'ailleurs Bernard Baudry) ; la bouche est agréable, svelte, subtile, encore un peu raide en finale (?).

Chinon "La Croix Boissée" 2002
Plus dense d'aspect que les Grézeaux. La bouche confirme : voilà un vin très sérieux, solide, net, manifestement pas prêt à se laisser boire, même si l'on devine les mêmes qualités de plénitude et de distinction que dans le 2005. Raideur passagère ou extraction un peu trop volontariste ? Je l'avais en tous cas goûté plus amène, il y a un an et demi.

Chinon "La Croix Boissée" 2003
Très Saint-Emilion au nez, capiteux, riche (impression de fruit confituré), opulent, déjà un peu truffé… Très belle matière, pleine et savoureuse, sans mollesse, ni sucrosité excessive, ni sècheresse tannique, ce qui en fait un 2003 vraiment remarquable.

Chinon "La Croix Boissée" 1997
Robe commençant à brunir. Un nez très expressif, fin, articulant de belles nuances fumé/fumet sur un fond généreusement fruité. Bouche suave, parfumée, riche, caressante (douceur d'un fruit presque confit).

Chinon "La Croix Boissée" 1995
Robe évoluée mais encore dense, nuances brunes. Beau nez typé, poivron rouge mûr, terre battue, humus, truffe noire… Svelte, accrocheur en bouche, peut-être un peu mince mais faisant montre d'une belle présence et d'une réelle harmonie.


Domaine Philippe Alliet (Cravant)

Reçus par Claude Alliet, dans le chai/hangar du domaine où règne encore un froid hivernal, nous goûtons de jeunes matières impressionnantes, irréprochables de densité et de droiture, mais toutes empreintes d'une certaine raideur que la température accentue certainement. Il est d'autant plus dommage de n'avoir pas pu comparer in situ ces jeunes cuvées à leurs grandes sœurs assagies que dans mon expérience ces vins peuvent retrouver avec le temps la souplesse, la subtilité et la gourmandise qui semblent initialement leur faire défaut. C'eût été l'occasion de vérifier le bien fondé d'une option stylistique volontariste, perfectionniste sans aucun doute, qui se retrouve dans toutes les cuvées et qui me fait beaucoup penser, au-delà des différences territoriales et techniques, à tort ou à raison, à celle d'un Bernard Dugat-Py en Bourgogne.

Chinon 2005
Première cuvée issue de vignes sur graviers, déjà très dense, sombre de robe, ronde, au fruit très pur mais sans nuance, généreux (présence alcoolique perceptible).

Chinon "Vieilles Vignes" 2005
Vignes de 40 à 65 ans sur graviers, élevage en fûts usagés. Vin noir, chargé, parfaitement droit et d'une profondeur certaine, expression monolithique de zan, de prunelle et d'encre derrière quelques notes lactiques.

Chinon "L'Huisserie" 2005 (sur fût)
Fruit profond, marqué par le bois mais possédant beaucoup de répondant, une persistance très intéressante en finale. La vigne est encore très jeune.

Chinon "Coteau de Noiré" 2005 (sur fût)
L'échantillon coule noir ; la matière se montre chaleureuse, extraite, supérieurement riche, luxueusement mais tapageusement boisée (violette, noix de coco, profusion d'épices douces). Très impressionnant, mais peut-être plus proche stylistiquement d'un tempranillo nouvelle vague (Artadi, Allende, Pingus…), que de ce qu'on attend (naïvement ?) d'un cabernet de Loire, même très mûr, même "de garde"…

Chinon "Vieilles Vignes" 2004
Robe très dense. Bien typé, fruit extrait mais profond, dense, pur, pas boisé, belle saveur de noyau, structure accrocheuse.

Chinon "L'Huisserie" 2004
Le premier millésime de cette cuvée de coteau. Nez profond et compact d'encre, de terre, de fer, d'asperge. Matière sérieuse mais relativement suave en bouche, la saveur reste profonde et typée même si la trame se relâche un peu en milieu de bouche.
Nous avons regoûté cette cuvée trois jours plus tard, à l'aveugle, le caractère terreux, minéral et surtout végétal (étonnante asperge verte !) est encore plus marquée, la matière semble plus ferme, très serrée, sans amabilité mais d'une profondeur et d'une vigueur certaines.


Domaine Huet (Vouvray)

Exactitude, ponctualité. Noël Pinguet ne laisse pas traîner les fermentations et ne semble pas attendre grand-chose des fantaisies du vin en cours l'élevage, lors de notre visite on mettait en bouteilles les derniers 2006. Résultat : précision et raffinement aromatique inégalés, même si les matières peuvent paraître plus jaillissantes ou multidimensionnelles ailleurs, surtout dans leur jeunesse. La comparaison des trois terroirs du domaine Huet constitue une leçon inoubliable, notamment par le prisme des moelleux première trie 1997 et 1989, vins que nous avions déjà fréquentés avec ravissement, mais séparément. Les vins produits ici comptent parmi les plus civilisés et les plus distingués du monde.

Vouvray pétillant naturel 2000
Bulle stable et élégante, spirituelle sans insistance (pression de 3 bars), netteté et typicité aromatique (fruit mûr, craie, épices…), dosage bien intégré (autour de 8g).

Vouvray sec "Le Haut-Lieu" 2006
Tendre, gentiment évocateur d'agrumes et de fleurs blanches, facile, il semble presque naïf mais vivifié par une finale assez tonique.

Vouvray sec "Le Mont" 2006
Lui aussi, tendre et comme surpris d'être déjà prisonnier de la bouteille, mais son caractère minéral affirmé lui confère d'emblée bien plus d'aplomb.

Vouvray sec "Clos du Bourg" 2005
Friand, velouté et long, très précis, minéral et articulé ; remarquable finale sur des notes évoquant l'amande fraîche.

Vouvray sec "Le Mont" 2005
Minéralité encore plus affirmée (impression de coquille d'huître), vin tranchant malgré la richesse de son étoffe, aussi pur qu'autoritaire, sans amertume ni raideur ; l'acidité, mordante et ciselée, s'exprime avec autant de naturel que de sophistication. Regoûté à l'aveugle trois jours plus tard, le vin manifeste les mêmes qualités de plénitude, de sérénité et de raffinement : bien que trop jeune il endosse pleinement sa casaque, celle de l'archétype conscient de son rôle civilisateur.

Vouvray demi-sec "Le Mont" 2006
Par rapport à la cuvée de "sec" 2006, le petit supplément de maturité lui confère davantage de cohérence et d'harmonie, une amertume moins marquée (ainsi qu'une minéralité moins exacerbée ?) ; sa belle acidité ferme domine déjà le sucre résiduel.

Vouvray demi-sec "Clos du Bourg" 2005
Déjà très expressif au nez, le coing, la cire blanche, l'amande grillé (ce grillé épicé presque rôti qui semble être la signature aromatique du Clos du Bourg), le touron… Belle acidité lui conférant un profil tranchant, vif, contrastant avec sa personnalité aromatique puissante et solaire.

Vouvray moelleux "Le Haut-Lieu" 2005
Un vin sur le fruit, généreux et expressif (invitante pêche blanche), avec encore une très belle acidité, une amertume de peau d'agrume pour le sérieux mais peu de minéralité apparente.

Vouvray moelleux première trie "Clos du Bourg" 2006
Robe déjà dorée, beaucoup de spontanéité, de netteté, de finesse, une saveur prenante et longue de poire bien mûre ; ça se boit déjà avec grand plaisir, comme de la bernache… Dans des conditions de vendange difficiles, Noël Pinguet a su enfermer dans la bouteille une bien belle gourmandise.

Vouvray moelleux première trie "Le Haut-Lieu" 1997
Robe franchement dorée, très présente. Nez évolué, volubile, évoquant les fruits secs grillés (amande, arachide), le miel, souligné de notes camphrées et alliacés. Très belle liqueur, vive, persistante, typée, porteuse du même message aromatique abouti et délié. Semble à point.

Vouvray moelleux première trie "Clos du Bourg" 1997
Nez plus réservé que le Haut-Lieu, ample, "gras", exprimant son caractère au travers de notes de champignon de couche, d'hydrocarbures, de safran… bouche large, grasse comme le laissait intuitivement présager l'olfaction, qui pourrait sembler un peu indolente (acidité en retrait) mais qui se termine sur une très encourageante fermeté.

Vouvray moelleux première trie "Le Mont" 1997
Robe plus intense que celles de deux autres 1997, vieil or. Personnalité souveraine et intransigeante ; la riche liqueur s'efface devant la minéralité (coquille d'huître, pierre à fusil). Toucher de bouche long, fin et ferme ; saveur d'amande encore loin de l'explosivité, mais son aplomb et sa retenue lui confèrent une aura supérieure aux deux autres cuvées.

Vouvray moelleux première trie "Le Haut-Lieu" 1989
Or plein. Nez expressif et mature, très défini : à nouveau les fruits secs grillés, des épices (curcuma ?), des notes camphrées (thym, lavande ?), légèrement animales et confites (rillettes…). Grande richesse et parfaite cohérence en bouche ─ l'acidité paraît plus souveraine qu'en 1997 ─, longueur stylée et finale sur de beaux amers.

Vouvray moelleux première trie "Clos du Bourg" 1989
Il possède la couleur la plus soutenue parmi les trois 1989. Le bouquet est ample, lactique (impression de caramel au beurre salé, de tarte tatin…), finement épicé, suavement abricoté, la bouche toujours d'un équilibre et d'une précision remarquables pour un vin aussi liquoreux ; l'acidité vibrante et les fins amers soulèvent la finale dans une délectable harmonie.

Vouvray moelleux première trie "Le Mont" 1989
C'est encore et toujours le nez le plus minéral, le plus austère et le plus pénétrant des trois terroirs ; malgré la richesse, la séduction du miel et du rôti, le silex, la coquille d'huître reviennent comme d'inlassables leitmotive. La bouche aussi, qui présente des qualités de suavité et de tension au moins égales à celles des deux autres cuvées, voit cet indomptable caractère minéral passer devant la moelleuse richesse de la liqueur.

Vouvray "Cuvée Constance" 2005
Robe visqueuse mais assez pâle. Grand nez pur (remarquablement) mais réservé, exhalant de classiques notes de pomme, de poire, de miel léger et de fleurs blanches. En bouche on ne peut qu'être sensible à l'équilibre harmonieux de l'ensemble, à la netteté des saveurs et à l'effacement de l'alcool (11° pour 180g se sucre résiduel), même si ce nourrisson est encore loin de la splendeur pénétrante qui était celle de la cuvée Constance 1989, bue récemment dans la vallée du Rhône.


Domaine François Pinon (Vernou sur Brenne)

J'ai été frappé par le tempérament "mosellan" des vins de François Pinon, par leur netteté, leur précision, leur élégance, leur minéralité toujours affirmée ; des matières qui peuvent parfois sembler trop minces ou linéaires à force de transparence aromatique. Des vins témoignant en tout cas d'une grande sensibilité, tout à fait en accord avec le discours de leur géniteur sur le respect qu'il faut accorder aux terroirs, à la vigne et au raisin.

Vouvray Brut 2004
Crémant à 4,5 bars de pression. Nez très crayeux, bulle présente, développement simple et propre.

Vouvray sec 2006 (échantillon)
Simple, vif, franc, expression évoquant la pomme verte, la chlorophylle.

Vouvray sec 2005
Minéralité austère, presque pétrolée, développement vif et assez linéaire.

Vouvray sec 2002
Robe gris verte semblable aux précédentes ; le nez se montre plus ample, avec toujours une dominante fumée/pétrolée ; la matière est encore une fois mince, linéaire, cristalline, elle ne semble être là qu'en tant que support des inflexions minérales du fruit.

Vouvray "Cuvée Tradition" 2006 (échantillon)
Tendre mais vif, déjà expressif (quelques fleurs blanches mais surtout la minéralité), sucre résiduel bien intégré, impression de spätlese…

Vouvray "Cuvée Tradition" 2005
Caractère plus rond, on sent du miel, pour la première fois ; rondeur aussi en bouche, facile, simple, assez large, un bon retour accentue la tension est laisse augurer une évolution intéressante.

Vouvray "Cuvée Tradition" 2002
On retrouve le même nez très minéral que dans le sec 2002, calcaire, hydrocarbures… fondu, typé, aérien en bouche, harmonie et limpidité de grande classe.

Vouvray "Moelleux" 1993
Or, reflets verts. Beau nez de miel, évoquant l'acacia puis le châtaignier, avec aussi une pointe lactique ; matière dotée d'une belle liqueur, mais surtout tonique, vive, porteuse d'une très intéressante amertume finale (entre le pamplemousse de la jeunesse et le sucre d'orge de l'âge). Très bon vin.

Vouvray "Cuvée de Novembre" 2002
Nez jeune, discret, évoquant la poire bien mûre ; liqueur présente, matière ronde, assez chaleureuse mais bénéficiant d'un bon retour acide, développement pour l'instant assez simple.

Vouvray "Cuvée de Novembre" 1992
Nez rôti, épicé, marqué par de fortes notes iodées. La matière est tendre, un peu saline, sans grande persistance, finissant sur une amertume agressive ; le toucher de bouche reste cependant agréablement velouté. Un témoignage intéressant de ce qu'on pouvait faire dans ce millésime difficile.

Vouvray "Cuvée de Novembre" 1995
Robe franchement dorée. Belle expression aromatique, à la fois minérale (silex) et encore profondément fruitée, soulignée de titillantes notes rôties (champignon, propolis), confinant à l'animalité (rillettes…). Gourmand, dense en bouche, mais enlevé (sucrosité - 65g de sucre résiduel - sans lourdeur aucune), finale ferme sur l'amertume. Très bon vin.

Vouvray "Réserve Botrytisée" 1990
Robe dorée, toujours parée de reflets verts ; nez dominé par un caractère lactique, caramélisé. Forte liqueur, équilibrée par une acidité suffisamment présente, mais l'ensemble manque d'éclat aromatique, de minéralité ; comme au nez, on a l'impression en bouche de rester un peu empâté dans le caramel au beurre…

Vouvray "Cuvée Botrytisée" 2005
Nez très jeune, d'une finesse et d'une pureté évidente dès le premier contact : tilleul, fleurs blanches, miel… la minéralité s'exprime déjà. Les 150 grammes de sucre résiduel sont parfaitement intégrés ; l'ensemble est long, velouté, soyeux, nerveux, d'une pureté vraiment insigne. Un liquoreux d'une fraîcheur cristalline, remarquable, qui ressemble beaucoup à la cuvée Constance du domaine Huet dans le même millésime.

Vouvray "Cuvée Botrytisée" 1997
Robe nettement orangée, bien différente de toutes les précédentes. Nez marqué par un botrytis très poussé, mais d'une belle pureté, puissant, dominateur presque : abricot confit, nèfle, sucre d'orge, pointe de truffe noire… La bouche n'est pas en reste, d'un équilibre tout à fait convaincant, sa liqueur est exceptionnelle (196 grammes) ; un grand botrytis, parfaitement exprimé par le vigneron, mais sans l'extrême finesse et les nuances de terroir déjà perceptibles dans le plus "raisonnable" 2005.


Stéphane Cossais (Montlouis-sur-Loire)

Avec ténacité ce vigneron poursuit son idéal, celui du grand vin sec. Ses chenins élevés en fût ─ quelques pièces amoureusement veillées ─ semblent se référer à la tradition bourguignonne, ou plus localement à d'autres démarches individualistes et passionnées : le saumur des frères Foucault, l'anjou de Richard Leroy…

Montlouis "Le Volagré" 2004
Approche sèche et minérale, élevage encore présent, matière très droite, presque sévère, d'une allonge certaine ; le fond de verre reste boisé.

Montlouis "Le Volagré" 2005 (sur fût)
L'élevage marque l'expression aromatique du vin mais la matière est bien là, riche, tendue, pleine, partagée entre une forte minéralité et l'attrait plus immédiat d'un fruit rehaussé de notes vanillées, meringuées, de citron confit…

Montlouis "Le Volagré" 2006 (sur fût neuf)
Encore une très belle matière, tendue, ferme, dense, dotée d'une acidité vivifiante ; la prise de bois semble se faire en douceur.


Domaine François Chidaine (Husseau)

François Chidaine et son associé Nicolas Martin nous ont donné l'occasion unique de juxtaposer deux typicités, celle de Montlouis et celle de Vouvray, exprimées par le même vigneron, unanimement reconnu comme l'un des plus doués et des plus rigoureux de la région. Montlouis ou Vouvray, ce sont des vins de grande constitution et de grande franchise, qui ont besoin de vieillir quelques années pour révéler toute leur subtilité et leur profondeur.

Nous avons commencé par un tour de cave des 2006 avant assemblages (uniquement les montlouis, les vouvray sont à Vouvray…). Certaines cuvées sont encore en train de fermenter : belles matières pleines, puissantes, déjà individualisées, qui semblent respirer plus librement que les 2006 déjà en bouteille que nous avons goûtés ailleurs : Le Clos du Breuil, le Clos Habert, le Clos du Volagré, Bertherault, Les Bournais… ainsi qu'un tri de vendanges au fruit explosif et à la sucrosité modérée.

Montlouis "Clos du Breuil" 2005
Matière généreuse, plantureuse même, ferme mais ronde, plus large que verticale ; on atteint des taux d'alcool périlleux pour un équilibre de vin sec (14,2°).

Vouvray "Les Argiles" 2005
On retrouve la grande générosité du millésime 2005, avec cependant l'impression d'un fruit mieux dégagé, d'une acidité plus vibrante et d'une texture plus fine que dans le vin précédent.

Montlouis "Les Choisilles" 2005
Riche, avec une réelle tension, une réelle finesse sous-jacente ; je perçois avec étonnement quelques arômes boisés, grillés et lactiques (c'est une première pour moi en ce qui concerne les vins du domaine, même très jeunes).

Vouvray "Clos Baudoin" 2005
Equilibre de "sec-tendre", beaucoup de finesse, de minéralité, de tension ; le terroir parle. Mais encore une fois dans ce millésime si généreux la charge alcoolique du vin masque pour l'instant un peu ces qualités.

Vouvray "Clos Baudoin" 2003
Très beau nez typé, déjà expressif, on ne peut être qu'à Vouvray, et sur un des grands terroirs : coquille d'huître, notes fumées et grillés, épices, hydrocarbures… La bouche trahit davantage le millésime, douce (bien que le vin soit sec), veloutée, lactique, flatteuse, elle manque de nervosité, de tension interne pour être à la hauteur du nez.

Montlouis "Clos Habert" 2005
Richesse, netteté, vigueur : un demi-sec (27g de sucre) ample et complet, encore assez brut dans son expression.

Montlouis "Les Tuffeaux" 2005
S'il y a davantage de sucre que dans le vin précédent (34g), on perçoit aussi davantage de vivacité et de profondeur ; encore très réservé, il présente une assise minérale impressionnante, on devine un énorme potentiel.

Vouvray "Le Bouchet" 2005
Encore un demi-sec ; plus en finesse, en subtilité que les montlouis, doté d'une très belle fraîcheur, d'une grande pureté aromatique. En essayant de le comparer mentalement à d'autres vouvray, on devine cependant plus de présence, de largeur en bouche que dans le style presque "germanique" qui est celui des meilleurs et plus célèbres producteurs vouvrillons.

Montlouis "Les Tuffeaux" 1996
Robe encore claire ; nez expressif et profond, impression de tisane précise et nuancée, minéralité affirmée. En bouche le sucre est parfaitement intégré, la saveur pleine et longue, sa fermeté minérale intransigeante donne un cachet remarquable à ce très beau vin.

Vouvray "Le Bouchet" 2002
Encore une belle matière, aimable mais aiguillonnée par une acidité vive, salivante, vibrante ; le sucre (17g) se montre très discret, l'expression aromatique est encore réservée.

Montlouis "Moelleux" 2005
Très jeune, pur, assez monolithique, acidité bien présente équilibrant sans forcer une liqueur confortable (90g) ; un élevage tout en bois neuf quasiment imperceptible. Prometteur.

Montlouis "Moelleux Les Lys" 1990
Belle robe jaune bouton d'or, avec des reflets verts. Nez pénétrant, très précis, fascinant, évolution vers la tisane (tilleul, verveine…), profondes notes grillées, fumées, camphrées (silex, naphte…). En bouche la liqueur est idéale (120g de sucre sans la moindre impression de pesanteur), la cohérence, l'harmonie et la fraîcheur vraiment remarquables. Un grand liquoreux, un de ceux qui mettent leur richesse au service des messages que le terroir et le millésime ont inscrit dans le fruit.

Montlouis méthode traditionnelle "Brut" 1996
Dégorgé en 2007, non dosé. Nez très typé, sans concession, grillé, miellé, crayeux, terreux… Bouche très sèche, carrée, pleine de caractère à l'image du nez, s'exprimant avec une vigueur confinant à la rudesse.


Domaine Vincent Carême (Vernou-sur-Brenne)

Vincent Carême est un des (rares) vignerons qui tentent de renouveler, sans vouloir le révolutionner, le style d'une appellation plutôt conservatrice. A l'image de François Chidaine, il a opté pour des élevages plus longs que ce qui se pratique habituellement à Vouvray. En résultent des vins plus immédiatement riches et texturés. La spontanéité et la transparence dans l'expression du raisin dont font preuve les cuvées témoignent à la fois d'un grand respect de la matière première et d'une solide maîtrise technique.  

Vouvray "Le Peu Morier" 2005
Vignes sur argiles à silex. Un vin net, ample, velouté, aux arômes précis, au sucre résiduel (20g) déjà très bien intégré. On retrouve tout à fait le caractère plein et généreux du millésime.

Vouvray "Le Clos" 2005 (échantillon avant mise)
Vignes sur calcaire. Le bois neuf est encore présent au nez ; la matière promet beaucoup, vigoureuse, tendue, incisive malgré un sucre résiduel conséquent (30g).

Vouvray "Tendre" 2005
35g de sucre résiduel. L'expression aromatique se porte davantage sur des notes confites, lactiques (confiture de lait) ; la bouche possède une assise minérale intéressante, de la largeur, mais peut-être moins de tension et de plénitude que les deux vins précédents.

Vouvray méthode traditionnelle "Brut" 2005
Droit, effervescence modérée (3,5 bars de pression), linéaire, finale propre (vin non dosé).

Vouvray pétillant naturel "l'Ancestrale" 2005
Franc, immédiat, aimable (20g de sucre résiduel), proche du fruit, porteur d'une floralité touchante (fleur de pommier…) ; petite bulle fine, vite calmée, finale savoureuse bien ancrée dans sa minéralité. Une réussite.

Vouvray "Moelleux" 2005
80g de sucre résiduel. Nez expressif, lactique (caramel au beurre, poire cuite au beurre) ; belle texture, délicate, caressante, l'acidité est suffisante mais le vin présente tout de même un profil assez alangui, indolent.

Vouvray "Moelleux Première Trie" 2005
120g de sucre résiduel. Nez exubérant, rôti (pointe de mousseron, parade de fruits exotiques) ; on retrouve une touche de caramel au beurre et la même petite indolence que dans le moelleux précédent.

Vouvray "Moelleux" 2003
Pureté appréciable d'un spectre aromatique évoquant davantage le passerillage que la pourriture noble : fruits confits, abricot sec, caramel… La matière offre encore une fois un très beau toucher, velouté, délicat, une liqueur plantureuse (100g de sucre résiduel), bien équilibré par l'acidité mais sans la nervosité, le tranchant attendu d'un vin de Vouvray.

Vouvray "Moelleux Première Trie" 2003
Robe nettement dorée, grand nez confit, toujours très net, puissant, évocateur d'épices, sur un fond de nèfle et de kaki. La bouche se montre très liquoreuse, les 150g de sucre annoncés en paraissent au moins 200…  les arômes sont luxuriants, intenses, l'équilibre une nouvelle fois trop proche de l'indolence à mon goût.


Domaine Lemaire-Fournier (Vernou-sur-Brenne)

Une belle aventure, malheureusement terminée. Restent en témoignage des cuvées de grande expressivité, multidimensionnelles, parfois instables ou bancales. Il y avait je pense la place à Vouvray pour cette approche, plus ou moins assimilable à la tendance des vins natures par son non-interventionnisme et peut-être par son optimisme rousseauiste, à côté des interprétations plus "classiques" de l'appellation.

Vouvray sec 2004
Elevage en cuve. Profondément minéral, effectivement très sec, tendu, presque agressif.

Vouvray sec "La Coudraie" 2004
Elevage en fût sans ouillage. Teinte jaune d'or ; nez oxydatif surprenant mais assez complexe, sans caricature, pomme cuite, coing, notes épicées (safran, curry) et grillées. Matière longue et grasse, conservant délié et fermeté, s'exprimant avec nuance, dans un registre (légèrement) oxydatif du chenin, qui est certes déconcertant à Vouvray mais qui le serait beaucoup moins en Anjou…

Vouvray sec "La Follière" 2003
Robe vieil or. Nez oxydatif, plutôt baroque, confit et épicé, fumé, conservant quelque chose de la minéralité du terroir, un nez de vin jaune en surmaturité ?… Enorme matière, très riche, lactique, au toucher de bouche satiné et rémanent, difficile à boire en raison de sa charge alcoolique et de l'épaisseur de sa texture. A tenter en accompagnement d'un civet de langouste bien épicé…

Vouvray demi-sec 2004
Elevage en cuve. Parfaitement typé et même d'un grand classicisme : minéralité crayeuse, générosité et précision aromatique, fermeté de la bouche, la fameuse texture de taffetas vantée par les livres, vivacité…

Vouvray demi-sec "Les Morandières" 2004
L'élevage est le même que celui de la Coudraie, le vin ne semble pourtant marqué par aucune oxydation ; la matière se montre très concentrée, d'une minéralité presque saline, svelte, tendue, marquée en finale par une amertume soutenue mais très élégante. Grand potentiel.

Vouvray demi-sec "Les Barres" 2002
Les nez est austère, dominé par de notes de silex, de camphre, d'hydrocarbures… La bouche, assez chargée en CO2, intense, affirme cette puissante minéralité, heureusement mariée à un fruité bien présent.

Vouvray moelleux "La Ferme" 2002
Nez fermentaire, évoquant la levure de boulanger, la bière blanche. Un vin qui a manifestement refermenté en bouteille par manque de protection sulfureuse : de la douceur, une bulle accidentelle mais sympathique qui simplifie beaucoup l'expression du vin et le réduit à un agréable apéritif pétillant…

Vouvray moelleux 2003
Expression aromatique très miellée, directe, suave, sans complication ; matière fine, liqueur (55g de sucre) intégrée, CO2 à nouveau bien présent…

Vouvray moelleux "La Réveillerie" 2003
Robe dorée intense. Nez puissamment rôti, à la fois lactique et minéral ; bouche confiturée, liquoreuse plus que moelleuse, au goût de caramel, de café, de praliné, manquant de vivacité et de fraîcheur pour équilibrer son opulence.


Domaine du Clos Naudin (Vouvray)

Un modèle, un passage obligé pour comprendre la grandeur du Chenin, à Vouvray et dans l'absolu. Les archétypes stylistiques semblent être désormais clairement définis pour Philippe Foreau, qui avoue rechercher une qualité avant toute autre, la verticalité. Des expressions invariablement fermes, tranchantes, nettes, austères dans leur jeunesse : pureté et cohérence d'un vrai classicisme, qui a besoin de temps pour s'exprimer pleinement (très précisément sept ans selon le maître du Clos Naudin).



Vouvray sec 2004
Un millésime peu généreux où Philippe Foreau a consacré 80% de sa récolte aux effervescents. Robe pâle, reflets verts très présents. Vin austère, minéral, maigre mais tenace, dont l'acidité confine à la verdeur (pour l'instant… nous savons que ce type de vin s'assouplit et se révèle avec l'âge).

Vouvray demi-sec 2005
Beaucoup plus d'amabilité et de maturité au nez, délicats parfums de fleurs blanches et de mirabelle. Matière complète, ronde, pure, très nette.

Vouvray moelleux 1995
Robe dorée aux reflets verts encore présents. Le nez a basculé dans la maturité, classique, complexe et abouti, il exprime des notes épicées (safran), de truffe blanche, de coquille d'huître (de corail de homard pour Philippe Foreau)… La bouche est ferme, d'une richesse contenue (60g de sucre résiduel) et parfaitement intégrée, d'une grande droiture.



Vouvray moelleux 2005
Robe pâle, toujours parée de reflets verts. Nez encore timide, d'une netteté parfaite : poire, amande (massepain)… Matière complète, dense, serrée ; l'alcool (13,5°) semble assez présent, comme souvent en 2005.

Vouvray moelleux "Réserve" 2003
Robe franchement dorée. Nez percutant, ample mais précis, une corbeille de fruits jaunes… Grosse liqueur qui parvient à rester aérienne, plus suave que tranchante toutefois.

Vouvray moelleux "Réserve" 1989
Jaune d'or intense, les reflets verts sont encore présents ! Le nez est classique, à la fois opulent et réservé, d'une grande distinction, les notes saillantes sont d'épices, de sucre d'orge, d'hydrocarbures. Matière veloutée, fraîche, nuancée ; la liqueur se fait oublier tellement elle se montre aérienne. Un grand classique maintes fois goûté, toujours exemplaire.

Vouvray moelleux "Perruches" 1947
Bouteille ouverte depuis quatre jours. Robe splendide, est-ce la topaze brûlée ? cela évoque en tout cas la couleur de certains vieux madères. Le nez est magnifique, aérien, suggestif, très frais : sucre d'orge, citron vert confit, tuffeau humide, tabac, café… La liqueur, fondue dans la texture alerte et caressante, se montre encore très présente en bouche, la saveur est épicée et terpénique ; seule la fin de bouche un peu fuyante, sur des notes légèrement cartonneuses, laisse penser que le vin a perdu une partie de son éclat à l'aération.

Vouvray moelleux "Quatrième Trie" 1989
Cuvée non commercialisée. Robe ambrée visqueuse. Nez truffé, profond, autoritaire, pur, racé. Liqueur souveraine (220g de sucre résiduel), massive mais désincarnée, aérienne, saveur subtile et pénétrante, perforante même : le prodige des très grands liquoreux, prodige qui dans ce registre ne s'accomplit guère qu'à Vouvray et en Moselle… D'une compacité adamantine ce vin donne l'impression d'être encore beaucoup trop jeune. Pour moi, le plus grand vin de notre séjour en Touraine.

Vouvray pétillant "Brut" 1995
Bu le lendemain au restaurant Le Grand Vatel. Jaune d'or, bulle fine, densité et équilibre de la matière, cachet aromatique d'un beau vouvray mature, épicé et minéral. Très beau vin, de loin le meilleur effervescent de chenin que nous ayons goûté lors de ce voyage.



Appendice - pour ceux qui pourraient être intéressés par des notes chiffrées (elles nous aident avant tout à fixer nos ressentis, ce sont des aide-mémoire, en aucun cas des jugements de valeur) :
Nota : la première note est celle de Pierre, la seconde de Didier.

Les Roches (Lenoir vignerons) - Chinon 1985 - 27/3/2007 - 16 - 15,5/16.
Les Roches (Lenoir vignerons) - Chinon 1989 - 27/3/2007 - 16,5 - 16,5.
Les Roches (Lenoir vignerons) - Chinon 1990 - 27/3/2007 - 16 - 15,5/16.
Les Roches (Lenoir vignerons) - Chinon 1996 - 27/3/2007 - 15 - 15.
Les Roches (Lenoir vignerons) - Chinon 2000 - 27/3/2007 - 14,5 - 14,5.
Les Roches (Lenoir vignerons) - Chinon 2001 - 27/3/2007 - 15 - 15,5.
Les Roches (Lenoir vignerons) - Chinon 2002 - 27/3/2007 - 15 - 15,5.
Les Roches (Lenoir vignerons) - Chinon 2003 (sur pièce) - 27/3/2007 - (14) - (14).
Les Roches (Lenoir vignerons) - Chinon 2004 (sur pièce) - 27/3/2007 - (15) - (14,5).
Les Roches (Lenoir vignerons) - Chinon 2005 (sur pièce) - 27/3/2007 - (15) - (15,5).
Les Roches (Lenoir vignerons) - Chinon 2006 (sur pièce) - 27/3/2007 - (15) - (15,5).
Les Roches (Lenoir vignerons) - Chinon blanc 2003 - 27/3/2007 - 16,5/17 - 17,5.


Domaine Catherine et Pierre Breton - Vouvray "La Dilettante" 2005 - 27/3/2007 - 15 - 14,5.
Domaine Catherine et Pierre Breton - Bourgueil "Les Galichets" 2005 - 27/3/2007 - 14 - 14,5.
Domaine Catherine et Pierre Breton - Bourgueil "Nuits d'Ivresse" 2004 - 27/3/2007 - 14 - 14.
Domaine Catherine et Pierre Breton - Bourgueil "Nuits d'Ivresse" 2005 (sur fût) - 27/3/2007 - (14) - (14).
Domaine Catherine et Pierre Breton - Bourgueil "Clos Sénéchal" 2004 - 27/3/2007 - (?)- 13.
Domaine Catherine et Pierre Breton - Bourgueil "Clos Sénéchal" 2005 (sur fût) - 27/3/2007 - (14,5) - (14).
Domaine Catherine et Pierre Breton - Bourgueil "Les Perrières" 2004 (sur fût) - 10/10/2005 - (15) - (14,5).
Domaine Catherine et Pierre Breton - Bourgueil "Les Perrières" 2005 (sur fût) - 10/10/2005 - (16) - (15,5).
Domaine Catherine et Pierre Breton - Chinon "Beaumont" 2005 - 27/3/2007 - 13,5 - 14.
Domaine Catherine et Pierre Breton - Chinon "Picasses" 2001 - 11/4/2005 - 13,5 - 13.
Domaine Catherine et Pierre Breton - Chinon "Picasses" 2004 (sur fût) - 27/3/2007 - (15) - (14).


Domaine B. Baudry - Chinon rosé 2006 - 28/3/2007 - 12 - 13.
Domaine B. Baudry - Chinon "Les Granges" 2005 - 28/3/2007 - 14,5 - 14/14,5.
Domaine B. Baudry - Chinon "Les Granges" 2006 (échantillon) - 28/3/2007 - (14) - (14).
Domaine B. Baudry - Chinon 2005 - 28/3/2007 - 15 – 14,5.
Domaine B. Baudry - Chinon "Clos Guillot" 2005 - 28/3/2007 - 14 - 14.
Domaine B. Baudry - Chinon "Les Grézeaux" 2002 - 28/3/2007 - (13) - 14,5/15.
Domaine B. Baudry - Chinon "Les Grézeaux" 2004 - 28/3/2007 - 14 - 14.
Domaine B. Baudry - Chinon "Les Grézeaux" 2005 - 28/3/2007 - 15 - 14.
Domaine B. Baudry - Chinon "La Croix Boissée" 1995 - 28/3/2007 - 15,5 - 15.
Domaine B. Baudry - Chinon "La Croix Boissée" 1997 - 28/3/2007 - 16 - 16.
Domaine B. Baudry - Chinon "La Croix Boissée" 2002 - 8/3/2007 - 15,5 - 14,5/15.
Domaine B. Baudry - Chinon "La Croix Boissée" 2003 - 28/3/2007 - 15,5/16 - 15,5/16.
Domaine B. Baudry - Chinon "La Croix Boissée" 2005 (échantillon) - 28/3/2007 - (16) - (15,5).


Domaine Alliet - Chinon 2005 - 28/3/2007 - (14)+ - 14.
Domaine Alliet - Chinon "Vieilles Vignes" 2004 - 28/3/2007 - 14,5/15 - 15.
Domaine Alliet - Chinon "Vieilles Vignes" 2005 - 28/3/2007 - (14,5/15) - 15.
Domaine Alliet - Chinon "l'Huisserie" 2004 - 28/3/2007 - (14/14,5) - 15,5.
Domaine Alliet - Chinon "l'Huisserie" 2005 (sur fût) - 28/3/2007 - (14,5/15) - (14,5/15).
Domaine Alliet - Chinon "Coteau de Noiré" 2005 (sur fût) - 28/3/2007 - (?)- (14,5).
Domaine Alliet - Chinon blanc "Coteau de Noiré" 2005 (sur fût) - 28/3/2007 - (15,5) - (14,5/15)


Domaine Huet - Vouvray pétillant brut 2000 - 28/3/2007 - 14,5 - 14.
Domaine Huet - Vouvray sec "Le Haut-Lieu" 2006 - 28/3/2007 - 14 - 14,5.
Domaine Huet - Vouvray sec "Le Mont" 2006 - 28/3/2007 - 15 - 15,5.
Domaine Huet - Vouvray sec "Clos du Bourg" 2005 - 28/3/2007 - 15,5 - 16.
Domaine Huet - Vouvray sec "Le Mont" 2005 - 28/3/2007 - 16 - 16,5.
Domaine Huet - Vouvray demi-sec "Le Mont" 2006 - 28/3/2007 - 15,5 - 15,5/16.
Domaine Huet - Vouvray moelleux "le Haut-Lieu" 2005 - 28/3/2007 - 15,5 - 14,5/15.
Domaine Huet - Vouvray moelleux première trie "Clos du Bourg" 2006 - 28/3/2007 - 16 - 15,5/16.
Domaine Huet - Vouvray moelleux première trie "Le Haut-Lieu" 1997 - 28/3/2007 - 16 - 15,5/16.
Domaine Huet - Vouvray moelleux première trie "Clos du Bourg" 1997 - 28/3/2007 - 15,5 - 16.
Domaine Huet - Vouvray moelleux première trie "Le Mont" 1997 - 28/3/2007 - 17 - 17/17,5.
Domaine Huet - Vouvray moelleux première trie "Le Haut-Lieu" 1989 - 28/3/2007 - 16,5 - 16,5.
Domaine Huet - Vouvray moelleux première trie "Clos du Bourg" 1989 - 28/3/2007 - 17 - 17.
Domaine Huet - Vouvray moelleux première trie "Le Mont" 1989 - 28/3/2007 - 17/17,5 - 17,5.
Domaine Huet - Vouvray "Cuvée Constance" 2005 - 28/3/2007 - 17+ - 17,5+.


Domaine François Pinon - Vouvray brut 2004 - 29/3/2007 - 13 - 13.
Domaine François Pinon - Vouvray sec 2002 - 29/3/2007 - 15,5 - 15,5/16.
Domaine François Pinon - Vouvray sec 2005 - 29/3/2007 - 14,5 - 14,5.
Domaine François Pinon - Vouvray sec 2006 - 29/3/2007 - 13,5 - 13,5.
Domaine François Pinon - Vouvray "Cuvée Tradition" 2002 - 29/3/2007 - 15,5 - 15,5+.
Domaine François Pinon - Vouvray "Cuvée Tradition" 2005 - 29/3/2007 - 14,5 - 15,5.
Domaine François Pinon - Vouvray "Cuvée Tradition" 2006 - 29/3/2007 - 14,5 - 14,5.
Domaine François Pinon - Vouvray "Moelleux" 1993 - 29/3/2007 - 16 - 16,5.
Domaine François Pinon - Vouvray "Cuvée de Novembre" 1992 - 29/3/2007 - 14 - 15.
Domaine François Pinon - Vouvray "Cuvée de Novembre" 1995 - 29/3/2007 - 16 - 16.
Domaine François Pinon - Vouvray "Cuvée de Novembre" 2002 - 29/3/2007 - 14,5 - 15.
Domaine François Pinon - Vouvray "Réserve Botrytisée" 1990 - 29/3/2007 - 14,5 - 16.
Domaine François Pinon - Vouvray "Cuvée Botrytisée" 1997 - 29/3/2007 - 16,5 - 17.
Domaine François Pinon - Vouvray "Cuvée Botrytisée" 2005 - 29/3/2007 - 17+ - 17,5/18.


Domaine Stephane Cossais - Montlouis sec "Le Volagré" 2004 - 29/3/2007 - (14) - 14.
Domaine Stephane Cossais - Montlouis sec "Le Volagré" (sur fût) 2004 - 29/3/2007 - (15) - (14,5).
Domaine Stephane Cossais - Montlouis sec "Le Volagré" (sur fût) 2004 - 29/3/2007 - (15) - (14,5).


Domaine François Chidaine - Montlouis sec "Clos du Breuil" 2005 - 29/3/2007 - 14,5 - 14,5.
Domaine François Chidaine - Montlouis sec "Les Choisilles" 2005 - 29/3/2007 - 14,5 - 15,5.
Domaine François Chidaine - Montlouis demi-sec "Les Tuffeaux" 1996 - 29/3/2007 - 16 - 16.
Domaine François Chidaine - Montlouis demi-sec "Les Tuffeaux" 2005 - 29/3/2007 - 15,5 - 15,5.
Domaine François Chidaine - Montlouis demi-sec "Clos Habert" 2005 - 29/3/2007 - 14,5 - 15.
Domaine François Chidaine - Montlouis "Moelleux" 2005 - 29/3/2007 - 15,5 - 15,5+.
Domaine François Chidaine - Montlouis moelleux "Les Lys" 1990 - 29/3/2007 - 17/17,5 - 17.
Domaine François Chidaine - Montlouis brut 1996 (dégorgé en 2007, non dosé) - 29/3/2007 - 14 - 14.
Domaine François Chidaine - Vouvray sec "Les Argiles" 2005 - 29/3/2007 - 15 - 15,5+.
Domaine François Chidaine - Vouvray sec "Clos Baudoin" 2003 - 29/3/2007 - 14/14,5 - 14,5.
Domaine François Chidaine - Vouvray sec "Clos Baudoin" 2005 - 29/3/2007 - 14,5/15 - 14,5/15.
Domaine François Chidaine - Vouvray demi-sec "Le Bouchet" 2002 - 29/3/2007 - 15,5/16 - 16+.
Domaine François Chidaine - Vouvray demi-sec "Le Bouchet" 2005 - 29/3/2007 - 15,5 - 15,5.


Domaine Vincent Carême - Vouvray brut 2005 - 30/3/2007 - 13 - 13.
Domaine Vincent Carême - Vouvray pétillant "L'Ancestrale" 2005 - 30/3/2007 - 14,5 - 14.
Domaine Vincent Carême - Vouvray sec "Le Peu Morier" 2005 - 30/3/2007 - 15 - 14,5.
Domaine Vincent Carême - Vouvray sec "Le Clos" 2005 (échantillon) - 30/3/2007 - (15) - (15,5).
Domaine Vincent Carême - Vouvray "Tendre" 2005 - 30/3/2007 - 14 - 14.
Domaine Vincent Carême - Vouvray "Moelleux" 2003 - 30/3/2007 - 15 - 14.
Domaine Vincent Carême - Vouvray "Moelleux" 2005 - 30/3/2007 - 14,5 - 14,5.
Domaine Vincent Carême - Vouvray "Moelleux Première Trie" 2003 - 30/3/2007 - 15 - 14.
Domaine Vincent Carême - Vouvray "Moelleux Première Trie" 2005 - 30/3/2007 - 15 - 15.


Domaine Lemaire-Fournier - Vouvray sec 2004 - 30/3/2007 - (14,5) - (14,5).
Domaine Lemaire-Fournier - Vouvray sec "La Coudraie" 2004 - 30/3/2007 - (14,5) - (14).
Domaine Lemaire-Fournier - Vouvray sec "La Follière" 2003 - 30/3/2007 - (15)
Domaine Lemaire-Fournier - Vouvray demi-sec 2004 - 30/3/2007 - 15 - 14,5.
Domaine Lemaire-Fournier - Vouvray demi-sec "Les Morandières" 2004 - 30/3/2007 - 15,5/16 - 15.
Domaine Lemaire-Fournier - Vouvray demi-sec "Les Barres" 2002 - 30/3/2007 - (15) - 14.
Domaine Lemaire-Fournier - Vouvray moelleux 2003 - 30/3/2007 - 15 - 15,5.
Domaine Lemaire-Fournier - Vouvray moelleux "La Réveillerie" 2003 - 30/3/2007 - (14) - 14,5.
Domaine Lemaire-Fournier - Vouvray moelleux "La Ferme" 2002 - 30/3/2007 - (14) - 14.


Clos Naudin - Vouvray sec 2004 - 30/3/2007 - (14) - 14,5.
Clos Naudin - Vouvray demi-sec 2005 - 30/3/2007 - 15 - 14,5.
Clos Naudin - Vouvray moelleux 1995 - 30/3/2007 - 16 - 16,5.
Clos Naudin - Vouvray moelleux 2005 - 30/3/2007 - 15+ - 15,5.
Clos Naudin - Vouvray moelleux "Réserve" 1989 - 30/3/2007 - 16,5 - 17/17,5.
Clos Naudin - Vouvray moelleux "Réserve" 2003 - 30/3/2007 - 16 - 15,5.
Clos Naudin - Vouvray moelleux "Réserve quatrième trie" 1989 - 30/3/2007 - 18/18,5 - 18.
Clos Naudin - Vouvray moelleux "Perruches" 1947 - 30/3/2007 - (17) - (17,5).
Clos Naudin - Vouvray pétillant brut 1995 - 31/3/2007 - 16 - 15.

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