2007_04_05 Repas degustation de Philippe Ricard

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REPAS 05 AVRIL 2007 – THEME: ENTRAINEMENT VARIE

In Vino Veritas

Quelques commentaires de contexte :
Thème du jour : vins jeunes pour entrainement aux dégustations à l’aveugle.
La dégustation s’est déroulée en une seule phase, au cours d’un repas.
Les vins sont tous dégustés à l'aveugle (la liste des vins n’est initialement connue de personne, sauf Philippe qui organise cette dégustation).
Le service se fait à l’ouverture de la bouteille (exception faite de 4 vins, mentionnés dans le compte rendu)

Nombre de dégustateurs : 10
DS : Didier Sanchez - PC : Pierre Citerne – LG : Laurent Gibet - PR : Philippe Ricard - BLG : Bertrand Le Guern

Les bulles...


Champagne Contraste (Blanc de Noirs) dégorgée en 2005 - Domaine Sélosse
DS15,5/16 – PC16 - LG16,5 - PR16,5 – BLG14 - Note moyenne : 15,75
(le vin a été passé en carafe juste avant le service)
  • Robe brillante, or clair, sans effervescence apparente.
  • Nez plutôt discret, un peu réduit, paraissant même légèrement éventé. La pomme semble le parfum le plus immédiat.
  • L’attaque saisit par sa fraîcheur, son acidité ferme. Le corps est particulièrement riche, doté d’une grosse matière, parfaitement tenue par une belle fermeté minérale, une grande finesse de texture. On distingue à ce stade encore quelques arômes du fût, notamment le beurre et le pain grillé, mais sans aucune exagération. La finale est de très belle longueur, très imprégnante, exsangue de toute note de dosage. Mais ce qui étonne le plus, c’est la faiblesse de l’effervescence et l’extrême finesse des bulles : c’est tout juste frétillant et on pourrait y voir une relative ressemblance avec la méthode traditionnelle des Vouvray de Philippe Foreau, par exemple. Une chose est sûre, voici un champagne profondément vineux !


Les blancs...


Beaujolais Chardonnay 2005 - Domaine des Terres Dorées
DS13 - PC13,5 – LG14,5 - PR14,5 – BLG13 - Note moyenne : 13,7
  • Robe paille aux reflets or, brillante, fluide.
  • Le nez est particulièrement mûr, aux parfums exotiques : plein, intense  et gai à la fois !
  • Si la fraîcheur n’est pas absente, elle n’évite pas un rien de mou et de gras en attaque (certains évoquent 2003). Les fleurs blanches, les fruits très mûrs, mais aussi des notes de buis emplissent la bouche au point d’aiguiller les commentaires vers du Sauvignon... Quelques notes minérales, accompagnées de jolis amers retendent le vin, dans un ensemble assez juteux, acqueux, finissant joliment par une finale aromatique, légèrement beurrée, de belle persistance.
Le style est d’un accés facile et immédiat, plaisant, au détriment d’un peu de caractère...


Sancerre Harmonie 2004 - Domaine Vincent Pinard
DS(13-) – PC(12,5) – LG13,5 – PR13 – BLG14 - Note moyenne : 13,2
  • Robe brillante, fluide, paille aux reflets or et vert.
  • Nez immédiatement pris par la dominance boisée, vanillée, grillée qui masque toute autre nuance aromatique, si ce n’est un petit côté réduit...
  • La bouche s’est mise au diapason : l’élevage écrase le vin par ses notes grillées et toastées ! Dommage, car la matière semble belle, l’équilibre précis, et un soupçon de fruits blancs, d’agrûmes et d’abricot nous laissent dire qu’il y aurait du vin derrière... Mais à ce stade, il est tellement difficile de « lire » ce vin que personne n’aurait songé à un Sauvignon !


Anjou les Noëls de Montbenault 2004 - Domaine Richard Leroy
DS15,5 - PC15 – LG14,5 - PR15,5 – BLG13,5 - Note moyenne : 14,8
  • On retrouve une robe relativement claire : brillante, fluide, paille avec quelques reflets or et vert.
  • Nez fin, élégant, assez discret, avec un joli parfum de pomme, mais également une évocation de marc de Bourgogne, de Rhum, assez proche d’un Savennières pour certains dégustateurs. Bouche mûre, sur la pomme, le coin, le vermouth, la verveine, une pointe de miel ainsi que de gentiane, mais aussi une sensation momentanée de vernis et d’acidité volatile. Si l’ensemble paraît assez rond, l’acidité n’est pas en reste, ferme, ainsi qu’une matière assez tendue, pleine de caractère, presque sauvage. La finale ponctue sur une belle puissance, avec un retour affirmé.
C’est un vin original, très intéressant, assez complexe, peut-être encore dans une phase ingrate.


Mâcon Pierreclos le Chavigne 2004 - Domaine Guffens Heynen
DS16/16,5 - PC15,5 – LG15,5 - PR16 – BLG14 - Note moyenne : 15,5
  • Robe brillante, claire, fluide, paille aux reflets gris.
  • Le nez s’exprime d’abord sur des notes élégantes, mûres, évoquant la pêche, l’abricot, les fleurs blanches. Puis s’affirment quelques notes de grillé, de réduit, ainsi que de pétrole.
  • En bouche, l’attaque est d’abord flatteuse, mûre et presque grasse (alcool chaleureux) : le corps semble d’ailleurs particulièrement opulent. Mais très vite le CO2(discret), quelques notes minérales et surtout une très belle trame acide redressent le vin, lui assurant puissance et fraîcheur, caractéristiques mises en valeur jusque dans la finale. Belle rémanence grillée.
C’est un beau chardonnay que certains situent dans le Jura, chez Stéphane Tissot.


Chablis Grand Cru Les Clos 2002 - Maison William Fèvre
DS17/17,5 - PC17 – LG17,5 - PR17,5 – BLG16 - Note moyenne : 17
  • Robe brillante, fluide, très claire, paille.
  • Nez spontanément sur le chèvre frais, mais aussi les fleurs blanches, le citron, le miel et la craie. L’ensemble est particulièrement pur et racé : un très beau nez !
  • En bouche, le vin affirme sa classe, sa pureté : notes crayeuses, parfums de citron, de roche, la chair est magnifique, mariant à merveille la grande concentration du vin et son extrême finesse ! La finale souligne longuement cette délicatesse, cette harmonie, avec la sensation que la langue se resserre...
Chablis Grand Cru ne fait aucun doute pour certains. Superbe !


Auxey Duresses les Clous 2001 - Domaine d’Auvenay
DS17,5- PC17,5 – LG17 - PR17,5 – BLG16 - Note moyenne : 17,1
  • Robe assez fluide, brillante, paille presque or avec quelques reflets gris.
  • Quel nez ! Intense sensation de réduit (je ne pensais pas que le « poulailler » pourrait être si agréable...), avec des notes de grillé, de beurre, de fougère. C’est en tout cas très noble : un très beau Bourgogne, assurément !
  • Bouche grasse, suave, avec une maturité presque exotique, mais aussi de formidables notes réduites le café, la fougère. La matière est phénoménale, riche, avec un très gros volume en bouche et un équilibre magistral. La finale s’étire longuement, avec puissance et race.
Assurément un vin de belles origines : Leflaive, Coche Dury ou Bonneau du Martray sont évoqués.
Auvenay manquait à cette belle liste et confirme le talent de Lalou Bize Leroy, même sur un « Villages »...


Patrimonio 2005 - Domaine d’E Croce
DS14,5/15 - PC13,5 – LG13 - PR14,5 – BLG14 - Note moyenne : 14
  • Robe fluide, brillante, très claire, tout juste paille.
  • Nez très frais, expressif, parfaitement aromatique : les fleurs blanches, la pêche blanche s’expriment avec maturité.
  • En bouche, il est surprenant de voir combien un vin sudiste peut exprimer de fraîcheur : le CO2, aérien, ainsi que l’acidité nette donnent de la vivacité au vin, pourtant parfaitement mûr. Certes, le vin n’est pas d’une grande complexité, mais sa palette aromatique (bonbon flatteur, charme musqué, agrûmes, quelques amers, le fenouil, une pointe anisée) le rend immédiatement accessible et sympathique. Très bien fait.


Dézaley Grand Cru 2001 cuvée Médinette – Domaine Bovard
DS13,5 – PC – LG13 - PR14 – BLG13 - Note moyenne : 13,4
  • Robe brillante, moyennement fluide, or aux relfets vert, de belle intensité colorante.
  • Nez riche et ultra mûr, tendant même vers la surmaturité : les parfums de litchi, de mangue, de coin confirment un exotisme affirmé !
  • Bouche un peu délurée, baroque, d’une grande richesse, confirmant le profil exotique. Malgré la rondeur, le gras, l’extrême maturité, le vin n’en a pas pour autant perdu sa fraîcheur et son tonus.
Seule la finale marque le pas, s’affaissant rapidement.
Assurément un vin original.


Condrieu Déponcins 2004 - Domaine François Villard
DS14,5 - PC15 – LG15 - PR16 – BLG15 - Note moyenne : 15,1
  • Robe presque or, fluide, brillante.
  • Le nez est un véritable récital d’abricot sous toutes ses formes : frais, sec et confit ! Très mûr, avec en plus une note de café, de muscaté, de clou de girofle, ces caractéristiques évoquent rapidement le viognier, dans un style hyper aromatique, un rien rentre dedans...
  • En bouche, la surprise vient de l’acidité étonnante pour un Condrieu : aucune mollesse, aucune lourdeur, mais une fraîcheur bien présente ! La matière est par contre aussi opulente et riche qu’on pouvait le deviner : quelle présence ! La finale souligne cette plénitude, prolongeant la puissance du vin.
C’est assurément un très beau Condrieu (Vernay est évoqué) : seul une consammation prolongée pourrait finir par lasser.
Mais on n’a pas le temps : on passe à autre chose...


Alsace Grand Cru Altenberg de Bergheim SGN 2000 – Domaine Marcel Deiss
DS14,5 - PC15 – LG15 - PR15,5 – BLG16 - Note moyenne : 15,2
  • Robe relativement épaisse, brillante, or soutenu, presque orangée. Ce genre de robe est toujours un plaisir des yeux...
  • Nez riche, sur le coin, le miel, l’abricot et les fruits exotiques. Son caractère rôti fait immédiatement penser à du botrytis.
  • Bouche moelleuse, mais dotée d’un très bel équilibre, d’une très belle structure, le vin, parfaitement digeste, ne sombrant jamais ni dans la mollesse, ni dans la lourdeur. Joli corps, gourmand, mais un peu monolithique : le vin manque non seulement de puissance, de densité, mais surtout de complexité  aromatique pour vraiment être un grand vin. La finale, de même, mériterait davantage de longueur, à défaut d’harmonie.
Ce qui étonne surtout, c’est le manque d’identité du vin : peu typé, sa finale sur la pomme fait même songer à un Coteaux du Layon...
Ce vin manque de race.


Les rouges...


Sancerre Charlouise 2004 - Domaine Viencent Pinard
DS(12-) - PC11 – LG12 - PR13 – BLG11 - Note moyenne : 11,8
  • Robe fluide, brillante, rubis aux reflets violine, de belle intensité aromatique quand on connaît ses origines...
  • Le premier nez exhale des parfums agréables de poivre, d’épices, de fruits rouges, de cerise, assez intensément et seule une pointe d’alcool vient troubler cette première impression. Mais à l’agitation, tout se gâte : le bois, la vanille arrivent en force pour dominer sans partage un nez qui méritait mieux que ça !
  • En bouche, la progression est similaire : si l’attaque pinote délicatement, avec quelques arômes de fruits jeunes et de pivoine, une acidité à peine un peu dure, le corps s’enferme ensuite dans une enveloppe boisée où les excés de l’élevage nuisent tant à la complexité aromatique qu’au plaisir de dégustation. La finale confirme : malgré sa fraîcheur, sa tonalité poivrée et quelques perceptions fruitées, le bois persiste et l’ensemble finit sur les gencives.
Comme pour le blanc, la dégustation demeure, à ce stade du vieillissement, décevante.
Difficile de dire, en plus, si les années modifieront ce profil...


St Nicolas de Bourgueil les Malgagnes 2004 - Domaine Yannick Amirault
DS14 - PC13,5 – LG13,5 - PR13,5 – BLG13 - Note moyenne : 13,5
  • Robe assez mate, noire, juste teintée sur son disque d’une couleur violine.
  • Nez qui ne trompe personne quant à ses origines : un rien végétal, avec du poivron rouge (mûr), de la patate germée (Bertrand ne sent que ça !), il dévoile intensité et richesse.
  • En bouche, les caractéristiques de l’extraction, voire de la sur-extraction (devinée depuis la robe...), ainsi que de la grande maturité des raisins sont confirmées : arômes mûrs et puissants de cassis, de réglisse, de poivron rouge, mais aussi de terre et de minéral, avec une grande densité de matière, un volume qui en met plein la bouche, une certaine rigidité de tanins et surtout un début de lassitude devant tant de cavalerie. Un peu too much pour certains d’entre nous !

Bourgueil La Petite Cave 2003 - Domaine Yannick Amirault
DS13,5 - PC12,5 – LG13 - PR14 – BLG13 - Note moyenne : 13,2
  • On prend les mêmes et on recommence, avec ici davantage d’ « épaisseur » apparente et toujours ces touches violines visibles sur le disque. Pour le reste, noir, c’est noir !
  • Le nez est plus mûr, moins végétal, avec un petit côté réduit, du cuir et une impression de bouse de vache (beaucoup plus sympa qu’on pourrait le croire...).
  • En bouche, la grande maturité du millésime est évidente, de même qu’un élevage encore plus soigné, à la mode Bordelaise, avec un soyeux de texture plus souligné. Ça reste encore particulièrement extrait et si la fraîcheur ou quelques amers de gentiane persistent, rien ne permet d’alléger la densité et la richesse de cette matière, ni la raideur actuelle des tanins. La finale n’est pas très bien en place aujourd’hui, finissant dans la dureté et une amertume trop prononcée.
Ce vin aurait du être carafé, mais surtout doit être patienté...


Morgon Château des Lumières 2003 – Maison Louis Jadot
DS13/12,5 - PC13 – LG12 - PR14,5 – BLG10 - Note moyenne : 12,5
  • Robe mate, rubis avec quelques persistances violines, d’une intensité colorante très forte.
  • Nez solaire, très mûr et assez chaud, sur la cerise noire, la mûre, les épices, le bonbon : on s’orienterait volontiers vers le Rhône Sud !
  • En bouche, le vin présente 2 visages... Initialement très mûr, sur un fruit superbe et généreux, une belle matière, de la densité, il déménage un peu, mais avec plaisir, sans trop de race toutefois. Puis les tanins s’imposent petit à petit, asséchant progressivement la bouche pour se bloquer sur les gencives. Radicalement !
Mais le problème majeur de ce vin, c’est la prédominance actuelle du style (moderne, sans aucun doute...) au détriment de toute typicité et si l’alcool ne faisait pas défaut, on n’hésiterait pas une seconde : plein sud !  Et dire que c’est du Gamay...


Moulin à Vent Château des Jacques 2003 – Maison Louis Jadot
DS14/13,5 - PC13 – LG13 - PR15 – BLG11 - Note moyenne : 13,2
  • Encore une robe très proche de la précédente quoiqu’à peine moins sombre : toujours mate, elle affiche un rubis profond.
  • Le nez évoque les fruits très mûrs tels la cerise, le cassis, mais aussi les épices et une sensation étrange de brûlé électrique !
  • En bouche, malgré une légère sucrosité et la générosité célèbre du millésime, le vin a su préserver toute sa fraîcheur. La cerise, la fraise écrasée, la violette, le poivre, les épices s’expriment dans une matière au premier abord assez soyeuse et juteuse. Mais encore une fois, plus on le goûte, plus les tanins s’affirment dans un assèchement progressif et dérangeant. La finale, quelque peu chahutée par ces tanins, préserve toutefois sa fraîcheur et ses épices dans une belle longueur.
Encore un vin de styliste, assez moderne, qu’on situerait volontiers dans le Languedoc, sans trace d’alcool toutefois...


Maranges 1er Cru Clos Roussots 2005 - Domaine Contat Grangé
DS14 - PC12,5 – LG12 - PR14,5 – BLG12 - Note moyenne : 13
  • Robe très brillante, très foncée, avec une intensité violine assez nette dans ce jeune ensemble tout juste rougissant.
  • Nez initialement discret, qu’il faut travailler pour libérer les parfums de fruits frais (cerise noire, cassis, un peu la myrtille), avec une pointe d’alcool.
  • Bouche davantage extravertie, exprimant avec force la cerise fraîche, avec une pointe de tabac et de moka. Si le vin dégage une certaine épaisseur, il est également un peu rustre à ce stade, avec une finesse perfectible, la finale soulignant d’ailleurs une certaine dureté, voire de l’astringeance.
On le sent bien bâti, mais devant encore s’assagir pour gagner en finesse et surtout en typicité, la syrah étant plus spontanément évoquée...


Chambolle Musigny Vieilles Vignes 2004 – Maison Dominique Laurent
DS13,5 - PC13 – LG12,5 - PR13,5 – BLG11 - Note moyenne : 12,7
  • Robe mate, rubis avec quelques rares reflets violines, de bonne intensité colorante mais déjà dans une couleur plus classique en Bourgogne...
  • Nez franchement pinot, très terreux, très cerise, mais aussi quelque peu végétal, avec une sensation de fève ou de petit pois.
  • En bouche, si la première impression valorise un jus agréable et fruité, avec une texture assez fine, une première finale assez élégante, l’élevage finit par imposer son dictat, avec son profil fumé, boisé, grillé, épicé, masquant et surtout gâchant la délicatesse, la subtilité de Chambolle qu’on ne peut retrouver dans cette bouteille.
Dommage !


Gevrey Chambertin 1er Cru les Champeaux 2001 - Domaine Philippe Naddef
DS14,5 - PC16 – LG14 - PR15 – BLG13 - Note moyenne : 14,5
  • Robe moyennement brillante, rubis, particulièrement foncée.
  • Nez bien typé pinot bourguignon, intense, sur la griotte et un côté animal soulignant un début d’évolution.
  • La bouche affirme son caractère viandé, toujours sur la griotte, le noyau, le cacao (un petit côté forêt noire), dans un style droit, sérieux, même austère. Si la matière présente un profil assez juteux, elle manque encore de gras, de « caressant » pour paraître moins ferme. La finale confirme ses impressions quelque peu « solides », mais relativement racées : l’origine du vin est d’ailleurs facilement trouvée par beaucoup.


Bandol Château Pibarnon 2004
DS13,5 - PC14 – LG14 - PR15 – BLG14 - Note moyenne : 14,1
(vin carafé 5 heures)
  • Robe quasiment violine, assez mate et d’une très grande intensité colorante virant au noir.
  • Nez de fruits noirs, sur le cassis, la mûre, avec une présence alcoolique marquée. Le style solaire met la barre au sud...
  • La bouche affirme pleinement ses caractéristiques de vin technique et moderne, avec ses arômes riches de fruits très mûrs (cerise noire), d’élevage soigné (chocolat, épices), dans un toucher soyeux, une grosse matière bien dense. Le style est toujours assez solaire, puissant, relevé par une finale épicée, toujours chocolatée.
L’ensemble est toutefois particulièrement linéaire, sans véritable relief ni personnalité : l’enthousiasme n’est pas au rendez-vous, ni la typicité puisque le mourvèdre est méconnaissable et la région Roussillon plus facile à deviner que Bandol...


Rasteau Domaine Gourt de Mautens 2004
DS13,5 – PC(?) – LG11,5 - PR14,5 – BLG15 - Note moyenne : 13,6
(vin carafé 5 heures)
  • Robe assez brillante, au cœur noir et disque violine.
  • Nez d’une richesse et d’une concentration étonnantes, marqué par le chocolat, la prune mûre, le pruneau, dans un style solaire, chaleureux, intense. En bouche, on découvre un festival de gras (alcool), de sucre, de cacao, d’hyper maturité, de bois qui enrobe la matière : c’est chaud, extrême et pour beaucoup, parfaitement lassant. La finale prolonge cette richesse excessive et peu désaltérante.
Les adeptes mâchent avec enthousiasme tandis que les amateurs de subtilité remplissent le crachoir...


Coteaux du Languedoc cuvée Cistes 1998 - Domaine Peyre Rose
DS14,5 - PC15,5 – LG16 - PR16,5 – BLG14 - Note moyenne : 15,3
(vin carafé 5 heures)
  • Robe brillante, rubis avec quelques reflets grenats tout juste perceptibles sur le disque, l’ensemble étant particulièrement foncé.
  • Nez présentant une palette aromatique très intéressante, avec le sous-bois, l’humus, la viande, le laurier, l’olive noire, le goudron, un petit côté torréfié ainsi que des notes mentholées. Relativement typé syrah, le style est mûr et intense.
  • En bouche, si la matière est dense, très serrée, riche, avec de profonds arômes de cassis, d’animal, de lard, de goudron, d’eucalyptus, l’ensemble ne manque ni de fraîcheur, ni de finesse : vin sanguin, avec des tanins bien intégrés, il coule avec ampleur et puissance, avec juste un petit manque d’élégance. La finale est puissante, longuement rémanente et finit de valoriser un vin relativement complexe.


St Julien Château Léoville Barton 2001
DS16,5/17 - PC15,5 – LG14,5 - PR16,5 – BLG16 - Note moyenne : 15,9
  • Robe moyennement brillante, rubis, l’ensemble étant très coloré.
  • Voici un bien beau nez bordelais, très typé par le cabernet sauvignon : la terre, le sous-bois, le cèdre, les épices, une pointe herbacée (poivron rouge), c’est net, assez racé et charmeur.
  • Si la bouche développe de jolies notes bien mûres, elle patit encore à ce stade d’une domination d’un élevage certes luxueux, mais encore un peu trop présent : les notes torréfiées, grillées, de moka, de chocolat prennent un peu le pas sur l’expression aromatique. Il faut tempérer ces impressions par une perception de matière très bien en place, plutôt ronde, soyeuse, mais aussi svelte et fraîche (très belle acidité). La finale est parfaitement polissée, riche de retours élégants typiques de cabernet sauvignon.
Si l’ensemble ne claque pas, un rien cloisonné dans une sorte d’austérité liée à cette présentation soignée, le potentiel est bien là et très rassurant pour l’avenir.


Pirate : Cheval des Andes 2001 (Argentine)
DS14/13 ,5 - PC14 – LG14 - PR15 – BLG15 - Note moyenne : 14,4
  • Robe très brillante, rubis profond, avec un cœur presque noir.
  • Le nez ne brille pas particulièrement par son intensité, si ce n’est par quelques notes d’alcool, mais il exprime de la maturité, de jolis parfums de cassis, de mûre, de cerise noire. Le style est solaire.
  • En bouche, l’attaque paraît aimable, immédiatement ronde, avec une sucrosité bien palpable, une matière très soyeuse, carrément veloutée. Le corps est plein, marqué par les fruits rouges, très mûrs, des notes exotiques d’eucalyptus, de noix de coco, mais aussi de vanille bourbon. C’est indéniablement riche, dans une style Michel Roland. La finale confirme ce côté solaire et quelque peu charmeur, à défaut de souligner de la complexité ou de la race.

Un VDN...


Rivesaltes La Carbasse 1999 - Domaine Sarda Malet
DS17 - PC16 – LG17 - PR17 – BLG15 - Note moyenne : 16,4
  • Robe moyennement brillante, encore d’un beau rubis très sombre.Le nez est à la fois délicat et intense, avec des notes de chocolat, de moka, de cerises à l’alcool, de prune, de pruneau qui s’associent avec harmonie. Particulièrement tentant...
  • Si le sucre s’affirme d’entrée, il ne le fait sans aucune mollesse : la force du vin est son équilibre qui saisit dès les premiers instants, avec une véritable fraîcheur, un alcool tout à fait intégré. Reste ensuite au corps à s’exprimer avec complexité et profondeur, mais toujours dans la mesure, la finesse et une véritable élégance : le fruit est ainsi parfaitement préservé, la puissance maitrisée. La finale affirme longuement un caractère schisteux, épicé, toujours dans une parfaite harmonie et une véritable tendresse...
Après une série de 24 vins, ce VDN reussit le tour de force de donner envie de le boire, avec un plaisir évident !

CONCLUSION

La série des blancs nous a tous bien réjouis : des simples mais bien faits Beaujolais ou Patrimonio aux remarquables Chablis et Auxey, l’ensemble était aussi intéressant que plaisant.
A noter une petite déception quant à l’envergure mesurée du grand cru du domaine Deiss et la confirmation en 2 dégustations des dommages boisés subis par le Sancerre haut de gamme du Domaine Pinard (en rouge aussi d’ailleurs !). En tout cas à ce stade du vieillissement. Pour les rouges, l’ensemble s’est révélé moins agréable. Tout d’abord par l’accumulation de vins de stylistes, le plus souvent modernes, qui, sans présenter le moindre défaut, génère la grosse frustration chez le dégustateur à l’aveugle de ne présenter que bien peu de race,
peu de typicité au profit de matières lissées, superbement enrobées dans des enveloppes luxueusement boisées, mais muettes quant à leurs origines.
Sans parler des adeptes de la concentration et des extractions viriles qui, en plus, réduisent presque à néant toute notion de finesse, de subtilité, ou pire, de digestibilité. Si, pour certains d’entre eux le temps pourra être bénéfique, ce style paraît pour d’autres comme gravé dans la matière ad vitam eternam...
Pour finir, il faut souligner encore une fois la qualité du Rivesaltes de chez Sarda Malet lequel a glissé avec la plus grande facilité après pourtant 5h30 de dégustation un rien fatigante... Bravo !

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