2003_11_22 Repas chez Laurent Gibet

Un festin autour de grands vins... le compte rendu sur le lien suivant:

Repas chez Laurent Gibet

 

Samedi 22 novembre 2003

 

 

 

 

Le contexte :

Ce soir, pour le Ganesh Club, Laurent Gibet, notre pandit amphitryon, convie à d’amples libations dînatoires ses compagnons Pierre Citerne et Pascal Perez, leurs compagnes Marie Claire Delorme et Jocelyne Puibusque ainsi que Annabelle et Roger Tauzin, Sophie et Vincent Mercier, Didier Sanchez et Jacques Prandi.

Le repas, un vrai festin, se compose de :

  • Foie gras d’oie,

  • Terrine de sanglier,

  • Huîtres Gillardeau,

  • Saumon à l’unilatérale,

  • Civet de lièvre,

  • Gâteau au chocolat de la Maison Pillon (le Royal)

Les vins, puisqu’il faut en parler, sont goûtés à l’aveugle. La présente synthèse est assurée par Pascal Perez.

PP : Pascal Perez - DS : Didier Sanchez - PC : Pierre Citerne - VM: Vincent Mercier – JP : Jacques Prandi - LG : Laurent Gibet.

 

 

Les vins :

1. Champagne – Moët et Chandon – Cuvée Dom Pérignon 1990 :

LG17 – PC16,5/17 - PP16,5 - VM16,5/17 – JP16 – DS17,5

  • Le nez est engageant avec ses notes de pomme, de pêche, de noisettes, au grillé très fin.

La bouche, après une belle attaque volumineuse et mûre, se fait plus austère et ce jusqu’à sa finale portée et prolongée par une acidité tranchante mais intégrée. La bulle est très fine. Un beau vin qui ne se livre pas encore complètement.

 

2. Champagne - Philipponnat – Clos des Goisses 1988 :

LG16 – PC15,5 – PP16 – VM15,5/16 – JP15,5 – DS15,5

  • Le nez est franchement évolué, sur l’oxydation et les champignons.

Malheureusement, le temps semble être passé plus vite que prévu pour cette bouteille : la bulle est quasi inexistante et l’oxydation (fruits secs) bien présente. Le tout est néanmoins fort honorable avec un beau volume, un bel équilibre et une acidité qui lui donne du nerf.

 

3. Coteaux de Saumur – Clos Rougeard – Sélection de Grains Nobles Brézé 1995 :

LG16 – PC16,5 – PP16,5 – VM16,5 – JP? – DS16

  • Du verre s’échappent des arômes d’abricot sec, de coing et même de prune. On y décèle aussi de l’acidité volatile et une pointe végétale (géranium) intrigante.

La bouche est très droite et pure, avec une bonne densité et une liqueur moyenne. On croque le fruit de la passion et le citron vert. L’acidité vibrante prolonge longuement la finale.

 

4. Jurançon – Clos Joliette 1975 :

LG16 – PC17 - PP16 – VM16 – JP16 – DS17,5

  • Annoncé en doux.

  • Nez renversant de fruits exotiques (mangue surtout) et de truffe blanche (notes alliacées) ou noire, archétypal de l’appellation et du domaine.

La bouche partage un peu entre la pureté et l’extrême typicité trouvées par une partie des convives et un manque de fruit et d’acidité regretté par les autres. On est ici au niveau de sucre d’un demi-sec. Un beau vin, peut-être pas tout à fait au niveau des meilleurs de la propriété goûtés en d’autres occasions.

 

5. Châteauneuf-du-Pape – Henri Bonneau – Cuvée Spéciale 1990 :

LG16 – PC16,5 - PP16,5 – VM17 – JP15,5 – DS17,5/18

  • Le nez est complexe, sudiste, avec des fruits rouges (cerise à l’alcool), de l’amande, des épices douces et des herbes aromatiques (garrigue).

Beaucoup de personnalité pour ce vin qui déroute : son imposante charge tannique, son alcool (16,5°) et sa note d’amande lui confèrent un caractère transalpin (l’hypothétique syncrétisme d’un Barolo et d’un Amarone, un Sfursat de la Valtellina en fait), alors que nous sommes en présence d’un pur grenache. Le sucre résiduel se fait plus discret que ce que nous imaginions. Un beau bébé, encore brut de décoffrage. A attendre évidemment, en espérant qu’il s’assagisse.

 

6. Bourgogne Aligoté – Lalou-Bize Leroy (Domaine d’Auvenay) – Sous Chatelet 2000 :

LG14,5 – PC15 – PP14,5 – VM15,5 – JP14 – DS16

  • Nez monodimensionnel sur la noisette.

Le vin possède du gras, du volume, il est bien structuré mais reste toutefois un peu simple aromatiquement. Le choc positif survient quand on découvre le faible pedigree de son appellation.

 

7. Palette – Château Simone - Blanc 1985 :

LG15 – PC15 – PP15,5 – VM16 – JP14,5/15 – DS15,5

  • Le vin arbore des senteurs mentholées/camphrées mais aussi de fruits blancs (poire) ou encore de réglisse blanche ; il n’est pas dénué de minéralité.

Une belle fraîcheur soutient une bouche austère, au caractère oxydatif. Des notes grillées, réglissées, miellées (miel de châtaignier), un bon volume et une bonne longueur complètent le panorama.

 

8. Meursault – Coche-Dury 2000 :

LG16 vers + – PC16 vers + – PP17 – VM16 – JP16 – DS16,5/17

  • Nez pur, exhalant des sensations de fraîcheur et de fruits blancs bien mûrs.

La bouche allie densité, élégance et suprême équilibre. La trame acide est superbe et prolonge le vin. On retrouve là aussi les fruits blancs. Le tout confère beaucoup de pureté et de race à l’ensemble. L’avenir semble lui être promis.

 

9. Puligny Montrachet 1er Cru – Domaine de Montille – Le Cailleret 1997 :

LG17 vers + – PC17 vers + – PP17,5 - VM16,5/17 – JP17 – DS17,5/18

  • Le nez est beurré, sur la pêche et le miel d’acacia avec de la profondeur.

Profondeur que l’on retrouve en bouche, alliée à un gros volume et une grande longueur. Si on ajoute à cela un boisé bien intégré, les mêmes notes de fruits blancs bien mûrs et de miel qu’au nez, on obtient un vin d’une grande cohérence et d’une grande classe, encore à l’aube de sa vie.

 

10. Pauillac – Château Lafite-Rothschild 1988 :

LG18,5 – PC18,5 – PP18 – VM17,5 – JP18 – DS18,5

  • Nez grandiose et archétypal du grand cabernet : fruits rouges, cerise, cassis, poivron mûr, tabac et fumée.

La bouche, pure et racée, est à l’unisson. Elle arbore un très beau fruit éclatant et frais. Sa minéralité (graphite) est évidente. La finale est interminable. Seul le grain des tannins, ces derniers restant toutefois magnifiquement enrobés, n’atteint pas complètement la perfection. Il ne dévoile encore que peu de son énorme potentiel.

 

11. Pomerol – Lafleur 1988 :

LG17 – PC15,5/16 – PP16,5 – VM16 – JP? – DS15,5

  • Nez expressif de fraise confiturée, de fruits rouges, laissant percevoir une légère trace de poivron.

La fraise saupoudrée de cacao (sensation poudreuse) envahit aussi le palais, le tout d’une insigne finesse. Malheureusement, un léger manque de poids et une finale un peu approximative ternissent l’ensemble. Un beau vin qui, ce soir, ne nous émeut pas; voilà qui est émouvant!

 

12. Napa Valley – Stag’s Leap Wine Cellars – Cask 23 1994:

LG18 – PC18 – PP18,5 – VM17 – JP17 – DS17,5

  • Des senteurs fruitées (fraise), entrelacées de truffe noire, de cuir et d’épices douces donnent un nez complexe et diablement attirant.

En bouche, tout est parfaitement en place : grande élégance, équilibre suprême, extrême finesse des tannins, longueur. Arômes de fraise et de cacao. Un certain classicisme lorgnant plus vers la rive droite (rondeur), que vers la gauche. Un des meilleurs cabernets californiens jamais goûtés en ces cercles.

13. Priorat – Daphné Glorian – Clos Erasmus 1997 :

LG16,5/17 – PC16,5 – PP15,5 – VM17 – JP? – DS16

  • Produit sous l’impulsion de René Barbier du Clos Mogador - 65% grenache, 30% cabernet-sauvignon, 5% syrah.

  • Nez explosif et complexe de fruits rouges, de rose, de tabac et de viande séchée.

La bouche n’est pas en reste et roule des mécaniques; l’alcool est là, le sucre résiduel aussi, bien équilibré par une bonne fraîcheur. Les tannins sortent leurs griffes, vont-ils tenir? La plupart des convives semblent en douter.

 

14. Chambolle-Musigny 1ier Cru - Domaine Comte Georges de Vogüé – Amoureuses 1996 :

LG16? – PC16 – PP14,5 – VM15 – JP? – DS14,5

  • Le bouquet décline de la griotte, des notes florales et …. c’est tout.

La bouche prête à discussion. Côte pessimistes, vin un peu simple et étriqué, doté d’une matière intermédiaire, avec de la griotte pour tout viatique; les plus optimistes le considèrent fermé et lui trouvent du fond et de la race. Eu égard au prestige du flacon, on croise des doigts pour son rétablissement.

 

15. Mosel Saar Ruwer – Selbach Oster – Riesling Auslese Zeltinger Schlossberg 1990 :

LG14,5 – PC15 – PP15,5 – VM16 – JP? – DS14

  • Nez typé sur le pétrole, la minéralité et les épices (cumin surtout).

Le faible niveau alcoolique (8,5°) et la minéralité exacerbée signent ce vin mosellan à la belle pureté. Le sucre s’est bien fondu dans la matière et le vin se présente à nous comme un demi-sec. La seule ombre au tableau réside dans son manque de tranchant qui rend sa finale plus quelconque. Il n’en reste pas moins que la dégustation, trop rare, d’un vin allemand revêt toujours un caractère spécial.

 

16. Sturovo Region, Muzla (Slovaquie) – Château Bela (Egon Muller) – Riesling 2001 :

LG16,5 – PC16/16,5 – PP17 – VM16/16,5 – JP? – DS16

  • Lot N° 8/02.

  • Le nez est très expressif avec un beau fruit exotique pur (mangue, fruit de la passion, mangoustan) et une pointe pétrolée.

La bouche est du même tonneau, exotique et très pure. Le sucre, la (belle) matière et la vive acidité sont en parfaite harmonie. On est au niveau de la richesse d’un Auslese mais avec un taux d’alcool de 12 degrés. La minéralité et la belle longueur finissent par convaincre du potentiel de ce vin slovaque qui est une totale découverte pour l’ensemble de l’assemblée.

 

17. Coteaux du Layon – Patrick Baudouin – Après Minuit 1995 :

LG16,5 – PC15,5 – PP15,5 – VM16,5 – JP? – DS14,5

  • On perçoit tout d’abord l’acidité volatile, suivie de café, de cacao et de thé à la bergamote.

  • La bouche arbore une grosse liqueur et beaucoup de sucre résiduel, difficilement compensés par une bonne et salvatrice acidité. Les arômes lorgnent du côté des fruits secs, de la bergamote, de l’abricot et du coing, du safran. Le sucre finit par gagner son combat contre la fraîcheur et, au bout du compte, le tout reste un peu lourd. Belle longueur.

 

18. Xérès – Lustau – Oloroso del Tonel 100 anos :

LG14,5 – PC15 – PP14,5 – VM15 – JP? – DS15

  • Nez andalou typique de cacao, de café froid et d’amande.

  • Belle richesse et arômes envoûtants de café, de pruneau, de réglisse et d’épices douces. Malheureusement, l’alcool dicte sa loi, il est vraiment trop brûlant. C’est une déception pour cette cuvée déjà admirablement goûtée en d’autres occasions. Mais à sa décharge, l’insidieuse fatigue est là.

 

 

Pour conclure :

  • Bon, grand parcours, belle ambiance, beaucoup de plaisirs.

  • Voilà un bel étalon pour le Ganesh.

  • Nul besoin d’en dire plus, la sélection parle d’elle-même.

 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Vous êtes ici : Accueil Repas Dégustation 2003_11_22 Repas chez Laurent Gibet