2000_07_09 Repas chez Pierre Citerne

Repas dégustation chez Pierre Citerne. Le compte rendu sur le lien suivant:

 

 

Club toulousain In Vino Veritas

Repas chez Pierre Citerne - 09/07/2000

 

 

 

Quelques commentaires de contexte :

  • Les vins sont dégustés à l'aveugle, carafés si nécessaire et servis à température convenable.

  • Nombre de dégustateurs : 4.

  • Pierre Citerne : PC - Laurent Gibet : LG - Pascal Perez : PP - Didier Sanchez : DS.

  • 15 vers 16 : traduit une note d'évolution potentielle.

  • 15,5/16 : traduit l'hésitation entre 2 notes du barème.

 

 

Ordre de dégustation :

1 - Lustau - Almacenista Pilar Aranda y Latorre Xérès Oloroso (sec) Solera 1918 :

PC : 15,5 - LG : 15,5 - PP : 16 - DS : 16,5 - Note moyenne : 15,9 - Prix : 220 F

  • Très belle robe ambrée, brillante, brune aux reflets verts.

  • Une dominante oxydative et de belles notes caractéristiques complexes : noix, fruits secs, café, fumé, kumquat, champignon sec.

  • Le degré en sucre, faible, rappelle l'expression des amontillado. Mais il s'agit ici d'un oloroso sec. La bouche est assez longue, austère. Elle exprime une agréable rétro-olfaction sur des notes de tabac et de cachou. Sa complexité ne fait pourtant pas l'unanimité. Elle manque par ailleurs légèrement de gras.

 

2 - Chardonnay botrytisé - Domaine des terres dorées - Labeur d'octobre - J.P. Brun (beaujolais) - 1998 :

PC : 15,5 - LG : 15,5 - PP : 15,5 - DS : 15,5 - Note moyenne : 15,5 - Prix : 140 F (50 cl)

  • Robe moyennement intense, brillante.

  • Nez très joliment défini, pur et direct, à dominante fruitée. On note de l'ananas, du citron, de la bergamote.

  • Bouche moelleuse, offrant une belle trame acide. Des notes minérales, florales (acacia) et miellées pour une finale sur le citron vert. Une longueur honorable pour ce "beaujolais liquoreux" surprise, doté d'un fruit pur. Un relatif manque de complexité toutefois.

  • Les dégustateurs ont pensé en priorité à un chenin de Loire (acidité de type Montlouis ou Vouvray) puis à un chardonnay en surmaturité (de type cuvée levroutée de chez Thévenet).

 

3 - Gewurztraminer Hugel SGN 1976 (fût 28) :

PC : 17 - LG : 15,5 - PP : 16,5 - DS : 16 - Note moyenne : 16,25 - Prix : 250 F

  • Très belle robe brillante dont la couleur rappelle la suze.

  • Un nez manifestement botrytisé, évolué, légèrement oxydé. Des senteurs de sureau, d'érable, fumées.

  • Peu acide, la bouche un rien doucereuse mais pure, massive et équilibrée est marquée par des notes exotiques : papaye, mangue, lychee. Malgré ses notes exotiques, l'identification du vin, peu marqué par les épices, n'est pas immédiate. On pense à un liquoreux du cap en Afrique du Sud (avec ses notes de champignon sec et de lavande), à un quart de chaume (coing) ou encore à un liquoreux bordelais (rôti, abricot, acidité basse).

 

4 - VDT The Picrate (Eric Calcutt) - Les Nourrissons 1996 :

PC : 12,5 - LG : 12,5 - PP : 12,5 - DS : 12,5 - Note moyenne : 12,5 - Prix : 120 F

  • Loire sec - 100% chenin.

  • Un nez peu engageant, exprimant essentiellement la pomme verte et la pomme oxydée. Une pointe acescente.

  • La bouche exprime la pomme et le coing. Elle reste simple et courte et surtout très acide. Comme pour la cuvée "fleur bleue" du même millésime, ce vin constitue une déception flagrante. Sans grand intérêt, et il serait étonnant que l'aération (voire le vieillissement) y changent quelque chose.

 

5 - Sancerre Alphonse Mellot Domaine de la Moussière - VV cuvée Edmond 1997 :

PC : 15,5 - LG : 15,5 vers 16 - PP : 16,5 - DS : 15,5 vers 16 - Note moyenne : 15,75 vers 16 - Prix : 170 F

  • Belle robe brillante, moyennement intense.

  • Nez très frais, expressif, floral et fruité (poire, coing). Des notes complémentaires de pistache, de pain d'épices (miel, épices).

  • La bouche développe une bonne longueur gourmande. Minérale et racée, tendue et mûre, compacte et fermée, elle semble dénoter un vin sur la réserve, à attendre encore quelques années.

 

6 - Sancerre Vacheron Les Romains 1997 :

PC : 14,5/15 - LG : 16 - PP : 15,5 - DS : 16,5 - Note moyenne : 15,6/15,75 - Prix : 100 F

  • Belle robe brillante, moyennement intense.

  • Nez intense et fruité. L'expression du sauvignon de Loire (buis) est plus manifeste que dans le vin précédent. On a d'autre part affaire ici à un vin plus ouvert, plus prêt à boire (mais peut-être un peu plus facile d'accès, moins racé et moins prometteur).

  • La bouche est très mûre (elle contient vraisemblablement plus de sucre résiduel), gourmande, moins tendue et plus ouverte que la précédente. Des notes d'agrumes, végétales (asperge, petit pois).

 

7 - Domaine de Chevalier (blanc) 1994 :

PC : 15,5 vers 16 - LG : 16 vers 16,5 - PP : 16 - DS : 16,5 vers 17 - Note moyenne : 16 vers 16,4 - Prix : 400 F

  • Robe moyennement intense, brillante avec quelques reflets verts.

  • Nez complexe, qui présente un boisé (voire légèrement brûlé) un rien envahissant et austère mais restant fin. Des notes de melon, de miel (et de cire), de beurre, de noix de coco, d'anis, de menthol, qui renforcent cette impression de fraîcheur.

  • Pour ce vin massif et sur la réserve, doté d'une bonne acidité, l'identification reste difficile (on passe en revue aussi bien la bourgogne, que la Loire ou le Rhône septentrional). Le bois, la vanille, l'anis, les agrumes caractérisent encore un peu (trop) brutalement et simplement la bouche. On note toutefois un vin dense et racé, de bonne longueur (plus de 10 secondes).

 

8 - Barolo Paolo Scavino Cannubi 1988 :

PC : 16 - LG : 15,5 - PP : 16 - DS : 15,5 - Note moyenne : 15,75 - Prix : environ 200 F

  • 100% Nebbiolo.

  • Robe moyennement intense, présentant des signes d'évolution.

  • Nez assez intense et complexe, tertiaire, marqué par des notes animales, de cuir, de poivron, de cacao, de fleurs séchées, de menthe, de fruits à l'eau de vie. Il reste frais avec ses notes d'amande fraîche. On pense à un pinot noir bourguignon.

  • La bouche, moyennement concentrée, s'avère relativement austère avec une bonne trame acide, pimentée, et dotée d'une finale un peu sèche. Mieux regoûté le lendemain (plus souple), ce vin (de garde et de repas) mérite, comme la plupart des vins (à l'expression sévère, même pour certains producteurs modernistes) de son appellation, une longue aération. On peut commencer à le boire.

 

9 - Bonnes-Mares GC Fougeray de Beauclair 1996 :

PC : 16,5 vers 17 - LG : 15,5 vers 16,5 - PP : 16,5 - DS : 16,5 vers 17,5 - Note moyenne : 16,4 vers 16,75 - Prix : 380 F

  • Magnifique robe intense, brillante et violacée de vin (très) jeune.

  • Un flot énorme de fruits au nez : cassis, myrtille, groseille, des notes florales et des épices (gingembre). Nez encore très variétal mais prometteur.

  • La bouche est fine, séveuse et très fruitée. Déjà très friande, elle est loin d'avoir développé tout son potentiel. Le fruit et l'acidité évoquent la bourgogne. L'expression florale et épicée orientent vers la Côte de Nuits (Chambolle, Morey St-Denis, Vosne-Romanée, en excluant Nuits Saint-Georges et Gevrey).

 

10 - Côte-Rotie Guigal - La Landonne 93 :

PC : 15,5 - LG : 16 - PP : 16 - DS : 15,5 - Note moyenne : 15,75 - Prix : environ 750F

  • Robe intense et évoluée.

  • Le nez est profond et compact. Des notes animales, de violette, de cèdre, de tabac, d'épices, de bouquet séché, de lard fumé, minérales (encre).

  • Peu facile à identifier, la bouche se révèle concentrée mais tannique et sévère, de longueur moyenne. Elle souffre par ailleurs d'une relative simplicité et elle manque assurément de charme. Elle témoigne de la grande difficulté sur ce millésime (il manque ce côté oriental racé : fleur, épices, boite à cigare). On devine une maturité précoce (par rapport à d'autres millésimes) et en même temps un potentiel de garde encore raisonnable.

 

11 - St-Emilion - Cheval-Blanc 1975 :

PC : 16,5/17 - LG : 15,5 - PP : 16 - DS : 15,5/16 - Note moyenne : 15,9/16,1 - Prix : environ 800 F

  • Une robe évoluée, moyennement intense.

  • Nez fin et sans ostentation, exprimant des notes de fruits secs, de figue, de poivron, de réglisse.

  • La bouche se révèle moyennement concentrée, minérale, ferrugineuse et épicée (poivre). Elle est fine et équilibrée. On y retrouve l'expression marquée du cabernet-franc (très présent sur ce domaine). Affichant sur d'autres bouteilles bues récemment un caractère plus velouté, elle est ici un peu végétale, sèche et amère. Les dégustateurs situent ce vin dans le libournais.

 

12 - Pauillac Lafite-Rothschild 1996 :

PC : 17,5 - LG : 16,5 vers 17 - PP : 17,5 - DS : 17 vers ? - Note moyenne : 17,1 vers ? - Prix : 1500 F

  • Robe jeune, intense, brillante et violacée.

  • Nez intense, encore très juvénile : grillé, floral, fruité.

  • S'il en était besoin, ce vin profond, identifié comme médocain, délie encore plus les langues. Lafite 96 est considéré par beaucoup de dégustateurs professionnels comme un monstre sacré. Aujourd'hui, la bouche est muette, fermée, encore simple (le fruit est éclatant) mais équilibre, densité, longueur, race et équilibre sont au rendez-vous. Débutant sa vie en bouteille, elle reste extrêmement prometteuse.

 

13 - Sauternes - château de Fargues 1989 :

PC : 18 - LG : 17,5 - PP : 17,5/18 - DS : 17,5/18 - Note moyenne : 17,6/17,9 - Prix : 450 F

  • Belle robe brillante et dorée.

  • Nez intense et profond, qui exhale des notes rôties, de figue, de miel et de cire, de tabac blond, d'abricot sec.

  • Bouche concentrée, équilibrée, encore très jeune (mais déjà succulente) et longue pour ce vin frais, sans aucune lourdeur, alliant harmonieusement puissance et finesse. On y retrouve les notes exprimées au nez, des notes d'orange amère, d'épices (puissance gingembrée), minérales et organiques (jaune d'œuf). Déjà très agréable, il est doté d'un bon potentiel de vieillissement.

 

 

Conclusion :

  • Un parcours de 13 vins variés très enthousiasmant.

  • Une seule réelle déception concernant les vins (insolites) d'Eric Calcutt (alors que ses moelleux semblent généralement très réussis).

  • De nombreux vins prometteurs méritent d'être attendus (Chevalier 94, Sancerre 97 de Mellot, Bonnes-Mares 96 de Fougeray de Beauclair, De Fargues 89 ... et surtout Lafite 96).

  • Le barolo de Scavino, sévère et viril, accompagne agréablement la nourriture pour peu qu'on lui procure une longue aération.

  • Les vins vieux (Cheval-Blanc 75, Hugel 76) affichent une forme respectable. Il convient d'apprécier leur finesse, leur matière polie par le temps. Il ne faut plus les attendre.

  • Enfin, La Landonne 93 confirme la difficulté, même pour un vigneron brillant disposant de terroirs d'anthologie, de réussir de grands vins dans certains millésimes récalcitrants.

 

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