2006_11_18 Récit vin 8 Vannes

 

 

N°8 : Repas chez Nidal Hindi - 18/11/06

 

Repas n° 1 :

  • huîtres dans leur gelée d'eau de mer et de muscadet, pommes granny et huile de noisette

  • noisette d'agneau sous sa croûte d'olive noire et garrigue, compotée de deux poivrons au thym

  • l'ananas Victoria rôti au beurre salé

 

Repas n° 2 :

  • Foie gras poêlé, lamelles de céleri-rave aux zestes de citron

  • Noix de St Jacques poêlées, mousseline de potimarron à l'amande douce, expression de l'amer

  • Terre et mer de Bretagne en automne : poêlée de coings, moules et palourdes ; grosse langoustine juste saisie ; réduction de bouillon de légumes du pays Vannetais aux arômes de truffe blanche

  • Filet de bar à l'unilatéral, coulis acidulé à la poire

  • Pomme de ris de veau, endive confite au cassis

  • Filet de chevreuil en rôti, soupçon de vanille, sauce à la cerise douce ; panais et chanterelles poêlés à ma façon

  • Damier de mangues, coulis d'agrumes, compotée de clémentines au miel d'acacia

 

Repas n°3 (Rochevilaine) :

  • Noix de St-jacques de la baie d'Erquy contisée au caviar

  • Homard poché au beurre demi-sel gnocchi de potimarron

  • Turbot rôti à l'arête, tête de veau, jus de carotte réduit

  • Filet de colvert et sa cuisse en salmis

  • Tomme de Muzillac tiédie en boîte

  • Mangues rôties, sorbet litchi

  • Soufflé au caramel, beurre coulant, palet breton

  • Cigares Cohiba

 

Les vins :

  • Repas n° 1 :

Vin mousseux de qualité Denois Vins rares Pinot Noir brut 1996 : 14,5/20

Senteurs très champenoises (nulle trace de raisins rouges --> Bdb ?) : beurre, tarte au pomme, noisette, yaourt au citron, brioche, miel. Bouche très correcte, sensation boisée, se terminant sur de la pomme. La bulle est moyennement fine.

 

Coteaux du Languedoc Mas Conscience l'As 2003 : 15/20

Robe dense, un brin turbide. Nez de « sans soufre », direct, fruité : cerise confite, fleurs, réglisse, genièvre. Toujours cette tribologie un peu particulière, ronde, particulièrement glissante mais manquant un peu de dénivelé, d'aspérités (peu verticale, structure fragile) à mon goût. Très bel écho provençal sur le plat d'agneau au thym et à l'olive bichonné par EricB. Un vin très correct, parfumé, net (il me semble important de le préciser ici), à servir frais pour éviter les méfaits potentiels d'un taux d'alcool non négligeable qui tend à le rendre enivrant voir chaud (mais qui en même temps développe agréablement ses flaveurs).

 

Côtes de Bordeaux Saint-Macaire - Domaine de Bouillerot - Le Palais d'Or 2003 : 14,5/15

Pas mal de volatile pour des notes de citron, d'ananas, de fruits confits. Bouche un peu épaisse (mais pas déséquilibrée), très « sauternaise », qui se déroule dans un prolongement un peu monocorde mais à la netteté fruitée. La finale laisse la bouche propre.

 

  • Repas n° 2 :

VdP Hérault Clos Roca « A propos » 2005 : 14/20

Notes de coing, de minéral et salines évoquant un muscadet (100% sauvignon ?!). Bouche fruitée, d'acidité seulement moyenne, finale sur la pamplemousse. L'attaque est satisfaisante mais le vin ne possède pas beaucoup de longueur.

 

Champagne Dom Pérignon 1996 : 18,5/20+

On s'attendait à un vin rétif, ce ne fut pas le cas. Le vin offre un panel aromatique bien présent et resplendissant : brioche beurrée, fruits (orange, citron, fruit de la passion, adorable pêche rôtie), minéral (coquille d'huître), belles épices, soupçon végétal qui complexifie noblement l'ensemble. Cette bouche complète possède une ligne directrice qui est un modèle de tension et de douceur conjuguées car la force s'exprime dans la dentelle sur une grande longueur. Très représentative de ce millésime qui fera date, elle devrait encore progresser.

 

Meursault Narvaux Coche-Dury 2001 : 18/20

Arômes très jeunes de fleurs blanches, de végétal, de minéral, d'agrumes sur un fond grillé typique de la maison. Bouche compacte, pure ; sève sapide pour des goûts encore un peu bruts de menthe et de réglisse. Un vin essentiel, au scalpel, à la forte personnalité, de grande garde assurément. L'imprégnation reste légère, plus austère que vraiment joyeuse, l'amertume de la finale prolongeant magnifiquement ce grand vin en devenir. Moins ouvert que le Narvaux 2000 bu en mai 2006.

 

Bâtard-Montrachet Domaine Leflaive 1999 : 19/20

Nez puissant et raffiné, déployant des odeurs remarquablement précises : miel de bruyère, agrumes, épices (subtile cannelle), menthe, amande et beaucoup de poire fraîche. Bouche grasse mais parfaitement tonique et longiligne, riche mais fraîche, pure, envoûtante, aux accents balsamiques, minéraux et grillés discrets. Le vin se déroule merveilleusement, un peu à la manière du mascaret girondin, fort et régulier, fiable et serein. Un corpus civilisé, avec en prime des goûts précieux d'ambre.

 

Bonnes-Mares Roumier 2001 : 18,5/20

Sur un fond terrien, le vin dégage des notes de betterave rôtie, de fruits (framboise, cerise très présente en milieu de bouche), de fumée, de fleurs (rose, violette, iris, pivoine), d'épices. Qualités de naturel d'expression, de force tendre pour ce jus pur, fruité, équilibré par une acidité idoine, ancré sur son terroir. A la fois à la fois élégant et puissant, parfaitement digeste, il possède une réserve confortable.

 

Margaux Château Margaux 2000 : vers 19/20

Premier contact, pour moi du moins, avec le « monstre ». Nez indéniablement racé, associant des senteurs multiples : santal, cèdre, cassis, graphite, réglisse, fleurs, vanille, café vert. La bouche est un fuseau munificent, à la fois autoritaire et suave (richesse, très légère sucrosité). Plus apprêté que le Bonnes-Mares 2001 de Roumier certes (moins « naturel «  et goûteux), mais avec un très belle chair, fine, puissante et stable, semblant inoxydable. Attendre ...

 

Barsac Château Climens 1989 : (14/20)

Rôti de qualité : jaune d'œuf, gentiane, mangue confite, pralin, halwa (pâtisserie indienne). Malheureusement, l'illusion ne dure pas, pour une expression decrescendo, dénaturée par un creux en milieu de bouche et une finale plutôt hostile (alcool, désunion). Bouteille défectueuse (on l'espère en tout cas).

 

  • Repas n° 3 :

Champagne Krug 90 : 19/20

Un vin d'élite, aux apprêts superbes : pêche, abricot, fleurs blanches, fenugrec, citron royal, café, amande fraîche émondée, tarte tatin, végétal parfaitement noble au service de la classe. Bouche infiniment fine, sculptée, tendue. Puissance tout en élégance, se terminant sur de beaux, discrets et longs amers, dans une queue de paon qui évoque l'Orient (plus que Vannes, au passage), la parfumerie.

 

Corton-Charlemagne Bonneau du Martray 1992 : 18,5/20

Le vin a développé une belle complexité : fruits blancs (pêche, poire), beurre, menthe fraîche et fine (calament comme évocation délicate du menthol, comme dans le cas du formidable Ste-Hune 1981), yaourt au citron (pointe lactée), cannelle très subtile, réglisse et bien entendu minéral racé. Il est encore jeune, peu expressif (est-ce du à un verre trop grand ?) mais on verra la qualité de la prégnance et de la tenue à l'air de ce « faux maigre ». Un côté « essence » dans cette matière qui se développera magnifiquement à l'air et en écho avec le homard. Le contraire d'un vin de cravate, qu'on éloigne du nez tellement son odeur est explosive (le propos est de André Gervat). Un vin d'atmosphère plutôt, faussement discret, qu'il faut aller chercher attentivement. La persistance est prodigieuse ...

 

Riesling Trimbach Clos Ste-Hune 1981 : 19,5/20

Olfaction sublime, qu'il faut initialement un peu aller solliciter : senteurs terpéniques, agrumes (cédrat, citron), minéral, menthol, pomme, rillettes (notes grasses), cassis frais, même, pour le sommelier qui nous accueille. La bouche, sans tapage, est un modèle d'unité, de retenue, d'énergie en même temps. Cristalline, avec des saveurs géniales et une finale ascendante, chavirante ...

Un accomplissement du Riesling, en pleine forme. Proche de la perfection (il ne lui manque qu'un tout petit peu d'impulsion en finale). Les regards échangés en disent long sur la qualité ultime de ce vin, au caractère trempé.

 

St-Emilion Château Pavie-Macquin 1998 : 14,5/20

Boisé démonstratif : café, bourbon (on pense à du chêne américain), épices cacaotées, fruit profond (cassis), réglisse, havane. Peu harmonieuse et plaisante, la matière est relativement tannique, puissante, un poil alcooleuse et rustique. Ses goûts de bonbon acidulé et de piment peuvent entraîner vers Rioja. Selon un dégustateur, ce vin possède un caractère hermaphrodite (et la bouteille peine un peu à se vider) ... J'avais déjà eu l'occasion de peu apprécier un Pavie-Macquin 97, vraiment trop boisé (on avait pensé à un californien). Des amis m'ont dit l'avoir pour autant regoûté bien mieux quelque temps plus tard. A suivre, donc !

 

Sauternes Château Rieussec 2001 : 17/20

Olfaction puissante, déclinant des notes marquées de safran, de jaune d'oeuf (lécithine), d'orangette, de citron vert, de figue, de datte, de fruits confits, de crème catalane. Matière conséquente, presque tonitruante, mais sans lourdeur excessive, pour de beaux amers (orange). Sensation très légèrement pharmaceutique en finale (chartreuse, cédrat). Le vin, savoureux et fruité, s'accorde parfaitement bien avec ce dessert simple et (mangue rôtie, sorbet litchi), qui lui confère un supplément de ressort. Pensé à Fargues 1989 (le vin semble un peu évolué). S'améliorera-t-il pour devenir grand dans 10 ans (en gagnant en finesse notamment) ?

 

 

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