2002_06_09 Repas degustation chez Vincent Mercier

Compte rendu d'un repas bien accompagné, chez Vincent Mercier. Le compte rendu sur le lien suivant:
 
 

Repas dégustation chez Vincent Mercier

 

Le 9 juin 2002

 

 

 

Merci à Vincent et à sa famille pour leur accueil

Merci à Roger pour le passionnant parcours bachique

 

Commentaires de dégustation : Pierre Citerne.

 

Tous les vins sont servis à l'aveugle, carafés, par "salves" de deux à quatre vins.

PC : Pierre Citerne- DS : Didier Sanchez - VM : Vincent Mercier - RT : Roger Tauzin - EF : Eric Fonta - GL : Gilles Lestrade.

 

 

1 - Barsac - Cru Barréjats 1996

PC : 16-16,5 DS : 15,5-16 VM : 16,5 RT : 14 EF : 16 GL 14. Note moyenne : 15.5.

Aspect doré intense, presque vieil or. Nez fortement rôti mais pur, avec des accents de nougat et de praliné. Importante liqueur en bouche, équilibrée par une acidité de belle qualité. Très réussi.

 

 

2 - Vin de Corse Figari (blanc) - Clos Canarelli 2001

PC : (12) ? DS : 13,5 VM : 14 RT : 13,5 EF : 12 GL 11,5. Note moyenne : 13.

Robe argentée très pâle. Le nez est marqué par le SO2, fond de fleurs blanches et d'agrumes, on sent aussi des notes grillées de barrique. Matière vive et dense, malheureusement écrasée par le soufre.

3 - Saumur - Domaine du Collier 2000

PC : 14 DS : 14 VM : 14,5 RT : 15,5 EF : 13,5 GL 13. Note moyenne : 14.

Très pâle également, nez discret mais pur, sur la fleur d'amandier. Matière vive, minérale et austère, construite autour d'une forte acidité.

 

 

4 - Rheingau - Bernhard Breür - Riesling Rudesheimer Schlossberg 1999

PC : 15 DS : 15,5 VM : 15,5 RT : 14,5 EF : 14 GL 15. Note moyenne : 15.

Pâle ; nez subtil et original, avec des notes de miel, d'herbes sèches (lavande) et de fruits rouges (framboise). Gras et miellé en bouche, sec, très bonne acidité.

5 - Alsace - Zind-Humbrecht - Riesling Clos Saint-Urbain Rangen de Thann 1988

PC : 17 DS : 17,5 VM : 17,5 RT : 18 EF : 18 GL 18. Note moyenne : 17,5

Couleur dorée intense. Nez riche, miellé, avec des notes terpéniques et pétrolées précises qui signent un riesling de grande race. Très sapide, alerte et présent en bouche ; malgré la richesse du vin, son équilibre est aérien.

6 - Alsace - Léon Beyer - Riesling V.T. 1971

PC : 16 DS : 16,5 VM : 16,5 RT : 16 EF : 14,5 GL 15. Note moyenne : 16

Teinte vieil or soutenue. Nez évolué, plein, réglissé, beurré, avec une pointe terpénique. Bouche grasse et ample, saveur de beurre, peu de sucre résiduel perceptible ; belle amplitude malgré une légère chaleur alcoolique en finale.

7 - Meursault - Albert Grivault - Clos des Perrières 1er cru - 1999

PC : (15) DS : 15,5-16 VM : 16 RT : 15 EF : 15 GL 14. Note moyenne : 15

Robe pâle ; le nez livre peu, le fruit est pur, direct, frais, avec des notes anisées. La matière dense, structurée par une acidité longiligne, est encore marquée par l'élevage.

8 - Hermitage blanc - Domaine Gérard Chave - 1998

PC : 17 DS : 17 VM : 17,5 RT : 18 EF : 17,5 GL 16. Note moyenne : 17

Doré plus intense, avec des reflets presque rosés. Nez très précis, très fin, senteurs racées et alléchantes de meringue citronnée et de noisette grillée. Matière dense mais élancée, nette, grand classe.

9 - Montrachet - Domaine des Comtes Lafon - 1989

PC : 17,5 DS : 18,5-19 VM : 19 RT : 19 EF : 19 GL 18. Note moyenne : 18,5

Teinte dorée intense, forte viscosité pour un vin sec. Premier nez assez évolué, très riche ; le bouquet prend de l'ampleur à l'aération, grande finesse et élevage présent : mousseron, crème fraîche, bois ciré, noisette grillée. Densité considérable en bouche, vivacité, allonge - un grand vin, encore dominé par des arômes très grillés (trop ?) insistants.

10 - Corton-Charlemagne - Louis Latour - 1957

PC : 18,5 DS : 18,5 VM : 18,5 RT : 16,5-17 EF : 17,5 GL 18. Note moyenne : 18

Robe vieil or, foncée, nettement évoluée. Superbe nez, oxydé par le temps mais encore remarquablement frais et précis, évoquant le beurre et la truffe blanche (notes alliacées). Forte présence en bouche, saveur franche et profonde, l'acidité vibrante donne beaucoup de vie à l'ensemble.

 

 

11 - Pommard - Domaine de Courcel -Rugiens 1er cru - 1999

PC : (14) ? DS : 11 VM : 12,5-13 RT : 12 EF : 11 GL 12. Note moyenne : 12

Rubis vif, assez tendre. Nez simple de fruits rouges écrasés, pointe mentholée et poivrée. La bouche paraît dissociée, peu agréable en l'état - entre le fruit "carré", la forte accroche tannique, l'acidité saillante et l'alcool, il y a pour l'instant peu de liant.

12 - Corton - Labouré-Roi - 1919

PC : (14) DS : 12 VM : 13 RT : 15 EF : 14,5 GL 13. Note moyenne : 13,5

Une robe de vin blanc, entre roux et ambré, avec beaucoup de voltigeurs. Nez oxydé, non dénué de finesse : noix verte, pomme, résine, encaustique... On retrouve ces arômes de vin jaune en bouche, avec une réelle présence.

 

 

13 - Casot de Mailloles - VDT "Le Soula" 2000

PC : 14,5 DS : 14 VM : 14,5 RT : 15,5 EF : 14,5 GL 14. Note moyenne : 14,5

Rubis-pourpre profond, belle viscosité. Nez très confit, confituré (raisiné), épices douces (muscade) ; exubérant et marqué par une forte acidité volatile.

Matière généreuse, pleine, très sudiste (sucrosité décelable).

14 - Coteaux du Languedoc Pic Saint-Loup - Clos Marie - "Les Glorieuses" - 1998

PC : 15,5 DS : 15,5-16 VM : 15,5-16 RT : 15,5 EF : 15 GL 14. Note moyenne : 15,5

Robe intense ; nez généreux, sur les fruits confits, les épices, le café. Matière soyeuse et très concentrée, confiturée, caressante avant une sérieuse reprise en main tannique en finale.

 

 

15 - Rioja - Artadi "Grandes Annadas" - 1998

PC : 17 DS : 17-17,5 VM : 17,5 RT : 18 EF : 17 GL 19. Note moyenne : 17,5

Robe très dense, montrant encore des reflets pourpres et violacés. L'élevage est très respectueux du fruit, léger grillé qui n'entrave pas le flux intense des arômes de cerise épicée, nuancée de chocolat, d'amande et d'une touche lactique. La bouche montre la même franchise : structure tannique longue et fine, fruit dense et net, colonne vertébrale acide élégante. Elégant, spontané et sérieux - une réussite.

16 - Pomerol - Château Lafleur - 1997

PC : 15 DS : 14,5 VM : 14,5 RT : 14 EF : 14 GL 14. Note moyenne : 14,5

Rubis limpide, belle brillance. Nez très cabernet, pas très mûr, mais d'une belle définition aromatique : asperge, olive verte, poivron, tabac, fumé. On retrouve les mêmes arômes en bouche, végétaux mais racés ; matière assez présente, acidulée, élégante ; on sent les limites du millésime.

 

17 - Priorat - Alvaro Palacios - "l'Ermita" 1998

PC : 16-16,5 DS : 16-16,5 VM : 17-17,5 RT : 17 EF : 16,5 GL 16. Note moyenne : 16,5

Robe très jeune, opaque, violacée. Nez pénétrant, fortement boisé : cèdre, cerise, fruits confits, beaucoup d'épices. Matière dense, grain très serré, tannins fins, longue structure et bonne acidité intégrée. Prometteur.

18 - Châteauneuf du Pape - Domaine Henri Bonneau - "Réserve des Célestins" 1992

PC : 16-16,5 DS : 16,5-17 VM : 16-16,5 RT : 16-16,5 EF : 15 GL 16. Note moyenne : 16

Robe rouge sang frangée de fauve. Nez très fruité, confit, langoureux : champignon, café ; avec de la finesse et de la minéralité. Vif, sapide, mentholé en bouche, texture soyeuse du grenache, fruit concentré vertébré par une acidité bien présente.

19 - Rioja - La Rioja Alta - Reserva 904 - 1964

PC : 13-14 DS : 14 VM : 14 RT : 15,5-16 EF : 14 GL 13. Note moyenne : 14

Robe dépouillée, grenat avec une bordure brique. Nez tertiaire : champignon et confiture de fraise, notes épicées et fumées aussi. Bouche mince, sèche, avec un reste de fruits rouges et une forte acidité

20 - Châteauneuf du Pape - Domaine Deydier - 1947

PC : 15,5 DS : 15,5 VM : 15,5 RT : 13,5 EF : 15 GL 14,5. Note moyenne : 15

Robe rouge brique, mate, trouble, fortement voilée. Nez évolué, très tabac (cendres de cigare, pas désagréable), graphite, champignon. Belle présence en bouche, de la mâche, du jus, des saveurs distinctes et une bonne acidité.

21- Saint-Emilion - Château Canon - 1947

PC : 16,5 DS : 16,5 VM : 17 RT : 18,5 EF : 16 GL 15. Note moyenne : 16,5

Robe dépouillée, vivante, nette, bordure orangée. Nez présent, puissant et bien défini, automnal : sous-bois, truffe noire, feuilles mortes en décomposition, tabac ; mais il y a aussi du fruit... On retrouve la vive acidité propre au millésime en bouche, ainsi qu'un grain tannique encore sensible, une noble saveur fumée, un beau volume. Bien conservé, encore percutant.

 

 

22 - Margaux - Château Durfort-Vivens - 1928

PC : 15,5-16 DS : 17 VM : 16 RT : 17,5 EF : 16 GL 14. Note moyenne : 16

Robe profonde, sombre mais très évoluée, bords ambrés. Nez également très évolué mais net, austère mais vibrant : mentholé, fumé, vieux cuir. On retrouve la dominante viandé/cuir en bouche, des tannins secs mais une belle présence.

 

 

23 - Rheingau - Bernhard Breür - Riesling Beerenauslese Rudesheimer Schlossberg 1999

PC : 16,5 DS : 14,5 VM : 15,5-16 RT : 14,5 EF : 15 GL 15. Note moyenne : 15

Robe claire, légèrement trouble. Nez incisif, floral (tilleul), épicé. Très belle liqueur en bouche, équilibrée par une acidité cristalline, aérienne ; saveur de tilleul et de camomille, avec une pointe de salinité.

24 - VDT bianco della provincia di Verona - Romano dal Forno - "Nettare" 1995

PC : 17 DS : 15 VM : 16,5 RT : 15,5-16 EF : 14 GL 16. Note moyenne : 16

Robe orangée, cuivrée. Nez intense, presque viril : lard fumé, écorce d'orange, pain grillé, mangue séchée. Importante liqueur, matière visqueuse, légèrement tannique, heureusement qu'il y aussi une forte acidité (y compris volatile...), puissante saveur épicée et fumée.

 

 

25 - Barsac - Château Coutet 1904

PC : 15 DS : 14,5 VM : 14,5 RT : 15,5 EF : 14 GL 14. Note moyenne : 14,5

Robe ambrée, centre roux. Rancio très présent au nez : noix de cajou, encaustique, bois sec, sucre d'orge. On retrouve les mêmes notes évoluées, oxydées, confites en bouche, ainsi qu'une forte amertume (quinquina), sur une matière assez sèche.

26 - Madère - Henriquez y Henriquez - Malmsey 1954

PC : 16,5 DS : 16 VM : 16 RT : 16,5 EF : 15 GL 16. Note moyenne : 16

Couleur café, bords ambrés. Nez enveloppant et riche, incisif, original : citron vert, café, crème fraîche. Très acide, vif en bouche, ce qui donne une étonnante tonicité à cette matière riche en alcool, en extraits et en saveurs complexes.

 

 

27 - Emilio Lustau - Tintilla de Rota

PC : 17 DS : 16,5 VM : 17 RT : 15-15,5 EF : 16 GL 17. Note moyenne : 16,5

Robe noire comme du mazout, même les larmes sur les parois du verre sont colorées. Nez étonnamment frais, pur et vibrant, floral, chocolat, framboise, caramel... Très, très riche, superbement dense et long, saveur propre, nette, acidité salvatrice.

28 - Montilla Moriles - Toro Albala - PX - 1961

PC : 18 DS : 17 VM : 18 RT : 17,5 EF : 19 GL 18,5. Note moyenne : 18

Aspect encore plus visqueux, dense et noir que le vin précédent (si c'est possible). Nez explosif, mais nuancé et frais ; il y a beaucoup de fruits rouges dans ce vin noir : poivre, fraise des bois, framboise, mûre, orange, thé darjeeling...Densité et richesse extrêmes en bouche, vibrant, équilibre et fraîcheur exaltants. Un point final magistral - car que peut-on boire après ce colosse ingénu ?

Commentaires   

0 # patrick essa 19-10-2008 19:59
12 de moyenne pour le Rugiens de De Courcel dans la meilleure année de rouge de ces 120 dernières...voi là qui est sans aucun doute un ratage. Les vins ont depuis un style "vendanges entières" plus en conformité avc la classe du terroir.
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0 # laurent gibet 19-10-2008 20:13
Faut-il incriminer un problème de bouteille ?

Tu as vu aussi, Patrick, sur le blog de François Mauss, nos doutes sur le Pommard Grand Clos des Epenots 2005.

As-tu, en cohérence avec ta remarque oenologique, une analyse sur ce vin déroutant ?

Pour le Pommard Grand Clos des Epenots 2005, on peut légitimement penser à une phase de fermeture sans forcément pour autant imaginer qu'elle se traduirait ainsi (mais plutôt sous la forme d'un vin compact, renfrogné, mutique, solidement campé sur ses fondamentaux - ceux d'un millésime puissant de grande garde - et ayant conséquemment sereinement différé son coming-out de plus de 10 ans).
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0 # Essa 22-10-2008 18:34
Tu me connais assez pour savoir que je pense que les grands vins se dégustent toujours bien. J'ai dégusté ce vin à l'aveugle pour une revue et lui ai mis 13/20. Sa vinification ne me plaît guère car elle est un peu extractive et elle a durçi une trame que l'on sentait de très bon niveau. Cela dit le Grand Clos des Epenots (plat il termine la partie basse du cru , côté Beaune) constitue sans doute la moins bonne partie de ce cru si célèbre, heureusement qu'il y a beaucoup de vieux plants dedans.Le domaine suit une ligne de vinifications qui est assez éloignée des standards ambiants cela dit et le Confuron aux commandes - que j'ai croisé par ici car il est expert grêle (et on a bien reçu en 2008!) - sait ce qu'il veut, c'est un vrai vigneron, qui a "les pieds dedans". Je suis certain que les vins vont progresser s'il ne s'emballe pas. Le Rugiens était nettement au dessus de ce vin dans ce millésime et faisait partie des bon specimen du cru.(je me permets de te dire que j'ai dégusté tous les Rugiens de ce millésime à l'aveugle)Patie nce donc. La vendnage entière est toujours assez déroutante, mais vinifier avec est une véritable expérience et sans doute - pour moi en tout cas- la seule voie à suivre pour les très grands pinots.
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0 # laurent gibet 22-10-2008 19:57
Merci pour ton analyse, Patrick.

Nous avons pour autant constaté récemment avec bonheur sur les 2000 et 2001 que Rousseau produisait de grands pinots en éraflant.
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0 # Essa 24-10-2008 17:36
Tu le sais j'apprécie beaucoup les vins d'Eric Rousseau et plus encore le personnage, vraiment simple, humain et toujours diponible. Je ne pense toutefois pas que ces deux millésimes aient engendré de très grandes bouteilles car les millésimes ne le permettaient simplement pas. Eric ré-incorpore une proportion de raffles dans ces cuves après avoir égrappé. Il le fait pour mieux les draîner cela dit pas vraiment pour un effet "vendnages entières". Ces 2003 et 2005 sont d'un tout autre niveau il me semble...mais bon ce n'est pas vraiment notre propos.
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0 # laurent gibet 24-10-2008 20:29
Intéressant cette distinction car Philippe et moi avons en effet plusieurs fois évoqué ce fameux (et classieux) trait de vert.
Jamet nous a parlé aussi de l'intérêt de la rafle pour mieux drainer les jus.

Une balise : les chambertin et Chambertin Clos de Bèze 1990 : somptueux !
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