2008_10_10 Repas dégustation inauguration du site IVV

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Profitant de l'évenement de la mise en ligne de notre nouveau site internet, tout le staff de l'association s'est réuni autour d'un repas et de très belles bouteilles.

 

 

Club toulousain In Vino Veritas

Dîner-dégustation pour l'inauguration du

site Internet « In Vino Veritas Toulouse »

Vendredi 10 octobre 2008

 

 

 

Dégustation proposée par « l'équipe IVV » et commentée par Pierre Citerne.

Didier, Philippe, Christian, Laurent et Miguel ont préparé le repas.

 

 

Quelques commentaires de contexte :

Pression atmosphérique : 1028 hpa - beau temps - nuit ventée - ¾ lune montante - sensations de dégustation : très bonnes.

A l'occasion de cette inauguration, tout le « staff » de l'association IVV est présent : Didier Sanchez (président et organisateur des dégustations); Pierre Citerne (secrétaire, rédacteur des CR et organisateur des dégustations); Christian Declume (trésorier); Laurent Gibet (rédacteur des CR); Philippe Ricard (rédacteur des CR et photographe); Miguel Sennoun (administrateur/concepteur du site IVV).

Nous regrettons l'absence de Bertrand Le Guern (administrateur historique du site Internet).

Par contre, nous avons le très grand plaisir de recevoir nos amis bordelais : Vincent Mercier, Eric Bourdin, Jean-Claude Deluc.

Les verres utilisés sont le Zalto «Burgundy» (verre autrichien) et le Spiegelau « Authentis N°1 ».

Les vins sont dégustés à l'aveugle.

DS : Didier Sanchez - PC : Pierre Citerne - LG : Laurent Gibet - PR : Philippe Ricard - MS : Miguel Sennoun - CD : Christian Declume.

 

 

Avec les amuse-bouches de Didier (Restaurant "Le Gentiane" à Pinsaguel)

 

 

1. Champagne Grand Cru : Pierre Moncuit « Cuvée Nicole Moncuit Vieilles Vignes » Brut Blanc de Blancs 1999 - 12°

DS13,5? - PC12,5 - LG14,5/15 - PR14 - MS14 - CD14. Note moyenne : 13,8

Robe assez jaune; nez ample, mûr, fortement miellé, grillé (noisette). Bouche large, dosée, avec une certaine générosité de fruit mais peu de tenue, une effervescence sans finesse ni rémanence et une finale plate, désagréablement doucereuse.

 

 

 

2. Champagne Krug « Grande Cuvée » Brut NM - 12°

DS16 - PC15,5/16 - LG16 - PR16,5 - MS15,5 - CD15,5. Note moyenne : 15,9

Bouteille achetée en 2002 (L501-3183) Krug Grande Cuvée naît généralement de l'assemblage de quelque cinquante vins de trois cépages différents, provenant de 20 à 25 crus, et de six à dix années différentes.

Robe évoluée, tirant sur le vieil or, cordon de bulles très fin. Nez évolué lui aussi, distingué, articulé, se situant nettement dans la gamme aromatique des vieux champagnes : champignon de couche, beurre cuit, écorce d'orange, fruits secs, animalité... Très bonne impression en attaque, bulle fine, vivace et fraîche, belle acidité ; la finale montre en revanche un caractère un peu émacié, plus de fragilité, tout en restant nette et, heureusement, dépourvue de cette impression de sirop de sucre/saccharine que laissait en bouche le champagne précédent. Un joli champagne, gracieux, distingué, mais paraissant déjà usé et manquant surtout de la théâtralité associée à la marque.

 

 

 

3. Chablis 1er cru : Domaine Jean-Paul Droin « Montmains » 1999 - 12,5°

DS17 - PC16,5 - LG17 - PR17 - MS17 - CD16,5. Note moyenne : 16,8

Robe intense, très jaune avec de profonds reflets verts. Riche nez beurré et minéral, parfaitement défini et typé. Bouche ronde (pour un Chablis), généreuse dans ses saveurs mais encore jeune dans sonexpression, dominée par le beurre et le miel. Typicité, pureté, évidence : très convainquant.

 

 

 

4. Blanc Fumé de Pouilly : Domaine Didier Dagueneau « Silex » 2001 - 12,5°

DS16 - PC16 - LG16,5 - PR16,5 - MS16 - CD16. Note moyenne : 16,2

Robe pâle; nez intense, musqué, exubérant tout en restant très variétal : buis, feuille de cassis, miel d'acacia, pamplemousse, genêt et même lait de coco... Dense, toujours typé sauvignon, très frais en bouche, presque tranchant, parfaitement sec, de belle allonge, avec une saveur « verte », qui peut rappeler la feuille de cassis ou la groseille à maquereau. L'élevage est intelligent, respectueux du raisin, même si le présumé caractère du terroir ne ressort que très modestement par comparaison avec certains vins de Sancerre.

 

 

 

Avec le tartare de saumon de Philippe

 

 

5. Château Grillet 2002 - 13,5°

(Vin carafé 6h)

DS18,5 - PC18 - LG18 - PR18 - MS18 - CD17,5. Note moyenne : 18

Robe très pâle. Premier nez discret mais profond, très pur, une impression de fleur de vigne comme dans les plus grands bourgognes blancs ; la minéralité monte peu à peu, avec un caractère fumé, légèrement camphré ; de lointaines mais très précises notes de guimauve et d'abricot trahissent le cépage de ce vin pourtant antivariétal au possible. Cette harmonie fascinante se poursuit en bouche, tension « saline » proche de l'austérité, texture grasse mais pourtant très aérienne, saveur fine et pénétrante, allonge rare, expressivité jamais surjouée. Parfait.

 

Rappel :

Château Grillet 2002 : le 21/06/2007 à l'ouverture (PR)

DS AM17,5 - PC18 - PR17 - CD16,5. Note moyenne AM : 17,3

  • La première robe est d'une franche pâleur, tout juste relevée de reflets gris argenté. Relativement fluide, elle nous parait un peu mate, chose étonnante pour un blanc.

  • Le nez se découvre sous une impression de réduction, mais s'affirme en fait par son caractère intensément minéral, un profil camphré net. L'aération progressive révèle des parfums de fumé, grillé, guimauve, réglisse et enfin d'abricot.

  • La bouche saisit par sa fraîcheur et surtout sa tenue impeccable : droite, formidablement tendue, elle maîtrise une expression pourtant généreuse. La guimauve, le malabar, toujours le camphre et ces sensations minérales aiguisées signent une force gustative indéniable, mais superbement contenue. La longueur et la persistance étonnantes de ce vin finissent par nous convaincre de l'excellence de cet échantillon...

Cette première bouteille (et première expérience pour beaucoup) nous saisit d'entrée : alors qu'un cousinage avec Condrieu était notre pronostic commun, cette tension d'un terroir aussi marqué, comparable au Clos St Hune en Alsace, nous a littéralement saisis !

Château Grillet 2002 : le 21/06/2007 après 5h d'aération (LG)

DS SOIR17 - LG16+. Note moyenne : 16,5

  • Robe brillante aux reflets verts.

  • Nez délicat, bien mûr, avec un poil de réduction (où est-ce le terroir et/ou l'élevage ?), d'influence marine. Il transporte des senteurs intéressantes d'iode, de fleurs, d'amande, d'agrumes, de minéral.

  • Bouche grasse, dense, fine, qui annonce sa classe sans tapage (car le vin n'est pas prêt à boire) par une longueur certaine. Il n'y a pas d'explosion gustative mais un fuseau bien dirigé, aux goûts nets (aux flaveurs décelées au nez s'ajoutent des notes de fruits blancs, de réglisse, de guimauve et de rose propres au cépage, mais ici sans aucun caractère variétal). Boisé (légères notes lactées) et alcool bien dosés. La cohérence entre le nez et la bouche est remarquable.

On commence dès le premier vin à deviner la spécificité attachante de ce cru.

 

 

 

6. Riesling : Trimbach « Frédéric Emile » 2002 - 12,5°

(Vin carafé 6h)

DS17 - PC16,5 - LG17+ - PR17 - MS17 - CD16,5. Note moyenne : 16,8

Aspect visuel dominé par de nets reflets verts. Grand nez expressif de riesling généreux mais précis, richesse du fruit relevée d'accents végétaux et minéraux, tout à fait représentatif du style de cette maison et de cette cuvée. Expression sèche mais riche, tendue mais savoureuse ; les contours de la bouche sont parfaitement détourés, l'allonge et la dynamique exemplaires.

 

Rappels :

a. Riesling - Trimbach « Frédéric Emile » 2002 : 1/07/2008 (PC)

DS17,5 - PC16,5/17 - LG17+ - PR17 - MS17. Note moyenne : 17,1

Robe pâle, brillante, reflets or gris. Beaucoup de fraîcheur et de tenue au nez : menthe mouillée, herbe juste coupée, bourgeon de pin... amande aussi, et même peut-être noix de coco, relevant d'une pointe de luxuriance exotique cet ensemble plutôt strict. Vif (l'acidité cristalline du millésime), longiligne mais plein, sapide et salin, allonge et tenue remarquables : un vin né pour la table, qui vient conclure en beauté cet éventail stylistique impressionnant, en trois échantillons seulement, du riesling alsacien.

b. Riesling - Trimbach « Frédéric Emile » 2002 : Mars 2006 (PC)

DS AM14 - DS SOIR15,5 - PC15,5 - MS15,5 - JP16 - CD14 - BLG14. Note moyenne AM : 14 et SOIR : 15,6

Pâle. Expression aromatique nette, fraîche, concise, à peine musquée. Suite logique en bouche : pas de sucre, développement sérieux, de la finesse, de la rectitude, finale encore un peu amère. Comme chez Beyer, un vin tout à fait conforme au style maison, à attendre.

 

 

 

7. Corton-Charlemagne : Domaine Rapet Père et fils 2002 - 13°

(Vin carafé 6h)

DS17,5 - PC16,5 - LG17+ - PR17+ - MS17 - CD17. Note moyenne : 17+

Belle robe pâle, grasse, reflets verts. Nez encore engoncé dans son élevage, grillé et lactique, mais trahissant une profondeur certaine ; le fond de verre évoque redoutablement l'atelier de menuiserie... Matière très vive, concentrée et longue, d'une très grande fermeté signant le sérieux du terroir (Meursault-Perrières et Chevalier-Montrachet ont également été évoqués par les dégustateurs). Finale impressionnante de rémanence et de densité. Matière admirable; même si le vin est encore très loin de son apogée était-il nécessaire de l'aromatiser aussi fortement ?

 

Rappel : Corton-Charlemagne : Domaine Rapet Père et fils 2002 : 10/04/2006 (LG)

JP17,5/18 - PP17,5 - LG16,5/17. Note moyenne : 17,3

Le nez agréable mais réservé délivre des odeurs de fruit (pêche, poire), de fleurs de vignes, de miel. On apprécie l'absence d'écran boisé.

Bouche fine, pure, fruitée (citronnée). Un formidable retour minéral achève une finale réjouissante.

Ce vin cristallin ressemble un peu à celui proposé par Doudet, avec un élevage très restreint.

 

 

 

8. Savennières Coulée de Serrant : Clos de la Coulée de Serrant 2002 - 14°

(Vin carafé 6h)

DS18 - PC18 - LG17 - PR18 - MS18 - CD16,5. Note moyenne : 17,6

Robe des grandes occasions, vieil or profond. Nez exubérant mais précis, reconnaissable, enlevé, truffé, épicé (odeur de schistes...? curry ?), avec un large fruit de mirabelle très mûre et des accents plus pointus de gentiane. On retrouve cette remarquable richesse aromatique en bouche, servie par une matière particulièrement ample, riche, décidée et longue, sans mollesse, ni chaleur excessive, ni sucrosité encombrante. L'expressivité du vin est maximale mais on devine une assise qui lui permettra de traverser les décennies.

 

Rappel :

Savennières-Coulée de Serrant - Clos de la Coulée de Serrant 2002 : 01/2008 à l'ouverture (PR)

DS17,5/18 - PR17,5/18 - CD17,5. Note moyenne : 17,7

  • Robe or clair.

  • Archétype d'une grande Coulée, le nez enthousiasme par sa force autant que sa complexité. Il semble qu'en y restant plongé des heures, on aurait toujours quelque chose à y découvrir... Iode, coquille d'huître, curry, poisson séché, haddock, eau de noix, fruits secs, miel, ça fuse de tout côté ! La tablée est en ébullition !

  • La bouche n'est pas en reste : équilibre sublime entre gras, moelleux et acidité, palette aromatique excitante (zeste, orange confite, mandarine, mirabelle s'ajoutent à la liste précédente), mariage parfait entre puissance et élégance. Finale racée qui se prolonge jusqu'au vin suivant (le pauvre...).

Quelle chance nous avons eue de tomber sur une Coulée aussi éclatante !

Carton plein dans l'assemblée pour une bouteille vraiment au dessus du lot.

Savennières-Coulée de Serrant - Clos de la Coulée de Serrant 2002 : 01/2008 après 5h d'aération (LG)

DS17,5 - PC17,5 - LG17 - MS17,5. Note moyenne : 17,4

D'emblée, on identifie les indices spécifiques de ce vin à part. Nez excentrique, expansif, associant de belles notes particulières et complexes : embruns océaniques, rhum, raisin sec, orange amère, confiture de prune, décoction de gentiane, pomme cuite, pointe végétale de géranium. Bouche stylée, un poil capiteuse, soutenue par une acidité sûre, extravagante mais irréprochable. Qualités indéniables de caractère, de complexité, de finesse, d'équilibre et de longueur ; une admirable violence pour l'un des plus beaux vins de la série de Loire dans laquelle il est inséré (j'entends voler le nom de Curnonsky et aussi « il remet les pendules à l'heure »).

 

 

 

Avec le confit de canard/endives braisées au jus d'orange de Christian (ou plutôt de sa femme !)

 

 

9. Hamilton Russell Vineyards Pinot Noir (Wine Of Origin Walker Bay - Hermanus Cape) 2006 - 14°

DS15 - PC15/15,5 - LG15,5 - PR15 - MS15,5 - CD16. Note moyenne : 15,4

Robe dépouillée tirant vers le grenat/brun. Nez volubile, éthéré, très fumé, avec du cuir, une sorte de cerise un peu confite, confiturée même, un poil d'eucalyptus et de camphre. Ces senteurs assez solaires contrastent avec une bouche serrée, pointue, très fraîche (l'acidité devient même mordante dans les dernières gorgées). Malgré ce doute concernant l'équilibre et le « naturel » du support acide (que nous aurions mis sur le compte de la typicité de tel ou tel cépage si le vin nous avait été présenté comme italien...), ce pinot sud-africain offre une mâche sérieuse et de belles saveurs, assez évoluées, typées (l'eucalyptus, le cuir, la viande fumée, la confiture un peu caramélisée...) au point de faire penser à un pinotage.

 

 

 

10. Sancerre : Edmond Vatan « Clos de la Néore » 2003 - 00° (Non indiquée car bouteille sans étiquette)

DS16 - PC17 - LG16,5 - PR16 - MS15,5/16 - CD15,5. Note moyenne : 16,1

Robe mate et nuancée, d'un rubis transparent mais fourni, assez peu évolué. Nez très puissant, franc, pleinement pinot mais terrien, terreux, avec un immense fruit de griotte, très direct et spontané, pénétré de prenantes inflexions humiques et végétales. On retrouve cette ampleur et cette tonicité du fruit en bouche, avec beaucoup de tannins très fermes, de la puissance, une saveur virile de rafle, de camphre et de réglisse en finale. Paradoxalement, ce vin extrêmement « terrien », que l'on peut trouver rustique, rugueux, possède (à mon sens du moins) une finesse de toucher très rare. Loin des expressions boisées, séchardes et raides de certaines cuvées « ambitieuses » vantées par la critique, une illustration de ce que peut exprimer le pinot sur les terroirs de Sancerre.

 

 

 

11. Italie - Barolo : Poderi Aldo Conterno 1990 - 14°

DS15,5 - PC16 - LG14,5/15 - PR16,5 - MS15,5 - CD15. Note moyenne : 15,5

Beaucoup de dépôt en suspension (mais le vin vient de voyager), robe tuilée assez sombre. Nez de vieux vin, disert, mûr, expansif : écorce d'orange, quinquina, goudron, Viandox, cuir, sous-bois... Matière riche, fortement tannique, avec une impression de sucrosité, des saveurs automnales mais encore toniques. Il s'agit de la première cuvée de ce domaine classique dans une année très favorable, un vin sérieux, encore plein de caractère mais vieillissant.

 

 

 

12. Corton-Renardes : Domaine Marius Delarche 1996 - 13,5°

DS15 - PC14 - LG15 - PR15 - MS15 - CD15. Note moyenne : 14,8

Robe grenat un peu brunie, mate. Nez franc et ample de pinot, fruit assez fondu, confit, épicé (orange cloutée ?). Bouche tendre, ronde, veloutée, de grain assez fin et de plaisante saveur mais relativement inerte, manquant (surtout pour un Corton en 1996 !) de tension, de structure et de définition.

 

 

 

13. Saint-Estèphe : Château Cos d'Estournel 1997 - 13°

DS16,5 - PC16 - LG16 - PR16,5 - MS16 - CD16. Note moyenne : 16,2

Couleur rubis assez dense, évolution légère. Expression aromatique distinguée, davantage typée Pauillac que Saint-Estèphe, avec un beau fruit évoquant le cassis, des notes de graphite, de cacao, de truffe noire... Bouche fraîche, relativement serrée et dense, un peu linéaire mais fine et élégante, avec une droiture appréciable. Belle réussite pour le millésime, à point.

 

Rappel :Saint-Estèphe - Château Cos d'Estournel 1997 : 18/10/2005 (PC)

DS16,5/17 - PC16,5 - MS17 - JP17 - CD16. Note moyenne : 16,8

Robe intense, centre noir et mince bordure orangée.

Le nez s'exprime avec amplitude et précision sur des notes fumées, grillées et aussi nettement herbacées.

On retrouve cette pointe de "verdeur" en bouche, qui n'est pas désagréable, qui s'intègre dans une matière très juteuse, jeune, solidement tramée. Un vin qui possède une certaine race et l'un des rares qui semble avoir de l'avenir.

 

 

 

14. Saint-Emilion 1er Grand Cru classé : Clos Fourtet 1996 - 12,5°

DS15 - PC14,5 - LG14 - PR13,5 - MS14,5 - CD14. Note moyenne : 14,3

Robe sombre, avec du dépôt. Nez « bordelais » un peu bourru, dominé par une impression de viande, de terre battue et d'humus. Bouche assez chaleureuse, avec un alcool qui ressort d'autant plus que la texture est un peu mince, et les tannins plutôt abrupts. Un vin sérieux et franc mais sans charme, qui a du mal à faire valoir ses qualités après la personnalité séductrice et distinguée du Cos d'Estournel.

 

 

 

15. Pomerol : Petrus 1995 - 13,5°

DS16,5 - PC16 - LG15 - PR15,5 - MS16 - CD16. Note moyenne : 15,8

Robe grenat, dense, fournie, avec des belles nuances. Nez large et puissant, une première impression très dominante de fruits cuits, de pruneau plus particulièrement ; l'alcool est très présent au nez, montent aussi à l'aération des notes intéressantes de suie, de menthol, de viande. La bouche est pleine, texturée, savoureuse, avec des tannins bien présents, une richesse de matière certaine mais toujours dominée par une sensation pesante d'alcool. Un vin généreux, chaleureux, franc, que certains dégustateurs ont situé à l'étranger (assemblage bordelais californien ou toscan).

 

 

 

16. Saint-Emilion 1er Grand Cru classé : Château Cheval Blanc 2004 - 13,5°

DS15,5/16 - PC(?) - LG15+ - PR15+ - MS16+ - CD15,5. Note moyenne : 15,5?

Robe relativement jeune et dense. Nez dominé par un élevage très « Rive Droite contemporaine » : arabica, pain grillé et violette, qui, pour les amateurs de cosmétologie de luxe, ne manquera sans doute pas d'attrait ; quelques notes de sous-bois sec et de champignon complètent le tableau aromatique. La bouche montre une puissance modérée, beaucoup d'alcool, un toucher assez sec, presque de la dureté, mais une finesse tannique certaine. Que les vins de Bordeaux, quand ils sont jeunes et cachent leur fruit derrière l'élevage, sont difficiles à comprendre ! Et plus encore à hiérarchiser...

 

 

 

17. Haut-Médoc : Château Sociando-Mallet 1995 - 12,5°

DS16 - PC16,5 - LG15,5 - PR16 - MS16 - CD16. Note moyenne : 16

Robe rouge sang assez profonde, commençant à se dépouiller. Nez puissant, frais, vivant ; belle impression fruitée de cassis et de myrtille, animalité et poivron grillé bien en évidence aussi. Riche, dense en bouche, avec des tannins très fermes mais juteux, une saveur terrienne et distinguée à la fois, une présence plus fraîche et plus ciselée que les trois vins de la Rive Droite goûtés précédemment. Très satisfaisant.

 

 

 

18. Clos-Vougeot : Domaine Henry Lamarche 1978 - 00° (Non indiqué)

DS16 - PC15 - LG16 - PR15 - MS16 - CD15. Note moyenne : 15,5

Bouteille en 73cl

La robe brune orangée fait largement son âge. Nez tertiaire et volubile de venaison, de sous-bois et de vieux cuir, avec un caractère très mentholé (After-Eight ?). Présence légère mais agréable en bouche, un corps mince sans être desséché, de la vivacité, un filet de saveur à la rémanence appréciable, entre le thé fumé et la liqueur de framboise.

 

 

 

19. Chateauneuf-du-Pape : Domaine du Pegau « Cuvée Laurence » 1998 - 14,5°

DS16,5 - PC15,5 - LG17 - PR16,5 - MS17 - CD17. Note moyenne : 16,6

Robe mate, grenat profond, commençant à tuiler. Bouquet fougueux, intense, viril ; un caractère épicé et animal (gibier), solaire (figue sèche). Personnalité que l'on retrouve en bouche, offrant une belle texture de grenache serré et profond, avec une savoureuse rémanence de rocaille chauffée et de garrigue (thym, romarin, laurier...), mais aussi des tannins ayant tendance à se raidir, si ce n'est à sécher... Un Châteauneuf entier et généreux (authentique ?), dans un style proche de ceux produits par Henri Bonneau.

 

 

 

20. Saumur-Champigny : Château du Hureau « Les Févettes » 1990 - 13°

DS16,5/17 - PC16 - LG17 - PR16,5 - MS16,5 - CD16,5. Note moyenne : 16,5

Robe encore rubis, dépouillée. Nez cohérent et fin, naturel et nuancé ; les notes de craie, de tuffeau, épousent parfaitement le très joli poivron rouge d'un cabernet franc mûr et respecté. La bouche, ferme, épurée et fraîche, « en dentelle », comble le palais sans effort ni ostentation. Un vin reposant, modèle de finesse, de simplicité et de buvabilité.

 

 

 

Avec les Fromages de Laurent (« Chez Xavier » à Toulouse)

 

 

21. Allemagne - Domaine Egon Müller : Riesling « Scharzhofberger Spätlese » 2004 (Lot n°09/05) - 8°

DS17 - PC17 - LG17,5 - PR18 - MS17,5 - CD16. Note moyenne : 17,2

Tout est cristallin dans ce vin : l'aspect, les parfums, la matière. Les arômes sont extrêmement vibrants et frais, avec une évocation particulière de menthe fraîche. La netteté de la matière est tout aussi remarquable, avec un sucre tellement intégré, tellement discret, que certains ont pensé qu'il s'agissait d'un kabinett. C'est en tout cas de la quintessence de riesling, de l'eau de roche, régénératrice en fin de repas, et si vite bue...

 

 

 

22. Château Grillet « Cuvée Renaissance » 1969 - 00° (Non indiqué)

DS(ED?) - PC(16)- LGED - PR(Non noté) - MSED - CD16. Note moyenne :(??)

Un vin oxydé, dans le style d'un vin jaune, mais sans la fermeté acide. Les arômes sont intéressants, fumées, épicés et confits, le velouté et la puissance de la matière aussi ; malgré tout cela reste un échantillon défectueux, surtout si on le compare à la merveilleuse bouteille bue en juillet 2007. Si nous n'avions goûté que celle de ce soir, nous l'aurions peut-être appréciée différemment, ainsi va la dégustation...

 

Rappel : Château Grillet « Cuvée Renaissance » 1969 : le 5/07/2007 (PR)

DS17+ - PC19 - LG18,5 - PR19 - CD18. Note moyenne : 18,3

  • Robe au doré franc et vif, toujours « raisonnable », avec de superbes reflets or fluo. Grasse, auguste, elle confirme, malgré ses 38 ans, que l'âge n'a pas d'emprise sur elle...

  • Nez avec cette réduction noble initialement perçue, puis évoluant ensuite sur le pain d'épices, le citron, les agrumes, une touche de café, la réglisse, la pêche... Intense, frais, sans aucune trace d'oxydation, il continue à défier le temps...

  • Bouche très grasse, ample, marquée d'une subtile note d'alcool, mais qui ne renie jamais son équilibre : toujours fraîche, pleine d'allant, de peps, elle a su conserver sa nervosité... Matière de grande concentration, riche, elle exhibe généreusement ses arômes de citron confit, de camphre, de lavande, de réglisse, de fruits à l'eau de vie, sans jamais concéder la moindre faiblesse à une tenue exemplaire malgré un minéral moins expressif. Finale très distinguée, épicée (poivre, gingembre), elle affirme sa puissance et sa longueur, sans aucune lourdeur. Encore une merveille que nous dégustons avec retenue, à la manière d'une liqueur. Que du bonheur !

De nouveau nous exprimons une impression de complexité contenue, d'épanouissement encore en devenir.

Si ma date de naissance est bien la même, ce vin a bien mieux que moi préservé toute sa force juvénile.

 

 

 

23. Mâcon Villages : Domaine de la Bongran « Cuvée Levroutée » 1999 - 14°

DS14,5 - PC15,5 - LG12,5 - PR13 - MS14,5 - CD13. Note moyenne : 13,8

Impressionnante robe jaune bouton d'or. Nez assez violent, très lactique (beurre, yaourt), avec des notes entêtantes de poire cuite, d'ananas et de fruit de la passion, de cire, de bois brûlé... Matière très riche, grasse, très alcooleuse aussi. L'équilibre difficile de ce vin (un peu de sucre, beaucoup d'alcool transformé), à ce moment de la soirée, ne lui permet pas de briller. L'expression originale et baroque de ce chardonnay botrytisé mériterait à mon avis davantage de mansuétude. Dans un autre contexte peut-être...

 

 

 

24. Grèce - Vathy Samos « Samos des Pères - Mission de Samos » (Certificat n° 231 signé en 1935 par le R.P. Hamon) - 00° (Non indiqué)

DS17 - PC17,5 - LG17 - PR17,5 - MS18 - CD(Non noté). Note moyenne : 17,4

Robe ambrée, nettement verdâtre (c'est peut-être ça la couleur « topaze brûlée »...), très important dépôt en petit feuillets duveteux. Nez pénétrant, encore vibrant, manifestement muscaté, mais aussi très « oriental » : on sent la datte, la figue, le raisin sec... et également des notes plus balsamiques et terpéniques (encens, résine, thym, lavande, menthol...) qui rendent l'hypothèse d'un (vieux) muscat de Constance tout à fait plausible. La liqueur est imposante mais intégrée, fine, délicate, relayant parfaitement la luxuriance aromatique perçue au nez. Un beau témoignage de la longévité et de la valeur de ces vins de Samos d'antique renommée.

 

 

 

 

Avec le Dessert de Miguel (Gâteau « Opéra » du chocolatier « Pillon » à Toulouse)

 

 

25. Portugal - Porto Vintage : Quinta Da Gaivosa 2003 - 19,5°

DS14 - PC16,5 - LG14,5 - PR14,5 - MS14,5 - CD15. Note moyenne : 14,8

Robe opaque, violacée encore mais avec déjà un peu de dépôt. Fruit explosif, schisteux, sanguin, animal (des notes de sueur...). Vif, tannique, serré en bouche, avec un alcool chaleureux, brûlant peut-être, mais porteur d'un message (pour qui veut l'entendre, pour qui connaît le pays, pour qui a encore soif...) : message par essence brûlant, d'une fièvre comparable aux rudesses exaltées du climat et des paysages de ce cours moyen du Douro ? Ou violence d'un vin colonial, destiné à voyager sur toutes les mers et muté en conséquence ?

 

Nous clôturons donc ce voyage d'un soir, autour de la table amicale, par le vieux débat sur les mérites, les péchés et les sortilèges du Porto - qui, nous nous rejoignons au final sur ce truisme fédérateur, dépendent largement, comme toutes choses soumises à l'appréciation des sens, des disponibilités et des dispositions de chacun.

Commentaires   

0 # Essa 26-10-2008 22:08
Ahhh Château GRillet 69 ! Le plus grand vin de ce cru dégusté au milieu de 30 autres millésimes cet hiver.
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0 # laurent gibet 26-10-2008 22:58
Patrick,

Pareil pour nous (cf la verticale) : grands 1973, 1979, 1983 - excellents 1980 et 1982.

Une fulguration de viognier ... (sur le vieillissement duquel on s'interroge parfois) ;-)

Un ami m'a dit, après avoir lu notre cr, s'être régalé avec Grillet 1964.

Pas vu passer le cr de ta verticale ?
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0 # Essa 27-10-2008 09:59
Je n'ai plus le temps de mettre en ligne les dégustations au jour le jour hélas...
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0 # laurent gibet 27-10-2008 10:41
Dommage car les verticales de ce vin ne sont pas légion ...
Hiver 2007 vs au jour le jour ????? ;-)
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0 # Essa 28-10-2008 12:35
...Oui. Cela dit le vin est largement sur-estimé sur ce que j'ai dégusté. Trop de faux-goûts de vieux bois secs, d'approximation s et de matière vertes. Trop de soufre à la mise pour des vins qui développent invariablement des notes d'asperges...il est temps que ce cru soit vinifié à sa juste valeur.Les 82 et 85 - en plus du 69 - étaient également excellents.
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0 # laurent gibet 28-10-2008 14:08
Déceptions relatives avec 1999 (14/20), 1997 (15), 1996 (14,5), 1993 (14,5), 1990 (15,5/20), 1984 (15,5/20)
Echec clair sur le seul 1992 (12,5/20).
Le reste est haut de gamme, tel le 1985 (18,5/20+), avec encore aujourd'hui un énorme potentiel.

Les derniers millésimes sont très bien :
2005 (16,5/20+)
2004 (17/20)
2003 (19/20)
2002 (18/20)
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0 # Essa 28-10-2008 14:35
Je n'ai pas une opinion aussi bonne de ces derniers millésimes,trop marqués par des soufres résiduels qui génèrent des traces de réduction trop importantes. C'est un vin qui manque de pureté et qui possède une tension artificielle due à une sous maturité évidente des raisins. De plus il semble trop souvent figé par des taux de soufre totaux et libre très importants.
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0 # laurent gibet 28-10-2008 15:24
Confirmation pour moi d'un grand Grillet 2002 (que Didier avait bichonné en l'ouvrant 4 heures à l'avance), irréprochable, selon la belle description de Pierre, sur tous les aspects que tu cites.
Unanimité parfaite des 11 commensaux, y compris pour les 3 amis bordelais que nous avons convaincus à cette occasion (Grillet reste déroutant quand on n'en est pas familier).

2003 et 2004, satisfaisants d'emblée, ont eu besoin de quelques heures pour s'épanouir et devenir remarquables.
2003, logiquement très mûr, est un modèle de vin capiteux évitant tout relâchement coupable : je lui ai trouvé la sérénité et le développement d'un Montrachet.
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0 # odeauxvins 13-11-2008 01:21
Félicitations pour la qualité du compte-rendu.
Vraiment admiratif par la qualité des photos;
Je suis preneur de quelques conseils.
Cordialement.
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0 # RICARD 13-11-2008 09:10
Merci pour ce petit mot…
Pour arriver à ce résultat, j’utilise une sorte de boîte blanche reproduisant artificiellemen t la lumière du jour.
Chaque échantillon y est photographié à l’intérieur, posé sur un socle adapté, bien naturellement sans flash.
Je travaille sur pied avec un appareil de moyenne gamme (c’est un bridge), mais avec une palette de réglages manuels suffisants pour garantir la reproduction de lumière la plus fidèle possible d’un échantillon à l’autre (réglage manuel de la balance des blancs, de l’exposition, de la zone de mise au point).
Aucune transformation ensuite via logiciel de retouche photos si ce n’est un recadrage, puis un redimensionneme nt précis des clichés.
Cordialement,
Philippe RICARD
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