2004_05_16 Repas chez Didier Sanchez

Repas dégustation organisé par Didier Sanchez avec les amis Bordelais. Le compte rendu sur le lien suivant:


Repas chez Didier Sanchez

 

Dimanche 16 mai 2004

 

 

Synthèse des commentaires de dégustation : Laurent Gibet

 

Tous les vins sont servis à l’aveugle, carafés, par séries de un ou deux vins.

PC : Pierre Citerne- DS : Didier Sanchez - LG: Laurent Gibet - VM : Vincent Mercier - JP : Jacques Prandi, BLG : Bertrand Le Guern, CD : Christian Declume.

 

 

 

Les vins :

1. Champagne soviétique (années 60) :

DS13,5 - PC14 - LG14 – JP14 - BLG12 - CD(Non dégusté) - VM12,5/13. Note moyenne : 13,5

Niveau bas goulot.

Robe orangée. Senteurs nettement oxydatives de truffe, de champignons à la crème, de noix, d’abricot. Bouche exempte de toute effervescence (désormais ?), sucrée, peu structurée mais gentiment apéritive. On peut penser à un Murfatlar (ce « pink Shampanski » étant élaboré probablement à partir de cépages roumains). Curieux breuvage, en tout cas, un peu décadent (quand on songe à une probable clientèle attitrée, en villégiature).

 

2. Champagne Agrapart grand cru 100% L'Avizoise 1996 :

DS15,5 - PC16 - LG16 – JP16 - BLG15 - CD16 - VM16. Note moyenne : 15,75.

Blanc de blancs, pur cru d’Avize. Nez fin, distingué, prodiguant des senteurs d’agrumes, de fleurs, de miel, de brioche. Le champagne bénéficie pleinement des largesses du millésime (plénitude et colonne vertébrale acide infaillible). Goûts de fruits exotiques, de citron. Grande finesse et un poil de sévérité.

 

3. Sancerre : Henri Bourgeois "La Bourgeoise" 1990 :

DS15 - PC15 - LG14 – JP15 - BLG13 - CD15 - VM15,5. Note moyenne : 14,75.

Niveau bas goulot.

Notes de citron et de minéral. On pense à un nez de riesling mais il y a aussi ces notes végétales de lierre. Bouche mûre, équilibrée, mais sans éclat particulier.

4. Vouvray : Domaine Clovis Lefèvre 1961 :

DS10 - PC8 - LG10 – JP(Non noté) - BLG12 - CD12- VM10. Note moyenne : 10,25.

Niveau bas goulot.

Remugles plutôt désagréables et l’impression que le vin charrie … une grande quantité de soufre (la robe est d’ailleurs peu affectée par les outrages du temps). Notes sous-jacentes d’encaustique, de coing, de menthe. Bouche à l’avenant, vraiment peu engageante.

 

5. Riesling Grand Cru : Boxler "Sommerberg" (L31E) 1995 :

DS17 - PC17 - LG16,5 – JP17 - BLG16 - CD17 - VM16,5. Note moyenne : 16,75.

Niveau haut goulot.

Nez complexe, attrayant, net et offert caractérisé par des exhalaisons opulentes et mûres d’agrumes (pomelo, citron, orange), de minéral, de fruits exotiques, de menthol, d’ananas confit. Bouche généreuse, puissante, complète, dopée par une acidité soutenue, qui nous rappelle fortement un Brand de chez Zind-Humbrecht.

6. Riesling Grand Cru : Marc Kreydenweiss "Kastelberg" 1990 :

DS14,5 - PC(13) - LG14,5/15 – JP15 - BLG14 - CD13 -VM14,5/15. Note moyenne : 14,25.

Niveau bas goulot.

Nez dans un registre sensuel, pour des odeurs de cire, de mousseron, de fumé, de mangue confite, d’orange. Bouche dense, plus alanguie, qui peut plutôt rappeler un Pinot Gris. Cette évolution oxydative ne plaît pas à tous, loin s’en faut. En tout cas, on est proche d’une VT et dans un style plutôt éloigné de celui que nous avons découvert au domaine en décembre 2003.

 

7. Jurançon : Domaine Cauhapé "Noblesse du Petit Manseng" 1988 :

DS16,5 - PC16 - LG16 – JP16 - BLG15 - CD16 - VM16,5/17. Note moyenne : 16.

Niveau haut goulot.

Nez passerillé, déclinant un bel ensemble de notes aromatiques typées : truffe noire, raisin sec, abricot, caramel, banane flambée au rhum, cédrat, viande au four, sucre de canne, marron glacé, mangue rôtie, orange fraîche, épices. Bouche dense, bien prise en main par l’acidité du petit manseng, bénéficiant du charme de toutes ces senteurs. Le boisé s’est bien fondu (même s’il paraît encore un peu perceptible), pour une expression qui peut rappeler un beau Clos Joliette doux des années 70.

8. Coteaux du Layon Chaume : Domaine Banchereau "Privilège" 1990 :

DS17,5 - PC17 - LG16,5/17 – JP17 - BLG15 - CD16 - VM16,5. Note moyenne : 16,5

Niveau haut goulot.

Nez dévoilant une touche herbacée (angélique ou rhubarbe confite), du caramel au beurre, des épices (gingembre en tête), du coing. Bouche fine, classique mais dotée d’un beau développement, civil et cohérent.

 

9. Sauternes : Château Caillou 1945 :

DS13,5 - PC14 - LG14,5 - JP(Non noté) - BLG13 - CD(non noté) - VM13. Note moyenne : 13,5.

Niveau basse épaule.

Effluves tempétueux de viandox, de jambon rance, de citron vert, d’épices, de cognac, qui rappellent un olorosso andalou. En dépit de ce niveau très bas, la bouche reste assez vaillante (Madère est également une piste envisagée).

10. Sauternes : Clos du Roy 1945 :

DS11 - PC11 - LG10 - JP(Non noté) - BLG14 - CD(non noté) - VM12. Note moyenne : 11,5.

Niveau bas goulot.

Robe bien plus pâle. Notes indigentes de paille, d’anis. Bouche efflanquée, cliniquement vivante (malgré un niveau correct). Il semble que cette bouteille soit un faux (annoncé comme Haut-Peyraguey, alors que l’étiquette, bizarrement grattée aux ciseaux, laisse maladroitement apparaître un « clos quelque chose » sur Barsac). Le bouchon stipule lui Clos du Roy.

 

11. Nuits-Saint-Georges 1er cru blanc “La Perrière” domaine H. Gouges 1990 :

DS12 - PC(12?) - LG12,5 – JP12 - BLG11 - CD14 - VM14. Note moyenne : 12,5.

Niveau haut goulot.

Nez peu disert, alliacé, pourvu de quelques notes d’agrumes et de fruits mûrs. Le soufre joue encore une fois les trouble-fête, malheureusement. Bouche bloquée, fade, vraiment peu féconde et sans grand intérêt.

12. Chablis 1er cru "Montée de Tonnerre" du domaine Paul Droin-Baudoin 1970 :

DS13 - PC10 - LG10 – JP12- BLG15 - CD14,5 - VM14,5. Note moyenne : 12.75.

Niveau bas goulot.

Nez possédant lui un supplément d’âme, sur la noisette grillée, le café, le caramel. Notes alliacées, de nouveau (poireau, ail). Bouche exsangue, sans rémission.

 

13. Corton Charlemagne : Domaine Doudet 1992 :

DS14,5 - PC14,5 - LG14 – JP13,5 - BLG15 - CD15,5 - VM15. Note moyenne : 14,5.

Niveau haut goulot. Distribué par la maison Doudet-Naudin.

Emanations de citron et d’anis. Expression peu joviale et réduction donnant ces curieuses tonalités de maquereaux au vin blanc. Bouche grasse, sur le pamplemousse, banale, ne possédant pas la race (ni même le caractère) dont devrait s’honorer un Grand Cru de la colline de Corton sur ce millésime.

14. Meursault 1er cru "Santenot" du Marquis d'Angerville 1955 :

DS10 - PC8/10 - LG11 - JP(Non noté) - BLG13 - CD12 - VM12. Note moyenne : 11,25.

Niveau basse épaule.

Nez usé, oxydé, délivrant des notes de viandox, de cachou, d’iode, d’encaustique. Bouche murmurant des goûts de miel, éreintée, aux soins intensifs depuis quelque temps, probablement.

 

15. – Châteauneuf-du-Pape : Château Fortia "Tête de cuvée" 1989 :

DS14/13,5 - PC13,5 - LG14 – JP14 - BLG14 - CD14,5 - VM15. Note moyenne : 14.

Niveau haut goulot.

Nez moyennement intense et complexe, pour des odeurs de marc, de fleurs, de fruits confiturés (cassis, fraise). Bouche relativement fine, corsée, chaleureuse comme il se doit.

 

16. – Châteauneuf-du-Pape : Domaine du Clos des Papes de Paul Avril 1971 :

DS15,5/16 - PC16 - LG14,5/15 – JP16 - BLG16 - CD15,5 - VM16,5. Note moyenne : 15,75.

Niveau bas goulot.

Le nez, bien plus noble, pinote avec ses senteurs de noyau, de cuir et de fruits à l’eau de vie. La bouche semble aussi indiquer une légèreté toute bourguignonne, avec son profil svelte et désaltérant, sans excès alcoolique superfétatoire (ce style pourrait peut-être avantageusement inspirer les producteurs actuels).

 

17. Cornas : Domaine Clape 1985 :

DS15 - PC14,5 - LG14 – JP15 - BLG15 - CD14,5 - VM16,5. Note moyenne : 15.

Niveau bas goulot.

Nez intense, mûr, produisant des senteurs de cassis, de pruneau, d’olive noire, de fumé. Bouche plutôt renfrognée, terrienne, « paysanne », correctement vertébrée et subtilement minérale.

18. Côte Rôtie : Guigal "La Mouline" 1992 :

DS16,5 - PC16,5 - LG16 – JP17 - BLG17 - CD16 - VM17. Note moyenne : 16,5

Niveau haut goulot.

Nez proche du précédent, en plus enjoué, alliant de notes fraîches de fruits, de menthol, de violette, de fumé. Oriental, minéral et des notes de ronce pouvant illustrer une vendange non égrappée. Le boisé est encore perceptible. Bouche solide, pleine, possédant tonicité et allonge. On n’a pas ici affaire à un sommet de race voluptueuse mais certainement à une réussite de l’appellation sur le millésime, pour un vin bien présent et digeste.

 

19. Beaune 1er cru des négociants Leroy 1971 :

DS11 - PC10 - LG11 - JP(Non noté) - BLG13 - CD13- VM14. Note moyenne : 12.

Niveau bas goulot/haute épaule.

Nez mutique sur les feuilles mortes et le noyau. Bouche désespérément gringalette, acide, définitivement éteinte.

20. Pommard 1er cru "Les Rugiens" - François de Montille 1972 :

DS15,5 - PC15,5 - LG13,5 – JP15,5 - BLG15 - CD17- VM15,5. Note moyenne : 15,25.

Beau bouquet de pinot, mélangeant des notes de cerises à l’eau de vie, de feuilles mortes, de pruneau. La bouche est à l’avenant. On peut l’apprécier pour sa silhouette élancée et fraîche, qui a bien résisté à l’âge, ou lui reprocher un caractère un peu fatigué, ayant perdu en densité. La majorité des dégustateurs aime.

 

21. Pomerol : Château La Fleur de Gay 1990 :

DS15,5 - PC16/16,5 - LG16 – JP15 - BLG15 - CD16 - VM16,5. Note moyenne : 15,75.

Nez déclinant des notes évoluées de cerise, d’amande associées à des inflexions curieusement japonisantes de riz soufflé et de thé vert. Bouche à laquelle on ne peut pas reprocher grand-chose : elle est dense, longue, mûre, fine et fraîche, relativement ferme pour son exclusivité de merlot.

22. Margaux : Château Margaux 1er cru classé 1990 :

DS16,5 - PC15,5/16? - LG16,5 – JP17 - BLG16 - CD17- VM17. Note moyenne : 16,5.

Niveau haut goulot.

Olfaction herbacée, minérale, fruitée (cassis dominant), avec du cèdre et une pointe mentholée, qui semble signer une dominante de cabernet. Bouche dense, au caractère opulent (millésime oblige, en Médoc), lestée par une charge alcoolique un peu excessive pour certains (on peut penser à la Californie, ou encore à un super-toscan). Le vin est assez fin, corsé et persistant, mais certainement pas à la hauteur (en termes de race de fraîcheur et de finesse) de sa réputation. Inutile de dire que l’on s’interroge à nouveau sur l’origine du lot (la grande distribution mériterait-elle moins que la restauration où la clientèle particulière ?), car les bouteilles issues de la même cave ne déméritent pas.

 

23. Nuits-Saint-Georges 1er cru "Le Clos des Porrets Saint-Georges" domaine H. Gouges 1978 :

DS15,5 - PC15/15,5 - LG15,5 – JP14 - BLG15 - CD16 - VM16. Note moyenne : 15,25.

Cru travaillé en monopole. Bouquet de pinot, distingué avec un bel ensemble de rose fanée, de cuir, d’épices, de fraise confiturée, de cerise à l’eau de vie, de gibier. Bouche bien vivante, au charme aromatique certain (Côtes-de-Nuits ?), même si un peu langoureuse (le supplément de moelleux confère indéniablement un certain confort gustatif en comparaison du Pommard de de Montille). A l’inverse du symptôme constaté pour le Clos des Papes, on peut penser que le vin est desservi par ce degré d’alcool inutile.

 

24. Volnay 1er cru "Clos des Ducs" du Marquis d'Angerville 1978 :

DS14,5 - PC(14) - LG15 – JP15 - BLG16 – CD(non noté) - VM14. Note moyenne : 14,75.

Niveau bas goulot.

Bouquet de pinot également : réglisse, fraise confiturée, viandox. Charmeur mais peut-être moins net que le précédent. Bonne densité, contrebalancée par une acidité idoine (risquons ici d’évoquer un consensus entre le Rugiens et le Clos des Porrets).

25. Vosne-Romanée 1er cru "Cros-Parentoux" de Henri Jayer 1978 :

DS16,5 - PC17 - LG16 – JP15,5 - BLG17 - CD(non noté) - VM17. Note moyenne : 16,5.

Niveau bas goulot.

On a ici affaire à une véritable surprise organoleptique, dans la mesure où ce vin du même millésime que les deux précédents paraît issu du millésime 96 (en Gevrey 1er cru chez Mortet, par exemple). Senteurs juvéniles (eu égard au millésime) mais somme toute modestes de ronce, de mûre, avec un léger grillé encore présent, et seulement un soupçon d’animalité pour trahir l’âge. Bouche fraîche, nette, qui sans atteindre des sommets de distinction racée, n’en reste pas moins désarçonnante de jeunesse. Rappelons que Henri Jayer fût un précurseur du modernisme dans cette région (en y produisant des vins devenus mythiques) et que la bouteille (son premier grand millésime ?) a été longuement conservée dans une cave particulièrement froide. Edifiant !

 

26. Saint-Julien : Château Gruaud-Larose 2éme grand cru classé 1989 :

DS17,5 - PC17 - LG16,5 – JP16,5 - BLG16 – CD16 - VM16,5. Note moyenne : 16,5.

Niveau haut goulot.

Un nez un peu brutal, souligné par des notes de brettanomyces. Si l’on passe outre, on découvre des fragrances toutes médocaines de poivron, de minéral, de cassis, d’herbes condimentaires. Bouche mûre mais sans excès (celui du Margaux ?), précise, propre, conciliant charme et exigence. Le vin déjà fort bien goûté il y a quelques années lors d’une verticale poursuit sa route.

27. Saint-Emilion : Château Ausone 1er grand cru classé A 1979 :

DS14,5 - PC14,5 - LG14 – JP15,5 - BLG15 – CD15 - VM15. Note moyenne : 14,75.

Niveau bas goulot.

Le nez, plutôt anodin, concède des notes bien chiches de griotte, de cacao, de menthe (« after eight »). Bouche sans grand charme, qui a commencé à se dépouiller. On est loin du niveau que devrait posséder un tel cru.

 

28. Bonnezeaux : Société Vinicole de Thouarcé 1959 :

DS11 - PC10 - LG12,5 – JP13,5 - BLG13 - CD(non noté) - VM14. Note moyenne : 12,25.

Niveau bas goulot.

Nez ténu, un brin alliacé, pour des notes de menthol, de cire, de coing, de fruits exotiques. Liqueur modeste, sur le citron, le citron vert, pour une matière manquant encore une fois singulièrement de goût et de vitalité.

29. Quart de Chaume : Domaine des Baumard 1989 :

DS14 - PC14/14,5 - LG14,5 – JP14 - BLG14 - CD(non noté) - VM16. Note moyenne : 14,5.

Niveau haut goulot.

Nez intense dans son expression fruitée : coing, orange, abricot, citron vert, rehaussé par des notes prégnantes de miel de châtaignier. Bouche très mûre, avec ses nuances de rillettes, de longueur satisfaisante, à la finale prolongée par des goûts amers appropriés (zeste d’orange, kumquat).

 

30. Australie: Trevor Jones "Barossa Old Tawny" average age 20 years :

DS15,5 - PC15 - LG16 – JP14 - BLG12 - CD(non noté) - VM15,5/16. Note moyenne : 14,75.

Niveau haut goulot.

Nez complexe possédant une classe toute andalouse, avec ce bel assortiment de banane flambée, de cachou, de havane, d’iode, d’orange, de raisin sec, de jambon un peu rance … Un côté hammam également (bois chauffé), proche de celui d’un cognac. La bouche paraît élaborée dans cet esprit batailleur (20,5° d’alcool) ; elle se révèle martiale et aromatique comme il se doit pour les uns mais brutale (voire brûlante) pour d’autres.

 

31. Xeres : Pedro Ximenez Sacromonte Bodegas La Costilla Solera 1941 :

DS14,5 - PC15 - LG15,5/16 – JP15,5 - BLG15 – CD(non noté) - VM16. Note moyenne : 15,25.

Niveau haut goulot.

Robe noire. Effluves déterminés et typés de figue rôtie, de viandox, de réglisse, de brûlé, de sauce de soja. En bouche, les notes fougueuses du nez se complètent de flaveurs de cacao et d’orange (orangette) dans un profil plutôt réussi en définitive, huileux mais pas obèse (mazouté ?), car il parvient à conserver un punch relatif en dépit d’un embonpoint sucré potentiellement redoutablement handicapant.

 

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