2008_05_03 Repas degustation Pierre Citerne

Repas chez Pierre – 3/5/08

Didier, Miguel

 

 

1. Champagne Pommery Louise 1980 : 15,5/20 – 3/5/08

Pas mal d’évolution, du citron, un aspect empyreumatique (fumée). Matière un brin fragilisée mais qui sait rester dynamisante (elle est parfaite pour l’apéritif, en précédant le beau Nicole Moncuit VV 1990, plus en place que le VV 1988 bu la semaine précédente, puis le sublime Bollinger RD 1988).

 

2. Champagne Bollinger RD 1988 (dégorgé le 29/6/1999) : 18/20 - 3/5/08

Magnifique olfaction, vitale (encore un peu réticente), épicée, avec en particulier de nobles senteurs d’orange et de morille. Bouche de forte constitution, possédant une énorme réserve. Un must, encore dans sa prime jeunesse. Pensé Bollinger 1996 ou 1988.

Rappels :

a. Champagne Bollinger RD 88 (dégorgé début 2002) : 16,5/20 – 19/9/03

Beau champagne vineux (72% de pinot), dense, viril. Equilibré, long et bulle parfaitement intégrée.

En repensant à Salon 82 bu il y 15 jours, cette cuvée s'avère ici plus puissante qu'élégante 16,5/20

b. Champagne Bollinger RD 1988 - Dégorgé en 1999 : 24/5/03

DS15,5/16 - PP15,5 – PC17+ - LG15,5+ - VM15/15,5.

-          Robe plus jeune.

-          Le nez dégage des notes friandes de chocolat (blanc, au lait et noir), d'orange, d'iode, de morille.

-          En bouche, la bulle se fait plus présente, remplissant la bouche dans un ensemble nerveux et encore austère, peu loquace. A attendre impérativement. Un champagne

 

3. Champagne Moncuit Cuvée Nicole Moncuit VV 1990 : 17/20 – 3/5/08

Très producteur champenois (plus que grande maison). Senteurs de classe et complexes : minéral, coquillage, agrumes, pêche, champignons, épices. Du charme, de l’énergie et de la tenue ainsi qu’une jeunesse préservée. Ragaillardissant !

 

4. Fabienne Cottagnoud Amigne de Vétroz flétrie Confidenciel 2004 : 17,5/18 – 3/5/08

Notes appelantes : passion, abricot, rose, orange, noix de coco, ananas rôti. Grande justesse (on peut penser à une grande cuvée du château Haut-Bergeron). Pur, juvénile, fin. Un très beau fruit dodu mais équilibré, à la manière des Petite Arvine grain noble de Marie-Thérèse Chappaz

 

5. Yarden Gewurztraminer Heightswein 2004 : 17/17,5 - 3/5/08

Notes un peu oxydées de zeste, de citron vert, de muscat, de baklava. Pureté d'arômes pour un goût qui se prolonge plus qu'honorablement (et sans ce relâchement coupable parfois reproché au cépage, y compris chez les meilleurs vignerons alsaciens).  Un vin bluffant, produit sur le Golan (cryoextrait ?) qui nous a fait pensé à un muscat naturellement doux espagnol (Casta Diva). Il rivalise allègrement avec le très beau (et rare) vin de Fabienne Cottagnoud (amigne de Vétroz flétrie Confidenciel 2004).

 

6. Quarts de Chaume Château de Bellerive 1961 : 16,5/20 - 3/5/08

Notes de suze, d'orange, de cachou, de champignon. En bouche le sucre estompé rend cette liqueur discrète mais cohérente et fraîche. Evolution très respectable. Je verrais bien un vieux Vouvray. Le vin souffre selon moi du voisinage avec Coutet 1950.

 

7. Barsac Château Coutet 1950 : 17,5/20 - 3/5/08

Robe très brunie. Inattendus mais séduisant effluves alléchants de confiture de framboises, de fraises écrasées, de pruneau, d'épices, de fleurs. En bouche, le prolongement est serein, soyeux, particulièrement gourmand. Aspect atypique, improbable, mais qui ravit mon palais (bel accord sur le foie gras).

 

8. Meursault Narvaux D’Auvenay 2000 : (16/20) – 3/5/08

Une bouteille donnant des senteurs de beau chardonnay (le triplet classique végétal, minéral, agrumes), avec du citron et de la verveine. Bouche concentrée mais qui n’étincelle pas comme attendu (pas d’émotion particulière, comme celle trouvée sur le très grand vin bu dans le grand Ouest en mai 2006). Matière pas au niveau du cru, pas assez grasse, étonnamment nerveuse (pensé aussi à un moment à un villages 2002 de Roulot). En goûtant un fond de vin le 6/5/08, on est tenté de songer à l’aligoté du domaine ?! (le vin présente ici une collerette grise).

Rappel : Meursault Narvaux Auvenay 2000 : 18,5/19 – 13/5/2006

Un nez balsamique et fruité, très singulier, énorme : herbes aromatiques, poire au sirop, citron brillant, pêche, mirabelle, curry. Bouche puissante mais de cristal, d’une incroyable finesse persistante (le verre vide conserve très longtemps ces senteurs indélébiles). On a pu penser à un Chevalier-Montrachet en raison de ce côté essence de raisin et de sol.

 

9. Château de Saran - Vin nature de Champagne BdB années 1970 : 16,5/20 - 3/5/08

On va dire ici qu'il s'agit d'un vin tranquille produit par Moët et Chandon (le flacon porte la même étiquette que Dom Pérignon et a une forme proche). Nez cédant de belles senteurs de raisin sec, de crème catalane, de jaune d'oeuf, d'agrumes (zeste d'orange), d'épices (bel accord au passage avec le plat préparé par Pierre : pâtes, tricholomes de la St-Georges (mousserons), ris d'agneau, asperges). Bel ensemble tenu, aux saveurs évoluées, avec une acidité soutenue. Je pense alors à un vieux Corton-Charlemagne.

10. Château Grillet 2002 : 18/20 – 3/5/08

La magie opère de nouveau dans une expression racée, si particulière avec son côté iodé et ses senteurs de crème pâtissière, de miel, de réglisse, sans oublier le camphre. Aspect floral (jasmin en tête, fleur d’oranger, violette) complété par cette distincte et raffinée touche d’abricot propre au cépage. Finale saline, comme il se doit.

Bouche impériale, tout en rectitude sapide (sans exclure  le gras), très persistante. Un formidable vin de gala, à nul autre pareil. Il est réjouissant de retrouver ce vin si singulier (issu d’un millésime difficile) à ce niveau, sûr de lui et sans ostentation.

Rappel :

Château-Grillet 2002 : 16+/20 – 21/6/07

Robe brillante aux reflets verts. Nez délicat, bien mûr, avec un poil de réduction (où est-ce le terroir et/ou l'élevage ?), d'influence marine. Il transporte des senteurs intéressantes d'iode, de fleurs, d'amande, d'agrumes, de minéral. Bouche grasse, dense, fine, qui annonce sa classe sans tapage (car le vin n'est pas prêt à boire) par une longueur certaine. Il n'y a pas d'explosion gustative mais un fuseau bien dirigé, aux goûts nets (aux flaveurs décelées au nez s’ajoutent des notes de fruits blancs, de réglisse, de guimauve et de rose propres au cépage, mais ici sans aucun caractère variétal). Boisé (légères notes lactées) et alcool bien dosés. La cohérence entre le nez et la bouche est remarquable. On commence dès le premier vin à deviner la spécificité attachante de ce cru.

 

11. Pessac-Léognan Domaine de Chevalier 2001 : 16/20 – 3/5/08

Une belle bouteille, ni trop variétale ni trop boisée. Un message congruent, harmonieux, ne singeant ni la Loire ni la Bourgogne.

12. Cornas Marcel Juge cuvée SC 2001 : 16,5/20 – 3/5/08

Je n’avais jamais eu l’occasion de goûter un vin de ce producteur. On a là une expression de caractère mêlant des senteurs de cassis, de minéral, de fumée, de sang, d’encre, de vendange entière (rafle). Le vin se développe puissamment dans un registre très sérieux, d’une belle austérité (qui peut évoquer celle d’un Chinon). Un vin de terroir et une étiquette (très « Superdupont ») qui stipule sobrement (« produit français »).

 

13. Naïma Viticoltori De Conciliis (Paestum IGT) 1999 : 14,5/20 – 3/5/08

Vin de Campanie, cépage Aglianico. Le type de cuvée régulièrement citée par l’excellent guide Gambero Rosso. Nez boisé, plutôt ingrat concédant des senteurs de colle, d’amande, de cerise, de chocolat, de farine de châtaigne. Bouche brusque, acide, tannique (cépage oblige), impliquant pas mal d’alcool. Un style farouche très transalpin, vraiment pas évident à déchiffrer (mais dans mes repères, le plaisir et l’harmonie ne sont pas au rendez-vous).

Cépage un peu mieux apprécié sur un vin du Basilicate (Aglianico del Vulture Paternoster Rotondo 1998). Impression similaire pour un autre vin de Campanie (Falerno del Massico Villa Matilde Vigna Camarato 1997).

 

14. VdT Toscana Montevertine Le Pergole Torte 1995 : 13,5/20 – 3/5/08

J’attendais depuis quelque temps d’ouvrir ce beau flacon, très réputé (avec une étiquette magnifique). Hors appellation Chianti car le vin ne met en œuvre que du pur Sangiovese. Nez « italien », acidulé (griotte, amande), animal (marinade de lapin), tabac. Bouche brutale, alcooleuse, aux tannins bien féroces, chahutée qui plus est par de l’amertume et de l’acidité. Il faudrait regoûter le lendemain. Une difficulté d’appréciation culturellement signifiante ?


15. Echézeaux Vincent Mongeard Vieille Vigne 1990 : 16,5/20 – 3/5/08

Nez peu réticent issu d’un pinot mûr et corpulent : rose, notes acidulées, betterave. Jus frais (encore plus vu le millésime), dense (à peine décèle-t-on un petit relâchement en milieu de bouche) mais pas trop raffiné. Bien plus satisfaisant que le Grands Echézeaux 1999 bu en octobre 2006 (qui gagnera peut-être à vieillir).

 

16. Domaine de Montille : Pommard 1er Cru "Les Rugiens" 2000 : 15,5/16 – 3/5/08

Olfaction acidulée : cerise, framboise, terre, fleurs, réglisse, riz soufflé. Expression plus exiguë que celle de l’Echézeaux Vincent Mongeard Vieille Vigne 1990. Reste une densité honorable et un vin tannique assez typé.

Rappel :

Club toulousain In Vino Veritas

Verticale du Pommard 1er Cru « Les Rugiens »

du domaine de Montille

Vendredi 16 novembre 2007

Dégustation préparée par Didier Sanchez et commentée par Philippe Ricard pour l’après-midi et Pierre Citerne pour le soir.

4. Domaine de Montille : Pommard 1er Cru "Les Rugiens" 2000 - 12°

L’après-midi : DS16,5 - PR16,5 - CD16,5. Note moyenne AM : 16,5

  • Evolution sensible, marquée par une robe brique orangée, bien claire, fluide, peu brillante.
  • Toujours autant de subtilité (délicieux effluves de fleurs fanées), de complexité, mais peut-être un peu moins de fraîcheur au profit d’une maturité sensible.
  • La bouche associe le charme presque désuet d’un vin qui fait plus que son âge à la gourmandise sensuelle d’une belle maturité de matière, subtilement arrondie, aux sensations presque sucrées. Cerise, fraise, amande amère, noyau agrémentent un jus très plaisant, finissant bien mûr, avec un sursaut de fraîcheur.

Le soir : DS16 - PC15 - LG15,5 - MS15. Note moyenne SOIR : 15,4

Aspect évolué, pâle, tuilé. Nez délicat, évolué lui aussi, ouvert : cerise confite, feuilles mortes, fumé, gibier, rouille… Matière mince, fluide mais de toucher subtil, d'une élégance certaine. Un vin agréable mais limité, une réussite dans le contexte difficile du millésime sur le secteur Volnay/Pommard. Une deuxième bouteille, provenant directement du domaine, se montre un peu plus jeune aromatiquement, plus tonique, mais toujours de structure assez lâche, tendre, un peu fuyante.

4. Domaine De Montille : Pommard 1er Cru "Les Rugiens" 2000 : 15,5/20 – 16/11/07 (cr par L. Gibet) 

Superbe ensemble olfactif, intègre, avec de l’élévation (comme chez Dujac ?) : du fruit (douceur d’une belle confiture de framboise), des fleurs, de la rafle noble, du café, de la fumée, des épices. Aspect (déjà ?) giboyeux, sylvestre (automnal) pour une bouche plus dépouillée, précocement vieillie, très souple. Peu d’impact pour un vin prêt à boire, moins long, en mode mineur.


17. Pinot Gris Léon Beyer Comtes d'Eguisheim 1997 : 14/20 – 3/5/08

Senteurs un peu limitées d’agrumes et de champignons de Paris. Style strict, particulièrement nerveux (un peu à la manière du considérable Pinot Gris Windsbuhl 2000 de Zind-Humbrecht, plus gourmand toutefois). Peu d’éclat, de l’amertume et une certaine ambiguïté de style (une forme d’indigence aromatique pour le cépage). Préféré le 2000, plus généreux en goûts.

 

18. Chinon Les Roches (Lenoir) 2002 : (?) – 3/5/08

Le vin assène des notes de jus de citron, de géranium. En bouche, on subit un coup de fouet gustatif (genre éducation anglaise) : le vin est très dévalué par une acidité prédatrice qui confine à la violence pure. Un vin à réveiller un mort ; difficile à avaler (pour moi) car vraiment trop acide (souvenir du très beau 2003 : 16/20, le soir, dans la série de chenin de janvier 2008, alors que le vin se goûtait très mal l’après-midi).

Rappel :

Club toulousain In Vino Veritas

Tous les Chenins mènent à…

Vendredi 11 janvier 2007

Dégustation préparée par Pierre Citerne et commentée par Philippe Ricard pour l’après-midi et Laurent Gibet pour le soir.

Chinon : Les Roches (Lenoir) 2003

100% chenin - 12,5°

L’après-midi : DS15 - PR13 - CD14. Note moyenne AM : 14

  • Robe jaune clair aux reflets verts.
  • Nez peu bavard, dévoilant sans grande complexité des notes de cire, baba au rhum, voire même alcool à brûler. Pas vraiment séducteur…
  • Si l’acidité ligérienne ne lui fait pas défaut, cet échantillon dévoile davantage de rondeur, une certaine souplesse. Citron, prune jaune, rhum, une pointe de champignon constituent l’essentiel d’un profil aromatique assez sobre. La finale ne s’attarde pas… Nous non plus…

Le soir : DS16,5 - PC16,5 - LG16 - MS16,5. Note moyenne SOIR : 16,4

Nez superbe : minéral, pomme cuite, confiture de prune, camomille, légère vapeur camphrée. Bouche peu complexe mais de caractère, dense, tendue. Une fraîcheur superlative (pour le millésime) et un vin qui s'associerait bien à la charcuterie.

 

19. Madère maison Delas (années 1960) : 15,5/20 – 3/5/08

Aspect VDN, rancioté, andalou également, avec ces fameuses notes de jambon gras, de fruits (un mélange de groseille, cerise, framboise, fraise), d’épices. Mutage ok, sobriété relative et agréable retenue en sucre. L’acidité est un poil perforante pour orienter à coup (presque) sûr sur cette île. Une belle expression, pas propice à la pâmoison, mais de niveau respectable.

 

 

 

 

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