2009_08_08 Repas dégustation Pierre

 

 

 

Club toulousain In Vino Veritas

Repas-dégustation chez Pierre Citerne

Samedi 8 août 2009

 

 

La dégustation, offerte par Pierre Citerne, est commentée par Laurent Gibet.

 

 

Quelques commentaires de contexte :

Nombre de dégustateurs : 10

Vins avec présentation à l’aveugle, carafés au dernier moment.

Les verres utilisés sont les « Authentis n°1» de Spiegelau.

DS : Didier Sanchez – PC : Pierre Citerne – LG Laurent Gibet – MS : Miguel Sennoun – MF : Maxime France – VM : Vincent Mercier

 

 

 

Ordre de dégustation

 

 

 

1. Champagne Grand Cru : Taittinger "Comtes de Champagne" Blanc de Blancs 1995

(100% Chardonnay)

DS17,5 - PC16,5 - LG18 - MS17 - MF17 - VM17,5. Note moyenne : 17,5

Olfaction racée offrant brillamment du fruit, du végétal (fougère), de la craie.

Bouche bien en place, pure, solide et fine (plus 96 que 95 peut-être) : un grand flacon, pas tout à fait prêt, mais qui évolue bien.

 

Rappel : Champagne - Taittinger - Comtes de champagne 95 : 31/12/03 (LG)

LG16,5/17 - PP16

Olfaction complexe, florale, légèrement minérale, alliant des fragrances de poire, de miel, de vanille.

En bouche, le vin est mûr, exotique, charmeur, concentré, possédant beaucoup de classe et d’harmonie, même s’il ne dévoile encore pas toute sa race.

A noter que Pascal et Philippe trouvent la finale dénaturée par un côté un peu doucereux (problème de dosage ?).

 

 

2. Vin de Table : Château de Suronde (Francis Poirel) 2004

(100% Sauvignon)

DS16 - PC16 - LG14,5 - MS15,5  - MF15 - VM15,5/16. Note moyenne : 15,3

Une cuvée insolite, aromatiquement limitée, alcoolisée (senteurs de fruits blancs, d'eau de vie de prune). Très dure à situer (Italie ?, Espagne ?), intéressante même si pas inoubliable. En lien avec la dégustation assez complète de sauvignons du monde effectuée chez IVV, ce vin épais, chargé en glycérol, rappelle que l'expression du cépage est finalement assez multiple (et ici déroutante, dans cette région et sur ce millésime).

 

 

3. Alsace Grand Cru : Deiss "Altenberg de Bergheim" 2000

(70% Riesling, le reste en Gewurztraminer, Pinot Gris, Muscat)

DS16,5 - PC17,5 - LG16 - MS17,5  - MF17 - VM16,5. Note moyenne : 16,8

Un vin de caractère, parfumé, épicé en diable, tout en délicatesse : orange, citron, abricot, prune, thym (ce qui est plus surprenant mais le muscat peut être le précurseur de ces notes spécifiques) ...

Bouche possédant beaucoup d'arômes, d'une tendresse toute charmeuse, à l'alcool mesuré. Un peu de saturation aromatique (comme chez Zind) mais moins d'embonpoint. Puissance moyenne.

 

 

4. Alsace Grand Cru Riesling : Maison Trimbach "Clos Saint Hune" 1997

(100% Riesling)

DS17,5+ - PC17,5 - LG17,5 - MS17,5/18  - MF17,5 - VM17,5. Note moyenne : 17,5

Olfaction de grande classe, qui mérite du temps : minéral, épices, bouquet d'herbes multiples (tilleul, verveine, menthe), poivre blanc.On imaginera l'Alsace, l'Allemagne (hors Moselle), l'Autriche ...

Bouche très légèrement chaleureuse, en style certes austère mais cohérente et surtout très longue. Densité, sapidité, que l'on retrouve jusque dans les toutes dernières lichettes de ce vin issu d'un terroir hors norme (le Rosacker).Une cuvée imposante, avec bien entendu moins d'aménité que dans l'originale approche complantée de Deiss.

 

Rappel : Riesling Trimbach Ste-Hune 97 : mai 2005 - 17/20 (LG)

Facilement identifié (cépage, domaine, cru) par ceux qui dégustent à l'aveugle. Grande classe minérale et sèche (sur un petit millésime ?).

 

 

5. Bourgogne Aligoté : Domaine D’Auvenay "Sous Châtelet" 2001

(100% Aligoté)

DS17 - PC16,5/17 - LG17 - MS16,5  - MF17 - VM16,5/17. Note moyenne : 16,8

Nous irons joyeusement tous d'emblée vers la Côte de Beaune, vers Puligny ou plutôt Meursault (Roulot ?). Végétal, agrumes, noisette grillée sont des indices tentants.

Bouche semblant confirmer ce pronostic, fine, altière, articulée sur une belle acidité citronnée : beaucoup d'allure, sur un premier cru ? Une réussite pour un domaine réalisant des cuvées superlatives.

 

Rappel : Domaine D’Auvenay - Bourgogne Aligoté "Sous Châtelet" 2001 - 10/02/06 (PC)

DS15,5 – PC16 – MS15,5 - CD15,5. Note moyenne : 15,5

Une très belle robe, pâle, brillante. Nez réservé mais incisif, minéral (coquille d'huître), subtilement anisé.

Matière concentrée, très droite, très digeste ; un aligoté dense et élancé, qui garde son entière typicité tout en bénéficiant manifestement d'un raffinement inhabituel dans l'élevage. Finale remarquablement ferme et propre.

 

 

6. Vin de Table : Domaine Joseph Matrot "L'effronté" moelleux 2007

(100% Aligoté)

DS14,5 - PC14,5 - LG14,5/15 - MS14,5  - MF14,5 - VM15. Note moyenne : 14,6

Senteurs généreuses de pomme, de coing, de kaki, de poire au sirop, dans un registre proche du jus de raisin. Note complémentaire d'asperge qui me fera proposer un chenin de Bellivière.

Matière délicatement sucrée, agréable, elle aussi issue d'aligoté (qui prend décidément ici une forme inattendue, pittoresque).

 

 

7. Château de Saran - Vin nature de Champagne Blanc de Blancs (Années 1960 ou 1970)

(100% Chardonnay ?)

DS17 - PC16,5/17 - LG15,5 - MS16,5  - MF17 - VM16. Note moyenne : 16,6

Nez exprimant fortement la morille. Aspect oxydatif avec du zeste, de la noix.

Bouche peu alcoolisée (excluant l'Andalousie), acide et crayeuse (empêchant un vin de voile de Gaillac). Une autre approche du vin de Champagne.

 

Rappel : Château de Saran - Vin nature de Champagne BdB années 1970 : 16,5/20 - 3/5/08 (LG)

On va dire ici qu'il s'agit d'un vin tranquille produit par Moët et Chandon (le flacon porte la même étiquette que Dom Pérignon et a une forme proche).

Nez cédant de belles senteurs de raisin sec, de crème catalane, de jaune d'oeuf, d'agrumes (zeste d'orange), d'épices (bel accord au passage avec le plat préparé par Pierre : pâtes, tricholomes de la St-Georges (mousserons), ris d'agneau, asperges). Bel ensemble tenu, aux saveurs évoluées, avec une acidité soutenue. Je pense alors à un vieux Corton-Charlemagne.

Le vin se boit mieux que le (décevant) Meursault Narvaux 2000 d'Auvenay, trop acide, servi en parallèle.

 

 

8. Monthelie 1er cru "Sur la Velle" : Domaine Eric de Suremain 2003

(100% Pinot Noir)

DS16 - PC16 - LG16 - MS16 - MF16 - VM16. Note moyenne : 16

Magnifique expression de pinot, complexe, alliant les fruits rouges (griotte très nette, et betterave, pour éliminer le gamay), les épices, la terre, la rafle, le zan.

Bouche concentrée, jeune, fine, fraîche (encore plus vu le millésime), digne de celle d'un 1er voir d'un grand cru (Clos de la Roche de Lignier ? ou mieux Dujac pour un vin non éraflé ?). Et une unanimité rassurante.

 

Rappel : Monthelie premier cru « Sur la Velle » 2003 : 15,5/20 –Visite au domaine en juin 2009 (PC)

15° d'alcool, fruit confituré (fraise...), mais toucher pulpeux en accord avec la saveur gourmande, ni mou ni sec ; très plaisant à se façon, bien dans le type du millésime.

 

 

9. Châteauneuf-du-Pape : Château Rayas 2002

(100% Grenache Noir)

DS17,5 - PC18 - LG17,5/18 - MS18  - MF18 - VM17,5. Note moyenne : 17,8

De nouveau une merveille aromatique pour la seconde rencontre avec ce millésime qui fit couler pas mal d'encre (le talent réel du vigneron, le poids de l'héritage, les difficultés imposées par le millésime). Figue, cerise, grenade, brou de noix, orange clouté à la girofle, pignon de pin et savon d'Alep y composent une partition reconnaissable. Le producteur est très vite identifié car ce style de grenache oriental, fin, en suspension, est assez unique.

Bouche magistrale, envoûtante, entraînante, capiteuse mais sans aucune lourdeur, d'une torride fraîcheur. Beaucoup d'émotion pour moi dans ce vin.

 

Rappel : Châteauneuf-du-Pape Rayas 2002 : 16,5/20 – 29/3/07 (LG)

Robe pâle, un peu terne. Nez fragrant constitué de senteurs chantantes de fraises confiturées, de poivre, de marc, d’épices fines (très soupe de fraises poivrée). Bouche parfumée, caressante, typée, relativement tendre mais délicate et longue, aux flaveurs kirschées. Un vin léger, guilleret, attachant, plein de sensualité.

 

 

10. Côtes-du-Rhône : Château de Fonsalette 2001

(50% Grenache/35 % Cinsault/15% Syrah)

DS16 - PC16/16,5 - LG15,5/16 - MS16,5  - MF16,5 - VM16 . Note moyenne : 16,2

Beaucoup trouveront très vite une ressemblance de style avec le vin précédent par des arômes nets de fraise au poivre, de violette, de pivoine, de tabac, de cuir, d'orangette.

Par une structure fine aussi (mais ici encore sur pas mal de réserve, faisant que ce vin un peu comprimé ne glisse pas tout seul, pour le moment du moins). Ayant bu récemment le 2002 (en apothéose) et le 98 (encore un peu rigide, pas tout à fait prêt), nous pouvons nous attendre à ce que la prochaine verticale de Rayas puisse être paradoxalement délicate, avec des vins qui vieillissent lentement en imposant la patience (c'est du moins ce que martèle Emmanuel Reynaud, rencontré encore récemment).

 

Rappel : Côtes-du-Rhône : Château de Fonsalette 2001 – 24/1/09 (LG)

DS16,5/17 - PC17 - LG16 - MF17 - MS17 - EG17. Note moyenne : 16,8

Notes "nature" de rose, de grenadine, de fleurs puissantes (iris), de savon d'Alep (laurier conjugué à l'olive),  de poivre (plus Reynaud qu'Allemand, en effet).

Bouche en liberté, farouche, un peu drue et alcoolisée. Prudence particulière pour un vin bu un peu trop froid.

 

 

11. Vosne-Romanée : Domaine Prieuré-Roch "Les Hautes-Maizières" 1999

(100% Pinot Noir)

DS17,5/18 - PC17/17,5 - LG16 - MS17  - MF17,5 - VM16,5/17. Note moyenne : 17

Une olfaction directe de pinot noir très peu soufré (robe turbide pour le confirmer) : cuir, rose, cerise, réglisse, pivoine, fumée (un petit air de syrah), câpre.

Bouche dense, dotée d'une forte structure tannique. Un long débat s'enchaîne sur le style de ce domaine (vite reconnu dans ce contexte) : un débat sur la typicité aromatique (son immédiateté ?) et aussi la tribologie du vin (au sujet de laquelle certains, en raisons de tannins proéminents, doutent d'un vieillissement harmonieux). Accomplissement dans la traduction du terroir (on est ici sur un simple village, rappelons-le) ou limites aromatique et structurelle pour ce style oenologique à part ?

 

 

12.Tenuta San Leonardo : San Leonardo IGT Vallagarina 1997

(Cabernet-Sauvignon majoritaire, complété par du Cabernet-Franc et du Merlot)

DS15,5 - PC15,5/16 - LG15 - MS15,5 - MF15 - VM15,5. Note moyenne : 15,4

Le nez engendre des senteurs généreuses, sensiblement faisandées, me rappelant le Médoc, en mode assez généreux et jovial (1996 ?) : réglisse, cassis, cèdre, poivron, cendre, tabac. On pensera aussi facilement à la Loire sur ce vin du Nord de l'Italie.

Matière très mûre, plutôt acide en même temps. Une acidité transalpine, mais pas en Toscane (vin du Trentin Alto Adige, en fraîcheur).

 

 

13. Pessac-Léognan : Château La Mission-Haut-Brion 1994

(50% Cabernet-Sauvignon ; 40% Merlot ; 10% Cabernet-Franc)

DS15 - PC15 - LG14 - MS15 - MF15 - VM16. Note moyenne : 15

Abord grossier, boisé, presque crémeux, avec un fumet évoquant le cèdre, la fumée, le cassis, le menthol. On peut alors penser à Pomerol (la rutilance du merlot ?) ou à un super-toscan. Acidité volatile importante gênant certains dégustateurs.

Bouche présentant des tannins de qualité moyenne, pas trop de profondeur, un caractère ardent (comme pour un vin plombé de soleil).

Il aurait peut-être bénéficié (si l'on se réfère au rappel) d'un carafage bienfaiteur.

 

Rappel :

La Mission Haut Brion Pessac-Léognan 1994 - mars 2007 à l’ouverture (PR)

DS AM15 - PR14,5. Note moyenne : 14, 8

Robe brillante, bien foncée, grenat avec toujours un fond rougeoyant.

Nez toujours bien fruité, avec aussi des parfums de tabac, de fumé et une pointe de végétal. Intense et puissant.

Bouche assez virile, ne faisant pas vraiment dans la dentelle, avec une certaine rugosité. Les tanins sont encore présents, une pointe de sucre également, ainsi qu’une signature fumée qui nous oriente vers Pessac Léognan. La matière est d’une densité évidente, avec un potentiel certain, mais l’ensemble est un peu dur à digérer en l’état, car trop fougueux. La finale souligne davantage la puissance du vin, avec des notes d’alcool, d’épices et une persistance impressionnante.

Beaucoup parient sur La Mission Haut Brion, tout en suggérant encore de la patience pour attendre ce vin, ou tout du moins un carafage conséquent.

Et encore un moment magique pour les couches-tards !

La Mission Haut Brion Pessac-Léognan 1994 - mars 2007 après 5h d’aération (MS)

DS SOIR17,5 - PC15 - MS18. Note moyenne : 17,8

Fumée, suie, le registre aromatique de l’après-midi est confirmé le soir. On y ressent une force et une race, singulières.

Bouche dans le même registre que le nez (goudron, suie), explosive en concentration, et très longue. Les tanins nous paraissent particulièrement fins, bien que nettement perceptibles, ce que l’on placera sur le dos de la jeunesse.

 

 

14. Pessac-Léognan : château Pape-Clément 1952

(60% Cabernet-Sauvignon ; 40% Merlot)

DS17 - PC17/17,5 - LG15,5 - MS17  - MF17 - VM17,5. Note moyenne : 16,9

Notes de cassis, de fraise, de réglisse puissante. Aspect empyreumatique (châtaigne grillée).

Une réelle présence pour un vin strict et fin (1986 a été envisagé), d'âge vénérable, difficilement datable.

 

 

15. Barolo : Roberto Voerzio Brunate 1997

(100% Nebbiolo)

DS14 - PC(14,5) - LG14,5 - MS14,5 - MF14,5 - VM15. Note moyenne : 14,4

Fruit très mûr pour des notes soutenues de cacao, de fleurs, de cerise, d'amande, de menthe. Subtile trace disgracieuse de colle scotch.

Bouche massive, tannique, avec un soupçon de sucre restant. Une production haut de gamme (Voerzio comme le Dugat-Py du Barolo ?), extrême, ne faisant pas dans la dentelle, qui plus est un peu dénaturée par les faveurs du millésime ?

 

Rappels :

a. Italie : Barolo – Roberto Voerzio "Brunate" 1997 - 23/1/03 (PC)

DS13,5 – PP13,5 – PC14 – LG13 – JP12,5 – TK13. Note moyenne : 13,5

Encore une robe fournie, avec des reflets plus bruns qu’orangés.

Premier nez réduit (camembert), puis un fruit très mûr (myrtille), compoté, massif, monolithique.

Très dense, tannins serrés manifestant une certaine raideur. Un bâti puissant, sans charme ni personnalité pour l’instant – à revoir.

b. Italie : Barolo - Roberto Voerzio "Brunate" 1997 : 14/10/2005 (PC)

DS16 – PC16 – MS15 – JP16,5. Note moyenne : 16

Robe très dense, bords bruns orangés.

Nez assez fin, varié, expressif. On sent de la confiture de groseille, de mûre, du goudron, des épices, de la viande fumée, avec une acidité volatile présente qui amène de la complexité.

La bouche est tannique, serrée, viandée, prodigue en nuances aromatiques, virile, engagée mais élégante.

 

 

16. Argentine Mendoza : Mendel Unus 2006

(70% Malbec, 30% Cabernet-Sauvignon)

DS13 - PC13,5 - LG14 - MS13  - MF13,5 - VM14,5. Note moyenne : 13,6

Nez fin, fruité (fraise), floral, réglisse.

J'ai tout d'abord trouvé une belle prestance à ce vin riche, avec un fond acide. Puis, les choses se sont gâtées dans le verre pour une allure un peu violente, torride (vin portugais, en esprit de vintage ?), impliquant de la sécheresse.

Difficiles, ces vins du nouveau monde.

 

 

17. Argiolas Isola dei Nuraghi IGT “Turriga” 1997

(Cannonau, Carignano, Bovale et Malvasia)

DS15,5 - PC16 - LG16 - MS16 -  MF15,5 - VM15,5. Note moyenne : 15,8

Nez chaleureux, avec de la volatile. Notes de cassis, de cacao, de céleri.  

Un vin sarde charpenté, avec une pointe de sucre, profitant d'une confortable suite en bouche.  Pas du tout facile à situer (Bordeaux n'étant pas exclu).

 

Pour info : Les vins de Corse et de Sardaigne : le 8 avril 2002 (PC)

Argiolas, Isola dei Nuraghi IGT “Turriga” 1995

DS : 13,5 - PP : 16 - PC : 13-14. Note moyenne : 14,5

Robe dense, peu évoluée. Premier nez très boisé avec des nuances de farine de châtaigne, de café, de caramel, l’aération apporte du chocolat et de la rose fanée.

Matière dense, grain fin, longue et fraîche finale, l’équilibre structurel est atteint ; mais on cherche le fruit, comme au nez il est puissamment masqué par l’élevage (goût “pâteux” de caramel, de chocolat). Davantage encore que le précédent ce vin ambitieux partage les dégustateurs.

 

 

18. Allegrini Recioto Della Valpolicella Amarone 1991

(Corvina, complété de rondinella et molinara)

DS15 - PC17 - LG15 - MS16,5  - MF15,5 - VM16,5. Note moyenne : 15,9

Nez capiteux : fraise, amande, cacao, cerise. Le fruit est très mûr.

Bouche puissante, évoquant à certains le grenache, mais les tannins et l'acidité m'entraînent en Vénétie. Pierre apprécie particulièrement sa finesse de texture et sa netteté aromatique.

 

 

19. Sancerre : Pierre Boullay 1997

(100% Sauvignon, assemblage de Monts Damnés, Grande Côte, Culs de Beaujeu)

DS15,5 - PC16 - LG14,5 - MS15,5 - MF15,5 - VM15,5/16. Note moyenne : 15,4

Notes de raisin frais, de géranium, de pomme au four nappée de miel, de grappa. Soupçon truffé dans cet ensemble salin.

Bouche très mûre mais sans mollesse, éthérée, difficile, qui me rappelle un peu le vin de Poirel (ici encore, le côté déluré du vin peut faire penser à Savennières).

 

Rappel : Sancerre - Pierre Boullay 1997 - 5/5/09 (LG)

DS15,5 - PC(15,5) - LG(14,5) - PR(15) - MS15,5 - MF(14,5) - EG14,5. Note moyenne : 15

Robe nettement plus dorée.Nez oxydatif alignant des odeurs de pomme cuite, de coing, de zeste, de cédrat, de raisin de Corinthe, de marc, de pomme verte : très chenin ligérien.

Bouche capiteuse, un peu amère, de belle densité.Belle matière idiosyncratique, dont les propriétés organoleptiques rappellent vraiment celles d'une Coulée de Serrant.

 

 

20. Barsac : Château Cantegril 1959

(80% Sémillon ; 20% Sauvignon)

DS17 - PC17 - LG15,5 - MS17  - MF17 - VM16,5/17. Note moyenne : 16,8

Bel ensemble aromatique sous la forme d'abricot caramélisé, de raisin sec, de zeste d'orange, de propolis.

Bouche au sucre estompé, de beau maintien, légèrement iodée. Pas réellement voluptueuse mais nette et fine dans son vieillissement harmonieux.

 

 

21. Monbazillac : Domaines de Theulet et Marsalet 1929

(60% Sémillon, 20% Sauvignon, 20% Muscadelle)

DS18 - PC18 - LG17,5 - MS18  - MF18 - VM17,5. Note moyenne : 17,9

Robe très brunie, tirant sur l'acajou.

Notes exotiques, complexes, de confiture de cerise, de bouillon de viande, de jus de pruneau, de quetsche, de fleurs, de bâton de cannelle, de café, de chicorée, d'orangette.

Bouche tout en douceur, fraîche, fruitée. On y retrouve ces goûts troublants, un taux d'alcool très modéré. Un vin d'ébène, qui a formidablement bien duré.

 

 

22. Vouvray : Foreau "Demi-Sec" (Base 94)

(100% Chenin)

DS15 - PC15 - LG14,5 - MS15 - MF15 - VM15. Note moyenne : 14,9

Nez de Vouvray : coquillage, fleurs blanches, pomme au four.

Bouche un peu sucrée, nette mais manquant un peu de tonus. 

 

 

23. Champagne Grand Cru : Roederer "Cristal" 1990

(55% Pinot noir/45% de Chardonnay)

DS(15,5) - PC17 - LG17 - MS17 - MF17 - VM17. Note moyenne : 17

Surprise de finir avec un tel vin (dont il paraît que les rappeurs américain se sont récemment détournés, sans que ce soit une affliction pour les responsables du domaine, pour une néo cuvée clinquante au moins aussi onéreuse).

J'y vois une (petite) majorité de pinot noir en raison de ces senteurs encore mesurées de pomme, d'agrumes, de végétal, d'épices. Le tout, encore en attente, a un cachet indéniable.

Bouche austère, pure, aux bulles très fines, fortifiée par une acidité type 1996. Un vin qui ne bronche pas, ferme, bien présent, à attendre encore.

 

Rappel : Cristal Roederer 90 : le 7 janvier 2000 (série de champagnes de prestige)

PP18 - DS17,5 vers 18, LG17,5 vers 18. Note moyenne : 17,7 vers 18

Une cuvée spéculative, particulièrement difficile à trouver aujourd'hui. Belle robe brillante et dorée, pour une bulle fine. Le dégagement gazeux est ici aussi plus nerveux, plus rapide que dans le cas de Salon.

Le nez est vineux, avec des notes animales assez prononcées. Il est puissant mais fin, franc, précis, complet et complexe. Il allie des notes de café, et des notes presque évanescentes de miel qui rappellent le pollen.

La bouche est assez virile mais reste subtile. Elle déploie des notes de nougat à la pistache, de clafoutis (cerise crémeuse), de fruits secs. Elle est fougueuse (un dégustateur décrit cette sensation de surfer sur la bulle en milieu de bouche. Cette cuvée semble la plus vive, la plus jeune de la dégustation. On décèle un potentiel d'évolution notable qui pourra encore apporter une plus-value à ce vin d'attaque

 

 

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