Une nuit de dégustation chez Didier Sanchez

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Une nuit de dégustation chez Didier Sanchez


Vendredi 30 novembre 2012


La rencontre, proposée par Didier Sanchez, est commentée par Philippe Ricard.

Photos et mise en page par Philippe Ricard.



Quelques commentaires de contexte :

Sont présents : Pierre Citerne, Philipe Ricard, Maxime France, Laurent Gibet et nos amis bordelais : Vincent Mercier, Eric Bourdin dit « Le Russe » et  Jean-Claude Deluc.

Les vins sont dégustés avec présentation à l’aveugle.

Les verres utilisés sont les « Authentis N°1» de Spiegelau.

DS : Didier Sanchez - PC : Pierre Citerne - PR : Philippe Ricard - LG Laurent Gibet - MF : Maxime France - VM : Vincent Mercier - JCD : Jean-Claude Deluc - EB : Eric Bourdin




Menu
Pour les pièces apéritives
Bagels saumon ricotta
Paillasson filet de rouget/tapenade
Pan con tomate lomo ibérico
Croquant chèvre miel et magret
Pour le repas
Foie gras entier cuit au torchon (60 gr)
Noix de St-Jacques sur caramel d’agrumes (2 pièces)
Noix de St-Jacques Noilly crème poireaux (2 pièces)
Noisette de lotte poêlée beurre d’estragon
Paletot de poularde des Landes façon tournedos, crémée aux morilles
Fromages
Forêt Noire revisitée





Ordre de dégustation

(Nombre total de dégustateurs : 8)



Il est 19h30…


En mise en bouche

Bagels saumon-ricotta, Paillasson filet de rouget-tapenade, Pan con tomate-lomo ibérico, Croquant chèvre-miel-magret


1.Champagne : Egly-Ouriet Blanc de Noirs "Cuvée Vieilles Vignes" NM

(Dégorgement en janvier 1997, 31 mois de lattes)

DS17 - PC16 - PR17,5 - LG17,5 - MF16,5 - VM17,5 - JCD15 - EB16. Note moyenne : 16,6

Champagne en tout point charmeur : paré d’or, généreux (mirabelle, pêche, zeste d’orange, citron confit, noisette, champignon, safran), suave, voire gourmand en bouche, c’est un vin encore jeune, à la bulle délicate, au fruit toujours vigoureux, présenté ce soir avec une fraîcheur et une finesse fort appréciables…  




2.Champagne : Pierre Moncuit Blanc de Blancs "Cuvée Nicole Moncuit" vieilles vignes 1990

DS16 - PC15 - PR17 - LG16,5 - MF16 - VM17 - JCD15,5 - EB15. Note moyenne : 16

Doré et vert mêlés sur ce second vin au message initial marqué par son dosage et son profil réduit (coquille, grillé), se libérant peu à peu, sans la distinction de l’Egly mais en s’affirmant en bouche avec puissance et longueur.


Rappels :

a. Champagne : Pierre Moncuit Blanc de Blancs "Cuvée Nicole Moncuit" vieilles vignes 1990 : Septembre 2009 (LG)

DS15 - PC12,5 - LGED. Note moyenne : Non notable

On note ici une dissociation suspecte : acidité, dosage, amertume prononcée. Une bouteille désarticulée, pas hyper nette, probablement pas représentative (cf. le rappel).

b. Champagne : Pierre Moncuit Blanc de Blancs "Cuvée Nicole Moncuit" vieilles vignes 1990 : 3/5/08 - 17/20 (LG)

Très producteur champenois (plus que grande maison). Senteurs de classe et complexes : minéral, coquillage, agrumes, pêche, champignons, épices. Du charme, de l’énergie et de la tenue ainsi qu’une jeunesse préservée. Ragaillardissant !




3.Champagne Bollinger RD 1988

(Dégorgement en décembre 1999)

DS17,5/18 - PC17 - PR19 - LG18 - MF17,5 - VM18,5 - JCD18 - EB18. Note moyenne : 18

Champagne majestueux, légèrement cuivré, à la distinction ranciotée presque andalouse (gras de Serrano, noix verte, dattes, cèpe, zeste d’orange), jouant avec précision sur les saveurs acides, amères et grasses, dans une expression à la fois puissante et fine. Superbe !



Rappels :

a. Champagne Bollinger RD 1988 (dégorgé le 29/6/1999) : 3/5/08 - 18/20 (LG)

Magnifique olfaction, vitale (encore un peu réticente), épicée, avec en particulier de nobles senteurs d’orange et de morille. Bouche de forte constitution, possédant une énorme réserve. Un must, encore dans sa prime jeunesse. Pensé Bollinger 1996 ou 1988.

b. Champagne Bollinger RD 88 (dégorgé début 2002) : 19/9/03 - 16,5/20 (LG)

Beau champagne vineux (72% de pinot), dense, viril. Equilibré, long et bulle parfaitement intégrée.

En repensant à Salon 82 bu il y 15 jours, cette cuvée s'avère ici plus puissante qu'élégante 16,5/20

c. Champagne Bollinger RD 1988 (dégorgé en 1999) : 24/5/03 (PP)

DS15,5/16 - PP15,5 - PC17+ - LG15,5+ - VM15/15,5. Note moyenne : 15,8

Robe plus jeune. Le nez dégage des notes friandes de chocolat (blanc, au lait et noir), d'orange, d'iode, de morille.

En bouche, la bulle se fait plus présente, remplissant la bouche dans un ensemble nerveux et encore austère, peu loquace. A attendre impérativement.









Avec le foie gras entier cuit au torchon



4.Alsace Grand Cru Altenberg de Bergheim : Domaine Deiss "Riesling Sélection de Grains Nobles 1997

DS16,5 - PC16 - PR17 - LG16,5 - MF17 - VM17 - JCD17 - EB17. Note moyenne : 16,8

Riesling solaire : teinte hâlée, nez sans exubérance mais légèrement confit (pétrole, cire, citron vert, zeste d’orange, citronnelle), matière veloutée, sans trop d’acidité mais au sucre intégré avec légèreté pour une impression globale de douceur subtile et d’équilibre séduisant…


Rappel : Alsace Grand Cru Altenberg de Bergheim : Domaine Deiss "Riesling Sélection de Grains Nobles 1997 : 11/2003 (PC)

DS14,5 - PP17 - PC16,5/17 - LG15,5. Note moyenne : 16

Jaune jonquille. Nez très pétrolé, minéral, alliacé (poireau), très différent de Schoffit, plus austère et plus minéral.

Sucre résiduel fort discret pour une SGN, mais minéralité et acidité de grande race.



5.Quarts de Chaume : Château Bellerive 1990

DS17,5 - PC17 - PR17,5 - LG17,5 - MF17,5 - VM17 - JCD17,5 - EB17. Note moyenne : 17,3

Robe bronze, reflets fluo de Suze, laquelle se retrouve au nez dans un profil à la fois racinaire (raifort, gentiane) et patiné (champignon, camphre, tourbe, encaustique) pour une complexité « originale » ; matière fondue, sphérique, déroulant sans brutalité mais sans mollesse non plus, jusqu’à en faire oublier le sucre…



6.Vouvray : Domaine du Clos Naudin "Réserve" 1989

DS18 - PC17 - PR18 - LG18 - MF18 - VM17,5 - JCD18 - EB17. Note moyenne : 17,7

Formidable vouvrillon à la jeunesse provocante – il en est presque trop « simple » ! –, éclatant de fruits (ananas rôti, mangue, kumquat, marmelade d’orange, mirabelle, coing, pomme chaude), pur, remarquablement frais et salivant en bouche, suave mais surtout juteux en diable, se buvant comme du petit lait… Tout compte fait, seule la couleur, topaze, semble nous indiquer qu’il ne s’agit pas là d’un bambin…

Rappels :

a. Vouvray : Domaine du Clos Naudin "Réserve" 1989 : Novembre 2009 (PR)

DS(17,5) - PC18 - LG(16,5) - PR(17,5) - MF(17,5/18) - MS18. Note moyenne : (17,5)

Ananas, mangue fraîche, pomme au four, miel, coquille d'huître, iode, épices, poivre : un panier d'odeurs intenses, précises, juvéniles.

Magnifique liqueur, superbe d'équilibre, de subtilité, d'évidence, de persistance, à la puissance millimétrée : un vin qu'on boit avec envie, ce qui n'est pas le moindre des exploits après notre marathon culinaire...

Une infime retenue à propos d'une vague sensation aromatique (pointe de bouchon ?), filtrant la pureté aromatique du vin pour laquelle certains mettront des parenthèses sur leur note...

b. Vouvray : Domaine du Clos Naudin "Réserve" 1989 : 16/9/06 - 17,5/20 (LG)

Une liqueur aérienne, d’une grande cohérence, très persistante. Goûts purs de raisin sec, d’abricot, de miel, de fruits confits. Sans battage inutile, elle se déroule imperturbablement sur des amers d’une grande distinction.

c. Vouvray : Domaine du Clos Naudin "Réserve" 1989 : février 2003 (PC)

PC16 - DS16,5 - PP16,5 - LG16,5 - RT16,5 - VM16. Note moyenne : 16,5.

Vieil or, teinte riche un peu plus soutenue que la précédente. Nez du même acabit, net et pur, avec un peu moins de minéralité, mais par contre plus de miel et de notes rôties. Matière riche, abricot, résine, miel, très belle acidité. Une expression plus intense, aussi pure, mais moins aérienne que Le Mont de Huet en 89.



7.Sauternes : Château de Fargues 1988

DS17 - PC16 - PR18+ - LG17,5 - MF17 - VM18 - JCD19 - EB17. Note moyenne : 17,4

Encore un vin trop jeune, cette fois-ci davantage par sa puissance et son opulence toujours brutes que par sa fraîcheur.

Sauternes précieux par sa teinte or ambré, encore extravagant (richesse botrytisée, agrumes confits, crème de lait, pomme d’amour, coco, épices, champignon…), à la distinction sans doute limitée aujourd’hui par l’élevage, l’acidité volatile, la liqueur, mais armé pour une longue existence. Heureux ceux qui goûteront ce majestueux breuvage, apaisé, dans une vingtaine d’années…






Avec les noix de st jacques sur caramel d’agrumes, noix de St-Jacques Noilly crème poireaux




8.Vouvray : Domaine Huet "Le Mont" 2000


DS? puis 15 - PC15 - PR(14,5) - LG(15) - MF(14?) - VM14,5 - JCD13 - EB14. Note moyenne : (14,4?)

Peut-être desservi par sa position contrastée post liquoreuse, ce Vouvray sec au doré pourtant flatteur impose une austérité peu jouissive, presque douteuse, percutant le dégustateur comme un coup de trique, entre acidité, amertume, gaz carbonique et arômes « coincés ». Réputé délicat, fin et flatteur, il se boit ce soir avec un tranchant exclusif.

Il aura au moins eu l’avantage de « remettre les papilles à zéro » : après lui, la bouche est parfaitement propre !



9.Chinon : Domaine Les Roches 1989

DS16,5 - PC17 - PR16,5 - LG16 - MF16,5 - VM16 - JCD15 - EB16. Note moyenne : 16,2

Accueil prudent, sur une robe voilée, un nez discret de coquille et de végétal, une bouche légère et douce…

L’aération révèle une toute autre envergure, un vin plus complexe qu’il n’y parait, mûr, parfumé (poire pochée, sucre d’orge, pralin, tarte tatin, citron, fraise…), intensément salivant, sapide, parfaitement nuancé en bouche entre suavité, acidité, finesse et richesse, témoignant au passage de très belles qualités gastronomiques : un délicieux « vin de table ».



10.Alsace Grand Cru Altenberg de Bergheim : Domaine Deiss 1997

DS16 - PC15 - PR15,5 - LG16 - MF16 - VM16 - JCD17 - EB15. Note moyenne : 15,8

Version plus aguicheuse que l’Altenberg SGN goûté sur les amuse-bouche, bouton d’or, gracieusement parfumée (citron confit, mirabelle, ananas, zestes, pointe terpénique), riche, caressante, mais un brin lascive, à la douceur sucrée coupable de limiter la percussion et la distinction de l’échantillon.



11.Alsace Grand Cru "Brand" Riesling : Domaine Boxler 1995

DS17 - PC16,5 - PR17,5 - LG17 - MF17 - VM17 - JCD16 - EB17. Note moyenne : 16,9

Riesling épanoui, or, aux odeurs ravissantes (citronnelle, tilleul, menthe, coriandre, citron vert, Reine Claude), à la plastique raffinée qui n’a pas besoin de forcer pour s’imposer avec précision ; un vin fuselé, salivant, toujours jeune, signant la finale de beaux amers sur les zestes d’agrume…






Avec la noisette de lotte poêlée, beurre d’estragon



12.Hermitage : Domaine Chave 1995

DS18,5 - PC18 - PR18,5 - LG18,5 - MF18,5 - VM18 - JCD17 - EB18. Note moyenne : 18,2

Une référence qui mérite du temps, dans la garde tout comme la dégustation… Abordé sur la virilité (chaleur, élevage, viscosité), le vin va témoigner avec l’air de nuances autrement plus subtiles, se révélant majestueux dans sa parure or, son message aromatique formidablement complexe (amande, nougat, noyau d’abricot, mirabelle, ananas confit, pomme caramel, rhum ambré, épices, cire, miel, réglisse, guimauve), son physique d’Apollon, puissant, dense, mais sculpté avec grâce, dans un équilibre peut-être solaire mais irréprochable. Un maître étalon, encore jeune, fait pour durer…


Rappels :

a. Hermitage : Domaine Chave 1995 : Avril 2010  (MF)

DS17 - PC17 - LG17 - PR16 - MF17 - MS17,5 . Note moyenne : 16,9

Carafé 5 heures

Le bouquet exprime immédiatement une belle complexité exhalant tour à tour des senteurs d'amande fraîche, de cire, de miel ainsi qu'une pointe organique, animale. La bouche apparaît à la fois tonique et dotée d'une grande suavité. Elle livre des saveurs épicées et fait montre d'une grande finesse malgré une richesse alcoolique non négligeable. Une très belle bouteille, à point...

b. Hermitage : Domaine Chave 1995 : 25/05/07 à l’ouverture  (PC)

DS AM18 - PC18. Note moyenne : 18

Grande robe visqueuse, d'un or tendant vers le fluo…

Nez superbe, d'emblée, dès l'ouverture : fruit très pur, souligné de notes toniques de poivre vert ou de gentiane.

On reconnaît tout aussi rapidement la matière comme l'une des plus abouties, des plus amples et profondes ; l'équilibre est parfait, la saveur pure et pénétrante (la réglisse, la guimauve, le miel, une pointe camphrée).

Grand vin, complet, souverain.

Hermitage : Domaine Chave 1995 : 25/05/07 après 5h d’aération  (LG)

DS SOIR18,5/19 - LG19 - MS19. Note moyenne : 18,9

Impeccable collection de senteurs, muscatée, kaléidoscopique : panier de fruits frais (mirabelle, pêche, abricot, ananas, banane), rose, menthol, craie, réglisse, champignon. L’ensemble est très frais, très jeune, captivant de par son charme impitoyable. On y trouve une forme de démesure fruitée transparente qui peut évoquer une VT alsacienne ainsi qu’une sensualité racée qui rappelle un grand Condrieu. Un vin de jouvence, avec une préservation de fruit assez insensée.

Bouche exigeante et facile, sapide, très digeste, avec dans son sillage un formidable écho fruité. Soulignons que ce vin surprenant possède une tenue à l’air digne de celle de plus grands blancs français.



13.Auxey-Duresses "Les Boutonniers" : Domaine d'Auvenay 2000

DS16,5/17 - PC16,5 - PR16,5/17 - LG17 - MF16,5 - VM16,5 - JCD17,5 - EB17. Note moyenne : 16,8

La rencontre des vins de d’Auvenay n’est jamais prévisible ; en tout cas pour moi (la lecture des rappels en donnent un début de preuve…).

Cette autre bouteille synthétise mes impressions passées dans sa déclinaison jaune doré, intensément verdie, à la sève imprégnante, volontaire, aussi puissante que tranchante, déroulant avec forte impression de poids et de longueur, mais aussi une sensation de compression aromatique par des choix œnologiques à priori réducteurs. Ce manque de liberté, malgré un carafage pourtant précautionneux (10 heures !), explique les quelques retenues sur ce vin au potentiel qui dépasse très largement les frontières de ses origines « Villageoises »…


Rappels :

a. Auxey-Duresses "Les Boutonniers" : Domaine d'Auvenay 2000 : Novembre 2009 (PR)

DS14? - PC(13) - LG(14) - PR13 - MF14 - MS14,5. Note moyenne : (13,8)

Senteurs assez lourdingues de yaourt, boisé, grillé appuyé, végétal où la distinction des vins du domaine précédemment goûtés m'est totalement imperceptible...

Continuité dans la déception avec une bouche durcie par le bois, alourdie par l'alcool ; impressions accentuées par la puissance de l'ensemble qui s'impose sans harmonie, finissant par m'écœurer...

b. Auxey-Duresses "Les Boutonniers" : Domaine d'Auvenay 2000 : Juillet 2007 - 17,5 (PR)

Robe assez fluide, brillante, paille virant au jaune, avec quelques reflets or.

Toujours cette classe sublimissime des plus grands Bourgogne blancs : réduction noble, grillé, beurré, toujours un fruit intact. Impression de grande complexité, de puissance jamais lassante, mais imposante. Du grand art !

Expression auguste d’une matière très noble, monstre d’équilibre, de classe, de complexité. Suave, imprégnant, riche, le vin tapisse la bouche avec puissance, distinction et une longueur proverbiale.

Encore une démonstration de très grand chardonnay, évoquant les plus belles réalisations de Coche Dury ou encore Leflaive.

Une merveille qui dépasse largement le cadre de son appellation !



14.Château Grillet : Château Grillet 1985

(Carafé 10 heures)

Echantillon bouchonné



Rappels :

a. Château Grillet 1985 : Décembre 08 (MF)

DS18,5 - PC18 - LG19 - MF18,5 . Note moyenne : 18,5

(Carafé 5 h)

La robe apparaît assez pâle avec des reflets verts et une texture huileuse.

Le nez est immédiatement intense et d'une complexité proverbiale ou se mêlent tour à tour, dans un inventaire « à la Prévert », des fragrances de poivre blanc, de laurier, de menthe, d'abricot frais, de rose, de lavande, de nougat, de guimauve ainsi qu'une pointe fumée. Un vin « parfum » doté d'une olfaction polymorphe digne des plus grands et dont on ne se lasse jamais !!

En bouche le vin est très sec, minéral, tendu et ample à la fois. Il est doté d'une présence d'anthologie. La finale fumée, saline, très pure semble interminable et signe un vin « hors normes », envoûtant, à la jeunesse insolente...

b. Grillet 1985 : 16/12/07

DS17,5/18 - PC17,5 - LG17+ - PR17,5 - MS16,5/17 - BLG15 . Note moyenne : 16,9 (LG)

1er nez caché par le soufre.

2ème nez reconnaissable, minéral, jeune, dispensant des notes diverses : pomme, verveine, camphre, iode, amande, craie, réglisse. Le fruit et les fleurs hantent ses coulisses.

Bouche phénomène, austère, au caractère d'airain mais restant soyeuse et fine, saline (marine), tendue par le minéral et l'acidité. Ce qui est incroyable c'est qu'elle semble à peine sortir des limbes.

L'idiosyncrasie du viognier sur ces terrasses sableuses granitiques exposées Sud visitées il y a seulement quelques jours a encore frappé : elle consacre un vin stupéfiant, inarrêtable (un modèle d'intériorisation).

Moins flatteur que Joliette 70 sec mais bien plus long (avec un immense potentiel confirmé). Mémorable.

c. Château Grillet 1985 : Juillet 2007

DS18+ - PC18 - LG18+ - PR18,5 - CD17,5. Note moyenne : 18

Jamais les robes ne laissent espérer longtemps une inflexion vers un vieillissement palpable : si la précédente nous semblait à peine plus jaune que d'habitude, nous retrouvons cette jeunesse intacte dans ce vin tout juste jaune, avec des reflets d'un doré vif et surtout des notes vertes semblant éternelles...

Si nous devions définir un « classique » Grillet, ce nez en serait exemplaire : forte empreinte minérale, avec une impression initiale réduite, voire liégeuse pour certains, s'affirmant avec une pointe d'austérité par ses notes de coquille d'huître, d'iode, de camphre, puis dévoilant un fruit encore jeune (abricot) ainsi que des parfums floraux d'une grande fraîcheur. L'ensemble est intense, tendu, un peu strict : il nous paraît encore trop jeune, pas assez ouvert !

La bouche est également très représentative de ce que nous devinons du style de ce vin : marqué par une acidité surprenante, le vin est frais, même un peu vif (sans toutefois nuire à son équilibre), articulé autour d'une colonne vertébrale minérale (coquillage, notes crayeuses), à la rigueur un peu austère, percutante, mais à la rectitude tranchante maîtrisant parfaitement une matière à la fois généreuse, très serrée et remarquablement fine. D'une longueur saisissante, la finale, sur l'amande, la réglisse, nous donne rendez-vous dans 10 ans. Voire bien plus... Ce vin semble en effet cadenassé, beaucoup trop jeune : sensationnel !



15.Savennières - Coulées de Serrant : Clos de la Coulée de Serrant 1996

DS17,5 - PC18 - PR17 - LG17 - MF17,5 - VM17 - JCD17 - EB17. Note moyenne : 17,3

(Carafé 10 heures)

Blonde provocante, pulpeuse, au parfum excentrique (mais séduisant) clignant de l’œil au rhum ambré ou au Whisky écossais (malt, fumée, pomme au four, vanille, banane flambée, champignons, embruns), se délassant avec suavité sans rien perdre en caractère, se reprenant sur l’acidité et l’amertume pour un rapport intense, tendu, finissant sur des notes épanouies de poivre et de gingembre.


Rappels :

a. Savennières - Coulées de Serrant : Clos de la Coulée de Serrant 1996 : Juin 2012 (LG)

DS18 - PC18 - LG18 -MS18. Note moyenne après 5h d’aération : 18

Un vin reconnaissable entre tous, déclinant ses habituels arômes baroques, extravagants : gentiane, rhum/raisin, géranium, gelée de coing, confiture de prunes, kumquat. On peut penser à un whisky tourbé ou à un cognac.

Bouche très dense, près du sol, très longue (arrière-goût réglissé bien prégnant), portée par une acidité forte et des amers de grande qualité (l’alcool de l’AOC est bien là également).

Cette “grande gueule” à la forte personnalité, souvent polémique (différente ?, oxydative ?, secouante voire brutale ?), spécifiquement sur le fil du rasoir, parfois ratée certes (la frontière entre “oxydatif” et “oxydé” n’étant quoiqu’il en soit pas simple à définir, pour de multiples raisons - le contexte, le seuil physiologique de chaque dégustateur, ses repères, attentes et croyances ...) raconte donc une nouvelle fois ce soir le chenin de manière très particulière, puissante, passionnante, sensuelle autant qu’intellectuelle.

C’est une bouteille exigeante, de gastronomie, dont l’originalité semble insensible au “qu’en dira-t-on,” qualifiant en confirmation un “grand vin de France” (comme déjà trouvé précédemment sur cette même cuvée et sur la “sélection de tries du grand clos 1996”, ainsi que sur d’autres bouteilles dans d’autres millésimes).

Je rappelle qu’il fut dégusté à l’aveugle … et déclaré remarquable à l’unanimité.

b. Savennières - Coulées de Serrant : Clos de la Coulée de Serrant 1996 : 27/3/2010 - 17,5-18/20 (LG)
Envolées aromatiques caractéristiques : marais, gentiane, géranium. Profil un poil capiteux (mais équilibré par une forte acidité), extravagant, sans oxydation pour autant, sur de superbes amers. Magnifique, dans son style (ainsi que la cuvée normale, au demeurant). Pas vraiment grand public.
c. Savennières - Coulées de Serrant : Clos de la Coulée de Serrant 1996 : juin 2005 (PC)
DS17,5/18 - PC17+ - MS17. Note moyenne 17,3


Robe dense mais plus claire que celle du 1997, or vert, beaux reflets argentés.

Nez fermé, assez réduit, profondément minéral, avec des notes salées et iodées de varech, une pointe alliacée d'évolution. Le fruit se cache.

Matière très dense, tranchante, d'une sublime profondeur minérale. L'acidité aiguisée domine les autres constituants, pourtant remarquables (l'extrait, la rondeur du fruit, la générosité alcoolique). Merveilleux il y a quelques années, ce vin s'est refermé ; long et intransigeant, il conserve un très grand potentiel.



16.Puligny-Montrachet 1er Cru "Les Referts" : Domaine Etienne Sauzet 1992

DS16 - PC16 - PR15,5 - LG16,5 - MF16,5 - VM16,5 - JCD15 - EB15. Note moyenne : 15,9

Chardonnay qui affole la boussole, « sudiste » sous le nez (amande, nougat, mirabelle, cire, jaune d’œuf) et en attaque (assez gras, lactique et finement amer), puis résolument « nordique » par son acidité, directe, intense, redonnant une vivacité et une tension plus cohérentes. Petite coquetterie « animale » qui limite la pureté de l’échantillon.


Rappel : Puligny-Montrachet 1er cru "Les Referts" : Domaine Etienne Sauzet 1992 : Avril 2009 (PC)

DS17 - PC17 - LG17,5 - PR18 - MF17,5 - MS17. Note moyenne : 17,3

Jaune pâle, reflets verts. Grand nez de chardonnay bourguignon, encore proche du fruit, éclatant, précis et disert, noiseté (ce qui oriente plusieurs d'entre nous vers Meursault). Bouche tout en sveltesse, vive et très savoureuse. Un très beau classique tout en finesse, avec la grâce particulière du millésime.







Avec le paletot de poularde des Landes façon tournedos, crémée aux morilles



17. Italie : Lessona - Tenute Sella "Omaggio a Quintino Sella" 2004

(Cadeau de Nicolas Herbin)

DS16 - PC16 - PR16,5 - LG15,5/16 - MF15 - VM15,5 - JCD15 - EB14. Note moyenne : 15,5

Joli rappel de notre formidable dégustation haut-piémontaise avec ce Lessona de fort belle allure, au grenat clair, légèrement orangé, au fumet classieux mêlant fruits, fleurs et végétal (cerise griotte, amande, Quinquina, baies rouges, feuilles froissées, poivre vert, rose), au jus séveux, jeune, dynamique, peut-être sans la profondeur ni la densité attendues, avec une forme d’austérité, de rigidité tannique même en fin de bouche…



18. Châteauneuf-du-Pape : Domaine Henri Bonneau « Cuvée Marie Beurrier » 1997

DS16,5 - PC16 - PR17,5 - LG15,5 - MF16,5 - VM16,5 - JCD17 - EB16. Note moyenne : 16,4

Robe claire (plaisir du photographe !) aux dessous rouge et brique, exhibant avec fort soutien d’acidité volatile (ce qui nuancera les appréciations des convives) la panoplie du grenache épanoui (fraise écrasée, cerise noire, peau d’orange, laurier, thym, chocolat, épices douces, touche balsamique). Bouche suave, appétante par son côté animal, viandé, conjuguant finesse et puissance, sans relâchement, un peu trop de fermeté même pour les plus sensibles qui pointent de nouveau une volatile « raidissant » quelque peu la finale.


Rappel : Châteauneuf-du-Pape : Domaine Henri Bonneau « Cuvée Marie Beurrier » 1997 : novembre 2009 (PR)

DS16 - PC16 - LG16 - PR16 - MF16,5 - MS16,5. Note moyenne : 16,2

Charme presque "rayassien" qui nous gratifie de senteurs complexes et racées de cerises kirschées, orange cloutée, figue, brou de noix, laurier, herbes de garrigue, cèdre, résine, épices orientales...

Plaisirs chaleureux dans une bouche riche, mûre, voire solaire, polie par l'alcool, sans grande subtilité tactile (légère sécheresse des tanins) : tout à fait bon, mais pas renversant, en tout cas aujourd'hui...



19. Châteauneuf du Pape : Vérilhac 1961

DS(10) - PC(10)? - PR? - LG11 - MF(11?) - VM13 - JCD14 - EB15. Note moyenne : (10,5,?)

Quinqua quelque peu décati, brunâtre, au jus affaibli, fuyant, fleurant encore bon mais timidement quelques notes de tabac blond, résine, cèdre ou encore viande séchée ; comme un chant du cygne…


20. Vin de Pays du Gard : Cos de la Belle 1998

DS17,5 - PC17 - PR16,5/17 - LG16,5 - MF17 - VM17 - JCD16 - EB17. Note moyenne : 16,8

Enchainement fort contrasté avec cet échantillon fougueux, jeune par ses éclats rougeoyants, sa fraîcheur camphrée, sa sève sanguine, tonique, aux tanins encore sauvages : de « l’élixir de syrah » (violette, olive noire, viande fumée, cassis, encre, âtre), tout en nuances gustatives, à l’équilibre si digeste qu’on en boit plus que de raison…

Rappels :

a. Vin de Pays du Gard : Cos de La Belle 1998 : Novembre 2012 à l’ouverture (PR)

DS17 - PR16,5/17. Note moyenne : 16,9

Robe rouge à peine saumonée, juvénile, plutôt sombre.

Syrah de fraîcheur et jeunesse surprenantes, claquant la violette, le cassis, l’olive noire, le lard fumé !

Vigueur structurelle tout aussi saisissante : bouche tendue, intense, délicieusement viandée, très séveuse, incitant fortement à boire autant qu’à manger… Délicieux !

Vin de Pays du Gard : Cos de La Belle 1998 : Novembre 2012 après 5h d’aération

DS17 - LG16 - FM16 - MS16,5/17. Note moyenne : 16,4

b. Vin de Pays du Gard : Cos de la Belle 1998 : Septembre 2008 à l’ouverture (PR)

DS16,5/17 - PR16,5 - CD16. Note moyenne AM : 16,4

Robe là aussi encore jeune par sa couleur rubis intense. Particules noirâtres en suspension. Registre plus aérien et plus frais que l'échantillon L2 : cassis, groseille, violette, rafle, ronce, viande, fumée. Cette spontanéité et cette classe évoquent sans hésitation une belle Côte-Rôtie. Bouche au jus réjouissant, fin, digeste, gorgé de qualités : acidité, matière, structure, longueur... ainsi qu'une forme remarquable pour un languedocien de 10 ans d'âge, aux apparences encore juvéniles. Indiscutablement une réussite exemplaire pour la région.

Vin de Pays du Gard : Cos de la Belle 1998 : Septembre 2008 après 5h d’aération (MF)

DS16 - LG14,5/15 - MS15,5/16 - MF14,5. Note moyenne : 15,3

Son alter ego avec un an de barrique en moins laisse apparaître au nez des notes de tabac blond ainsi qu'un fin toasté. Il est peut-être plus retenu de prime abord, mais d'une grande profondeur. La matière est toujours aussi belle, portée par une acidité plus marquée lui conférant un tout petit supplément de finesse, mais un peu moins de gourmandise à mon sens, même si l'ensemble reste juteux et savoureux. Là encore un vin que l'on a envie d'avaler autour d'un bon repas : une autre belle réussite !!

c. Vin de Pays du Gard : Cos de la Belle 1998 : 18/03/2005 (PC)

DS17 - MS17 - PC16,5. Note moyenne : 16,8

Quelle densité dans cette robe mate, opaque jusqu'au pourtour du verre ! Nez à nouveau très expressif, puissant, pur, vraiment typé syrah (cassis, fumé, olive noire), avec plus d'impact, de richesse fruitée que dans le 1997, mais peut-être moins de délicate et orientale complexité. Très belle chair dès l'attaque, beaucoup de vie, de sève, des tannins grenus mais gras et pleins, de la fraîcheur, une finale particulièrement juteuse.

d. Vin de Pays du Gard : Cos de la Belle 1998 : Mars 2001 - 15,5/20 (PC)

Robe noire, bords violacés très minces. Nez intense, très mûr (mûre, cassis, myrtille), violent mais bien défini, avec des notes minérales et florales (lourdes, décadentes, d'iris en fin de floraison). Matière très dense, ample et structurée, beaucoup de fruit, avec des saveurs minérales, épicées et balsamiques puissantes, viriles, prometteur mais bourru et batailleur en l'état.

e. Vin de Pays du Gard : Cos de la Belle 1998 : Février 2000

PC16 - PP16 - DS16- LG16-17 - Note moyenne : 16,1

Nez intense, ouvert et agréable de violette et d'épices douces. Une bouche prometteuse (elle est encore simple) mais déjà particulièrement gourmande, ample et de bonne longueur, équilibrée, fine et fraîche. Une belle réussite pour ce domaine récent.



21. Hermitage : Domaine Sorrel 1990

DS(14) - PC(12)? - PR14,5 - LG15 - MF(14?) - VM16 - JCD14,5 - EB17. Note moyenne : (14,6?)

Dégustation étonnamment déclinante : appétissant à l’ouverture (belle robe grenat à peine orangée, bouquet accueillant – cerise noire, cassis, viande lardée, tabac, cèdre –, finesse et fraîcheur de jus), le vin rentre peu à peu dans sa coquille, fragile, comprimé, légèrement poussiéreux, finissant même sur un ton acariâtre. Il fallait le boire cul sec ;-)…


Rappel : Hermitage : Domaine Sorrel 1990 : Novembre 2001 ( LG)

DS14-13,5 - PC14,5 - PP14,5 - LG14. Moyenne : 14

Nez minéral, notes réglissées. Ici encore, ce vin de l'Hermitage ne concède que peu de sa classe potentielle : belle structure fraîche et austère, puissance, pour un vin réservé qui ne semble pas encore être totalement sorti de sa gangue. Par rapport aux Châteauneuf-du-Pape dégustés à profusion lors de ce voyage, on est sensible à la retenue alcoolique.



22. Hermitage : Domaine Chave 1995

DS17,5 - PC17 - PR17 - LG17 - MF17,5 - VM17,5 - JCD16 - EB18.  Note moyenne : 17,2

Vétéran par l’image (orange bruni, dépôt abondant) mais pourtant fort distingué, au parfum sanguin, fruité, épicé, exprimant tant le cassis frais, la cendre, le poivre ou l’encre de seiche, au jus « vertical », pénétrant sans jamais n’être strict, se posant en bouche avec une précision millimétrée, de l’intransigeance mais ce qu’il faut de soyeux. Equilibre d’une grande justesse, peut-être sans la puissance « attendue », mais le plaisir gustatif est intense, l’avenir sans aucun doute radieux…


Rappel : Hermitage : Domaine Chave 1995 : Janvier 2005 (PC)

DS17,5+ - PC18. Note moyenne du groupe : 16

La robe redevient plus sombre, avec des nuances brun-rouille.

Nez très profond, cohérent, beaucoup de fruit, des nuances minérales fumées et camphrées adoucies par une touche florale charmante.

Fruit frais, intense, cohérent, d'une grande jeunesse ; plénitude de la matière et longueur de la structure. Un grand vin de plaisir et d'avenir, absolument dénué de la dureté tannique souvent caractéristique des syrahs rhodaniennes de ce millésime.



23. Pomerol : Château Le Pin 1994

DS16,5/17 - PC17/18 - PR17 - LG18 - MF18 - VM17 - JCD15 - EB17. Note moyenne : 17

Millésime modeste mais expression émérite : nuances colorées intenses (de l’orange au brun), sève racée, juteuse, veloutée, à la richesse flatteuse pour un 94, porteuse d’un message aromatique éclatant et complexe (boîte de cigare, cèdre, cuir, tabac blond, terre, sous-bois, menthe) aux légères intonations méditerranéennes de résine…de pin, bien-sûr !!!…



24. Pauillac : Château Mouton Rothschild 1986

DS17,5 puis 16,5 - PC16 - PR16 - LG17 - MF17 - VM18 - JCD17 - EB17.  Note moyenne : 16,9

Pauillac par sa rigueur, la fermeté de sa bouche, la fraîcheur un brin végétale du nez, au corps et aux arômes un peu serrés (maturité peu démonstrative…), mais avec cet aspect séveux et racé des grands cabernets sauvignons, une jeunesse de parfums et de couleur (rouge tout juste infléchi) qui évoquent de belles origines… Fallait-il pour autant l’attendre si longtemps ? La question se pose ce soir…


Rappel : Pauillac : Château Mouton Rothschild 1986 : Mai 2003 (LG)

DS18 - PP16,5 - PC17 - LG16,5+ - VM17. Note moyenne : 17

Robe intense, brillante, d'un violacé très juvénile.

Nez expressif, dense, jeune, encore marqué par le bois. Notes solaires, fruitées (cassis), épicées, mentholées. Le verre vide dégage des notes de vanille encore prononcées.

La bouche partage les dégustateurs. Certains lui trouvent une densité et une race incomparables, du potentiel et en même temps un charme immédiat. Ils le situent clairement au niveau d'un premier cru bordelais exceptionnel (rappelons la note de 100 chez Parker). D'autres le trouvent certes imposant, massif, plein de potentiel, mais également peu typé (on a pensé à des cabernets américains, du style de ceux produits chez Ridge, voire italiens - supertoscans), à la limite de l'exubérance aromatique par la maturité de son fruit. On peut alors rétroactivement apprécier le classicisme et la retenue plus orthodoxe du Las-Cases 1986.



25. Italie - Barolo : Luciano Sandrone "Cannubi Boschis" 1997

DS16 - PC16,5 - PR16,5/17 - LG16,5/17 - MF16,5 - VM17 - JCD14 - EB15 . Note moyenne : 16,1

Tanné, bruni par les années, sombre, au fruit alangui, confit mais pur (cerise kirschée, amande, mandarine, confiture de fraise, épices, viande séchée), maturité solaire, pulpeuse, tanins abondants mais fondus dans la chair, caresse veloutée : un vin encore jeune (démontrant une belle stabilité avec l’âge), où alcool et fraîcheur s’unissent sans se heurter.


Rappels:

a. Italie - Barolo : Luciano Sandrone "Cannubi Boschis" 1997 : Janvier 11 (LG)

DS16 - PC16 - LG15 - MS16. Note moyenne : 15,8

Robe dépouillée, grenat orangé lumineux. Nez un peu poussiéreux au premier abord, qui s'ouvre avec subtilité, sur des notes assez « orientales » d'épices, d'encens, d'agrumes et de viandes séchées... Assez dense en bouche tout en restant fluide, délié. Malgré une grande suavité, un fruit aux accents de surmaturité, confituré, la saveur parvient à rester franche, encore assez jeune.

b. Italie - Barolo : Luciano Sandrone "Cannubi Boschis" 1997 : Janvier 2010 (LG)

DS12 - PC(12/13) - LG(12) - MS13,5 - MF13. Note moyenne : 12,5

Abords hasardeux pour une configuration curieuse, boisée, pharmaceutique, en creux. Il y a très certainement eu inversion de carafe (avec Beringer) et la couleur orangée, le goût de châtaigne, le mordant de l’acidité et des tannins aideront à le déterminer avec plus de certitude.

c. Italie - Barolo : Luciano Sandrone "Cannubi Boschis" 1997 : 06/10/09 (PC)

DS16 - PC16 - LG15,5 - MS16,5/17. Note moyenne : 16,1

Robe solaire, évoluée, bordure brune. Nez de belle ampleur, confit, un peu lactique, puis à l'aération davantage fruité et épicé. Bouche suave, juteuse, veloutée, saveur d'amande et de cerise confite ; plus de finesse structurelle que dans le vin de R. Voerzio, mais une présence alcoolique très importante, vraiment solaire...

d. Italie - Barolo : Luciano Sandrone "Cannubi Boschis" 1997 : 14/10/05 (PC)

DS17 - PC16,5 - MS17 - JP17. Note moyenne : 17

Robe dense, brunie, qui paraît évoluée.

Le nez est plus frais que ne la robe ne le laisse supposer, complexe et fondu, avec une captivante floralité qui monte à l'aération, complétée par des notes épicées et viandées.

Le fruit est encore plus expressif en bouche qu'au nez ; on ressent beaucoup de fraîcheur malgré sa maturité confiturée. La trame, très suave et élégante, assez souple pour un Barolo, est assez bourguignonne dans l'esprit. Énormément de charme et d'ampleur, mais apparemment moins de typicité dans les arômes et la structure que dans d'autres vins goûtés ce soir, y compris parmi les "modernistes".

e. Italie - Barolo : Luciano Sandrone "Cannubi Boschis" 1997 : 23/01/03 (PC)

DS15 - PP14 – PC14 – LG14,5 – JP14 – TK14,5. Note moyenne : 14

Aspect dense avec quelques reflets orangés.

Nez intense mais assez simple : cerise, tabac, pointe viandée (viandox, sauce soja).

Le fruit apparaît nettement confit, solaire, confinant au caramélisé, avec des saveurs assez prenantes de cachou et de goudron ; la finale semble un peu mince, avec de la chaleur et une acidité volatile marquée.



26. Alsace : Domaine Deiss - Burlenberg Pinot Noir "Vieilles Vignes" 1997

DS(15?) - PC(15)? - PR15,5 - LG16 - MF(15?) - VM16,5 /17 - JCD15 - EB15. Note moyenne : (15,4?)

Evolution tertiaire prononcée, visuellement obscure, brune, à l’équilibre « étrange » opposant arômes séculaires presque « exotiques » (Coca, Viandox, bouquet garni, ronces, fumée, peau d’orange, cerise confite, épices) et bouche assez ferme, légèrement amère et fraîche malgré l’impression d’alcool. Des nuances, certes, mais un vin, bien que marqué par le temps, pas vraiment apaisé.

Rappels :

a. Alsace : Domaine Deiss - Burlenberg Pinot Noir "Vieilles Vignes" 1997 : Novembre 2009 après 5h d’aération (PC)

DS(15) - PC(14) - LG(15) - MF(15,5). Note moyenne : (14,9)

Robe terne, très évoluée. Nez tertiaire qui restera, malgré de puissantes tentatives d'aération, encombré par une odeur organique/animale (bouillon Kub) masquant le fruit. Belle matière déliée et généreuse, fumée, chaleureuse aussi, mais manquant de fraîcheur et surtout de netteté aromatique.

b. Alsace : Domaine Deiss - Burlenberg Pinot Noir "Vieilles Vignes" 1997 : 12/11/08 (LG)

DS17,5 - PC17,5/18 - LG17 - MS18 - MF17,5 - EG16,5 - CD17 . Note moyenne : 17,3

Nez initialement réduit qui se clarifiera avec bonheur en dégageant de manière racée et avenante (comme chez Leroy ?) un fruit bouqueté, spontané, disponible, nuancé, juteux. On ne se lasse pas de ce bel ensemble complexe (fondu), floral en diable.

Matière soyeuse, fine, guillerette, à la fois sensuelle et sauvage (havane, épices, réglisse). On devine un taux d'alcool plus élevé, plus conforme au millésime 1997.

Un vin de grande qualité, offert mais tenu, qui vous accompagne gracieusement de bout en bout. Alors bien sûr, cette noble matière déliée est à son apogée (mais elle semble l'optimiser) et nous n'oublions pas qu'elle profite d'une mise en situation (parmi des vins plutôt acariâtres, tantôt intrinsèquement durs, tantôt fermés à double tour) dans laquelle elle exprime avec bonheur une élégance très "vosnienne". Encore une fois, les vins de Deiss peuvent parfois se hisser très haut.

c. Alsace : Domaine Deiss - Burlenberg Pinot Noir "Vieilles Vignes" 1997 : 12/1/01

Note moyenne : 14,5

Robe foncée, tirant sur le noir (ce qui n'est pas habituel pour les vins de pinot noir produits dans ce fief des vins blancs). La plus foncée de tous les vins bus ce soir.1er  nez légèrement réduit. 2ème  nez assez complexe, avec ses notes de cerise, de suie, de fumée, complétées par des notes épicées (poivre, muscade).La bouche est plutôt concentrée (eu égard à l'origine du vin), offrant des notes marquées d'épices, de fruits à l'eau de vie (cerise). Elle s'avère étrange, mais manque de charme et de finesse. Elle est enfin brute (brûlé, alcool) et abrupte (petite longueur).



27. Pommard 1er Cru "Les Rugiens" : Domaine Hubert de Montille 1995

DS17 - PC17 - PR17,5 - LG17 - MF17 - VM16,5 - JCD16,5 - EB16. Note moyenne : 16,8

Version plus subtile et souveraine du grand pinot noir, flattant le regard par son dégradé brique translucide, effleurant le nez (avec un rien de pudeur) par ses fragrances distinguées (cerise, amande, fleurs séchées, zeste d’orange, notes terriennes et animales) ; bouche plus affirmée, avec les appâts des meilleurs (élégance, finesse tactile, équilibre aérien), mais aussi une certaine autorité, une matière serrée qui, sans brider la classe de ce grand vin, le prive un peu de faveurs hédonistes…

Rappel : Pommard 1er Cru "Les Rugiens" : Domaine Hubert de Montille 1995 : Novembre 2007 à l’ouverture (PR)

DS17 - PR17 - CD17,5. Note moyenne : 17,2

Robe fluide, assez colorée, aux traces d’évolution plus sensibles : ensemble brique aux reflets brunâtres…

Nez aussi complexe que captivant, sur une affirmation première d’arômes animaux et terreux puissants, sur les feuilles mortes, le fumé, puis dévoilant progressivement son fruit : cerise, purée de fraise, noyau, amande amère.

La bouche, plus spontanée, s’exprime avec une franchise immédiate. On reste sous le charme tant de sa texture fine et serrée à la fois (quel jus !), que de sa noblesse de tanins, sa palette aromatique à l’identité tertiaire complexe, mais d’où surgit encore un fruit vaillant et rafraîchissant…

Pommard 1er Cru "Les Rugiens" : Domaine Hubert de Montille 1995 : Novembre 2007 après 5h d’aération (PC)

DS17,5 - PC17 - LG17,5 - MS17. Note moyenne :17,3

Robe assez dense, présente, montrant de beaux dégradés. Nez ouvert, avenant et subtil, exprimant un fruit plein, encore jeune, un grand pinot mûr (framboise, betterave) aux nuances profondes, terriennes, évoquant le camphre ou le quinquina. Bouche riche, dense, carrée, généreuse, alliant solidité, subtilité et gourmandise ; c'est un soulagement de retrouver ce grand Rugiens accompli après trois vins revêches (98, 96) ou déséquilibrés (97).



28. Châteauneuf-du-Pape : Domaine Les Cailloux 1995

Echantillon bouchonné


Rappel : Châteauneuf-du-Pape : Domaine Les Cailloux 1995 : Novembre 2010 (DS)

DS17,5 - PC17 - MS17 Note moyenne : 17,2

Robe claire, pointe orangé.

Nez de brou de noix (comme sur Rayas), cacao, fraise, maquis, viande rôtie, rose, laurier, olive.

La bouche est d’un naturel confondant : gourmande, veloutée, fruitée, presque figuée, excellente fraîcheur et grande finesse. Pas très loin du plaisir de Rayas… (mais pas le 1995)



29. Corton-Bressande Grand Cru : Domaine Chandon de Briailles 1990

DS13 - PC12 - PR15 - LG15,5 - MF15,5 - VM16,5 - JCD16 - EB15. Note moyenne : 14,8

Pinot solaire, rouge, obscur, plus confit que vaporeux, forçant un peu le trait dans les arômes et la maturité sucrée en bouche, non sans sérieux de constitution (structure ferme, matière dense, profonde, jeune, fraîcheur camphrée), mais sans cette petite mélodie gracieuse que le cépage est capable de jouer avec virtuosité…



30. Bandol : Domaine Tempier "Cuvée Spéciale Cabassaou" 1996

DS16,5 - PC16 - PR15,5 - LG16,5/17 - MF16,5 - VM17,5 - JCD15,5 - EB16. Note moyenne : 16,3

Vin plus « domestiqué » qu’il y a 3 ans (cf rappel), de robe brique un peu terreuse, au cadre tannique strictement ajusté mais tolérant davantage de délié, de sève, proposant au final une chair sapide, fine, respirant la garrigue à pleins poumons (herbes de Provence, romarin, tapenade, résine, cendre, zeste d’orange, fraise cuite, pruneau), avec juste une petite tendance à l’eucalyptus qui en limite la distinction. Mais pour le reste, le potentiel est encore saisissant…

Rappel : Bandol : Domaine Tempier « Cuvée Spéciale Cabassaou » 1996 : Novembre 2009 (PR)

DS16,5 - PC16,5 - LG(15+) - PR16 - MF16 - MS16,5. Note moyenne : 16,1

Effluves denses, fougueux, signant une puissance mûre et sauvage de garrigue, ronciers, graphite, cassis, fraise écrasée, remarquablement jeune.

Même impétuosité en bouche avec une chair brutale, concentrée, puissante, à la limite de la violence (ça tabasse !), avec donc certains excès (alcool, sucre), des tanins marqués, mais une énergie étonnante, une forme de détermination, de force imperturbable qui ne peut qu'impressionner...











Avec les fromages







31.Sancerre (Chavignol) : Domaine Gérard Boulay "Clos de Beaujeu" 2002

DS15,5/16 - PC(15) - PR15,5 - LG16 - MF15 - VM16 - JCD15 - EB17. Note moyenne : 15,7

Un Chavignol en tenue bicolore (jaune et vert), à l’énoncé gentillet, tendre, gourmand, aux parfums mûrs mais primaires (fruits pochés, frangipane, Reine Claude, fruits de la passion, agrumes, pomme verte), au déroulé linéaire ; l’aération lui aurait sans doute offert une extraversion plus nuancée puisque les verres, tout en se vidant, affichent plus de subtilité et de caractère…


Rappel : Sancerre (Chavignol) : Domaine Gérard Boulay « Clos de Beaujeu » 2002 : Mai 2010 à l’ouverture (PR)

DS16,5/17 - PR16,5 - CD16.Note moyenne : 16,4

Robe paille, légèrement verte, lumineuse (qui ne dénote pas dans la série...).

Forte présence de pomelo, de menthe fraîche, d’anis (certains piliers de comptoir évoquent le « Perroquet », d’autres le Ricqlès !), mais aussi de craie humide, d’herbe coupée, de fruits blancs, enfin de framboise, de fraise ! Un bien joli nez, très jeune, que l’ensemble des dégustateurs pointe rapidement comme un pirate (après l’erreur du magnum, l’honneur était en jeu !)... Ceci dit, le sauvignon n’est pas signé de ses expressions variétales classiques et pour ceux qui ne connaissent pas Chavignol, pas facile d’y mettre un nom...

La bouche n’est pas en reste... Mariant douceur (pointe de sucre) et vigueur (socle acide et minéral puissant, similaire à certains échantillons chablisens), elle fuse avec précision et finesse. Cette double sensation de gourmandise et de rigueur offre un équilibre remarquable, une énergie, un caractère bien particulier lesquels, avec le poids, la jeunesse et la longueur du vin, le placent en très bonne place dans cet échantillonnage de Grands Crus.

Sancerre (Chavignol) : Domaine Gérard Boulay « Clos de Beaujeu » 2002 : Mai 2010 après 5h d’aération (LG)

DS16,5/17 - PC16 - LG16,5 - MS17. Note moyenne SOIR :16,6 (LG)

Robe pâlotte. Un profil différent s'exprimant sur des senteurs de citron vert, de résine, d'anis, de miel. Insolites (mais déjà repérées) notes "rouges" : pétale de rose, eau de vie de framboise.

Bouche puissante, parfumée, de belle tenue (attaque grasse, suite tonique). Sa rémanence est agrémentée d'une trace de sucre résiduel qui amabilise grandement l'expression. Un vin qui tient la route, dans cette série de Chablis.

Il était intéressant de glisser ce vin de Kimméridgien dans cette série : si loin, si proche ...



32. Vin de Table (Chavignol) : Domaine François Cotat "Les Culs de Beaujeu" 2002

DS17,5 - PC16,5 - PR18 - LG17 - MF17 - VM17,5 - JCD17 - EB17.  Note moyenne : 17,2

Fort de cette précaution de carafage (10h, tout de même…), le Chavignol de François Cotat brille de mille feux : épanoui, sublime, céleste, il cumule les superlatifs… Parfums radieux de fraise des bois, poire tatin, fruits pochés, caramel, tilleul, anis, matière sexy en diable, à la fois fine, veloutée, gourmande et précise, elle s’évase en bouche puis finir en queue paon. Majestueux…

Rappel : Vin de Table (Chavignol) : Domaine François Cotat "Les Culs de Beaujeu" 2002 : Juin 2012 à l’ouverture (PR)

DS16,5/17 - PR16,5+. Note moyenne : 16,6

Aspect très proche de la Grande Côte, brillant, verdâtre, toujours en « demi-épaisseur ».

Nez un peu emprunté, faute au soufre (on commençait pourtant à l’oublier…), heureusement de passage… Suite plus variétale, herbacée, citronnée, anisée, avec quelques intonations de fraise.

Une bouche qui nous en fait voir de toutes les couleurs, d’abord austère, vive, percutante, avec ce côté acide et herbacé du cépage ; puis le vin s’apaise, prenant de l’assurance, de la densité, révélant peu à peu un caractère de fruits rouges très excitant. Finale toujours aussi impeccable, précise, persistante, laissant la bouche parfaitement propre, prête à y revenir…

Une série de 2002 de très haut vol qui nous laisse enfin entrevoir l’éclat magistral que le temps offre aux vins de François Cotat… Et qui rend aussi incompréhensible que ridicule le refus d’agrément à l’AOC de ces 3 vins, sans aucun doute parmi l’élite absolue de la région…

Vin de Table (Chavignol) : Domaine François Cotat "Les Culs de Beaujeu" 2002 : Juin 2012 après 5h d’aération (LG)

DS16,5 - PC16,5 - LG16 - MS17 - MF16,5/17. Note moyenne : 16,6

Nez ouvert mais relativement simple sur les fleurs blanches et les agrumes mûrs. La bouche revêt un caractère cistercien au travers d’une expression crayeuse et réservée. D’élégants goûts floraux s’expriment dans une belle finale à la sapidité intéressante.




33.Vouvray : A Foreau "sec" 1976

DS14 - PC14 - PR14 - LG14 - MF14 - VM14 - JCD14 - EB16. Note moyenne : 14,3

Sévère contraste (malgré le charme ambré de la robe…) avec ce Vouvray intransigeant, raidi par son acidité, à l’évolution tertiaire cohérente (crème brûlée, pomme cuite, cire, malt, zeste d’orange, Cognac, pain d’épices, rancio sur la noix, le cep séché) mais d’expression un peu abrupte, avare de plaisirs…







34.Jurançon : Clos Joliette 1984

DS16 - PC14,5 - PR16,5 - LG16,5 - MF16,5 - VM17 - JCD16,5 - EB17.  Note moyenne : 16,4

Vin toujours mystérieux, capricieux, livré ici sans la magie qu’on attend souvent de lui, mais toujours avec son caractère attachant, tourbillonnant, volontaire, foncièrement savoureux (à la fois doux, acide, salivant, fin), avec ce discours aromatique peut-être pas très net aujourd’hui (pointe de champignon), mais encore une fois si prolixe et évolutif qu’on finit toujours par ne parler que de lui… Mangue séchée, citron confit, ananas, zestes d’agrumes, tourbe, Whisky, truffe vont et viennent avec l’air, et nous voici encore une fois discourir sur ce vin devenu presque un mythe…



Rappel : Jurançon : Clos Joliette 1984 : 16/6/2002 (PC)

PP15,5 - DS15,5+ - PC(14-15). Note moyenne : 15,2

Premier nez liégeux, cette impression laisse progressivement place à un bouquet typé et puissant : notes alliacées, un peu de truffe, miel, cire, citron…

On regrette d’autant plus le soupçon de pollution aromatique (liège, carton mouillé), que la bouche se montre vibrante, portée par une acidité aérienne, avec de beaux amers élégants en finale (pamplemousse, zeste de citron), peu de sucre résiduel perceptible.



35.Arbois : Vin Jaune Domaine Jacques Puffeney 1990

(12 ans de voile)

DS18,5 - PC18,5 - PR18,5 - LG18,5 - MF18,5 - VM18 - JCD17,5 - EB17,5. Note moyenne : 18,2

Auguste vin jaune, or cuivré, magnifique d’équilibre au nez (entre rancio et fruits) comme en bouche (entre puissance et finesse), sphérique, magistral, se buvant avec appétit (appelle la célèbre poule locale…), sans aucune saturation, long, indestructible, tapissant la bouche comme le nez de parfums enivrants de morille, safran, curry, noix, mirabelle, pomme cuite… Un très grand numéro, impeccable, comme d’habitude, avec le vieux comté…

Rappel : Arbois : Vin Jaune Domaine Puffeney 1990 : Décembre 2000 (PC)

Note moyenne : 16,8

Couleur dorée très intense, grande viscosité dans le verre. Le nez très riche (beurre, caramel, mousseron, noix sèche) parvient à rester délicat et pur.

La bouche s'exprime dans un registre riche mais droit et précis, la matière est plus concentrée que celle des autres vins jaunes ; la finale, soutenue par une forte acidité, laisse derrière elle des arômes de camphre et de bois brûlé.



Avec la forêt noire revisitée



36.Maury : Mas Amiel 1994

DS15,5 - PC15 - PR16 - LG15,5 - MF15 - VM16 - JCD15 - EB16. Note moyenne : 15,5

VDN classique, doux, suave, légèrement alcooleux, mais exprimé avec justesse, au rancio subtil cohabitant adroitement avec un fruit toujours jeune et bien valorisé ; belles nuances au regard (orange, brique, brun), au nez (du fruit confit à l’ardoise chaude) et en bouche (entre langueur et croquant).



37.Porto: Burmester Late Bottled Vintage 1982

(Mise en bouteille en 1986)

DS14 - PC14 - PR? - LG15 - MF14,5 - VM15,5 - JCD15,5 - EB16. Note moyenne : 14,9

Personnellement sensible à l’alcool, en plus épuisé par le repas comme l’heure tardive, j’ai eu beaucoup de mal à apprécier ce vin copieux (jusque dans la robe, brunâtre, parsemée de flocons noirs), compoté, ardent, puissamment alcoolisé et saturant (très cerise au Kirsch, avec au passage un soupçon de vernis…). Muqueuses enflammées, je n’ai pas pu le boire…






Il est 5h du matin…




37 bouteilles merveilleuses, un repas parfaitement adapté : Didier nous a plus que généreusement gâtés…

Moment rare, comme la plupart de ces vins, laissant l’impression d’avoir été privilégié.

Tellement magique que je me demande s’il me sera possible un jour de revivre un tel festin…

Merci Didier !





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