2007_04_30 Repas chez Pierre Citerne photos

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REPAS CHEZ PIERRE – LUNDI 30 AVRIL 2007

Compte rendu par Laurent Gibet.

 

Champagne Larmandier-Bernier Vieilles Vignes de Cramant BdB Extra-Brut 2000 : 16/20

Belle parade de senteurs délicates et fleuries qui se développe à l’air d’une manière réjouissante : pomme cuite, crème fraîche, noisette, fruits rouges (imaginés ?), citron, pain d’épices. Bouche subtile, bien présente, légèrement minérale et amère (zestes d’agrumes), de belle fermeté. La finale manque un peu d’explosivité.

 

Yarden BdB 1999 : 13/20

Un chardonnay effervescent israélien. Robe presque blanche. Nez dégageant des senteurs assez complexes de fruits blancs, de grillé, de miel, de citron, de fougère, de groseille à maquereau, et de manière plus inattendue d’anis. La bouche, en revanche, pêche par la brutalité de ses bulles trop envahissantes. On donne sa langue au chat après avoir exclu la champagne, proposé la Loire (ou d’autres régions françaises), la Lombardie ou l’Espagne …

 

VdP Bouches du Rhône Domaine Hauvette 2000 : 13,5/20

Bizarrement intitulé blanc de blancs (marsanne, roussanne, clairette). Le nez propage des senteurs de grillé, de praliné, de cire, de guimauve, de poire au sirop, de bâton de réglisse. Bouche balourde, monotone (on a imaginé un 2003) …

 

Côtes-du-Rhône Château des Tours 2002 : 12/20

Fruité alsacien , muscaté, caramélisé, pétrolé. Bouche rondelette, amère, très alcoolisée (à la limite de la brûlure). Goûts de guimauve, de peaux d’agrumes, de réglisse.

 

Chignin-Bergeron Quénard (A&M) 2005 : 14,5/20

Nez musqué pour des odeurs de chewing-gum, de guimauve, d’abricot, de menthe. Bouche claire, expressive, entêtante, fruitée et florale sans trop de retenue. Finale un peu molle, limitée, qui complète le tableau organoleptique finalement satisfaisant d’un Condrieu réussi !

 

Meursault Hospices de Beaune Cuvée Loppin 1958 : 12,5/20

Nez évoquant le jus de carotte, le raisin sec, l’abricot sec, le citron vert, l’orange. Bouche réduite à une sorte de strict minimum, décharnée, amère, à la finale disloquée. Ce fruit et cette acidité (malheureusement dominante, avec des goûts métalliques peu agréables) me font pencher pour un vieux Vouvray.

 

Corton-Charlemagne Lessaque-Buisson 1964 : 15/20

Robe vraiment inédite, turbide, mélangeant gris et marron, rebutante, qui évoque la vase. Derrière cette parure intrigante, on attendait des remugles mais on découvre un nez original, aux senteurs de vin jaune ou plutôt andalouses : sauce de soja, viandox, morille. Le caractère est excentrique et cette bouche, certes fatiguée, possède de beaux restes, perdurant sur une bonne acidité et des goûts de cachou.

 

Chinon Les Roches (Lenoir) 2005 : 14,5/15

Nez juvénile, fruité, floral, minéral qui peut évoquer un gamay. En bouche, la présence tannique (belle astringence) entraîne plutôt vers un cabernet de Loire. Bouche directe, sans fard, rigoureuse, végétale et fruitée (sans un ensemble bien mûr). Un vin encore brut de fonderie, net, qui se gardera longtemps.

 

Marcillac Ph. Croizat 2004 : 14,5/20

Nez vivant, ferrugineux associant des notes de gelée de cassis, de rafle, d’épices. Bouche dotée d’une belle rusticité, savoureuse, accrocheuse, avec un peu de végétal et d’amertume. Un très joli vin de pique-nique. Une belle découverte que ce domaine.

 

Chinon Joguet Franc de Pied Varennes du Grand Clos 2004 : 13/20

Nez nettement boisé (ce côté sciure), herbacé, fruité (framboise, groseille). La bouche ne fait pas dans la dentelle : elle est dure, asséchante, acide, poivrée. Certains évoquent un pinot brut de décoffrage, malmené par un élevage brusque.

 

Bourgueil Druet Vaumoreau 1993 : 15/20

Un nez qui poivronne, trahit la Loire avec ses senteurs classiques et réussies de cassis, de minéral, de fumée. Bouche de belle tenue, intégrée, rectiligne. Il y a encore suffisamment de tranquillité structurelle, de maturité de fruit et de gras pour apporter un réconfortant plaisir digeste.

 

Colle Massari (Montecucco Rosso) Cuvée prestige Alinghi 2000 : (13/20)

On est accueilli ici par une atmosphère peu valorisante de scierie. Le fruit est masqué, l’expression éthérée avec des inflexions de bourbon. La bouche se révèle difficile à déchiffrer : elle exprime assez peu, l’acidité est prononcée, l’alcool conséquent, la finale amère et un peu piquante. Tous paramètres peu amènes. Une fois connue l’origine de ce vin (une nouvelle appellation du sud toscan impliquant du sangiovese, on détectera des notes éventuelles de fleurs et d’amande fraîche). Comment vieillira ce vin ?

 

Cornas Franck Balthazar 2003 : 16/20

Nez intense, initialement légèrement réduit, apportant des senteurs de cassis, de fumée, de garrigue, de cacao. Bouche appétissante, avec un léger pétillement, d’apparence sauvage. Le toucher (agreste) et les flaveurs (« naturelles ») rappellent ceux d’un vin de Barral. Il y a dans ce vin plus de relief que dans le vin de Gramenon (Pascal S 2003).

 

Côtes du Rhône – Domaine Gramenon – A Pascal S 2003 : 14/20

Robe trouble. Curieusement, ce vin fleure les fruits confiturés, les épices, la rose : on pourrait facilement parier pour un vin blanc et en particulier un Gewurztraminer. Il y a une certaine féminité dans ce vin très « sans soufre », avec un peu de sucre résiduel, un léger perlant initial, de la finesse, de la gourmandise et un profil très glissant. Il y a aussi selon moi, et c’est plus fâcheux, ce manque d’ossature (mais le vin est soutenu par une acidité encourageante), d’accroche, de dénivelé (reproché aux vins de Prieuré-Roch, dans un style pas si éloigné). Les goûts aguicheurs sont aussi un peu gâchés par des flaveurs de pomme blette.

 

Rappel :

Vins Rouges sans soufre - Lundi 21 juin 2004

Côtes du Rhône – Domaine Gramenon – A Pascal S 2003 : cr par Pascal Perez

PP16,5 – PC16,5 – LG16,5

La palette olfactive est riche et captivante avec des fruits noirs (cerise burlat) et leurs noyaux, du cacao, de l’amande fraîche (orgeat) et du thé à la bergamote.

La bouche est à l’unisson avec des fraises compotées aux épices douces et de la cerise. La suavité est celle d’une huile d’olive. Rien de lourd dans cette belle matière, au contraire équilibrée par de la fraîcheur et de la finesse. Bonne longueur et du potentiel.

 

VdP Mont Baudile – La syrah de Pey Cherres (Supply-Royer) 2005 : (12,5/20)

Boisé travaillé asservissant quelque peu des senteurs de figue, de cacao, de cassis. Bouche extraite (réglisse puissante), alcoolisée, gonflée à bloc, faraude. La grosse cavalerie souhaite apparemment impressionner dans ce profil manquant de finesse et (c’est plus grave) tendant à sécher. On pense à un Châteauneuf riche, à un Roussillon ou à un Rasteau. Pensé aussi au bodybuildé Clos des Truffiers 1998. Il faudrait regoûter ce vin dans quelques années.

 

Crozes-Hermitage Delas les Launes 2004 : 13/20

Le nez rappelle celui d’un Fronton : violette, réglisse, poivre, rafle. Bouche un peu banale, tendre avec une pointe sucrée. Profil sans vice ni vertu, un peu alangui, lâche.

 

Médoc château Potensac 1995 : 12,5/20

Ensemble bordelais classique, sans charme particulier : fleurs, réglisse, minéral. Bouche terne, sans fringance. Les contours sont flous, le vin paraît un peu chaud et pire manque de netteté (pointe liégeuse ?).

 

St-Julien Gruaud-Larose 2001 : 13,5/20

Nez boisé, livrant des notes de fruits noirs, de réglisse. Bouche concentrée, chaleureuse, serrée, tannique, renfrognée. On a pu penser à un Cahors ou à un Madiran.

 

Pomerol Eglise-Clinet 2001 : (14/20)

Olfaction peu attirante, pour du fruit confituré et des notes exagérées de coco. Bouche concentrée, acariâtre en l’état (dure voire presque séchante, chaude, sensation sucrée, manque de finesse). Des signes positifs dans la finesse et la concentration. Moins épanoui qu’Angélus 2001, moins « certain » que La Conseillante 2001 (hiératiquement prometteur), moins « évident » aussi que Cos d’Estournel 2001 ou Montrose 2001. Un vin difficile à jauger, à revoir (évidemment).

 

St-Emilion Grand-Mayne 1997 : 15/20

Evolution perceptible dans cette expression associant des notes un peu tristes d’herbes aromatiques, de cassis, de poivron. En bouche, le vin est très correct, équilibré. Mais il me semble manquer d’étoffe, de finesse tannique, d’allant, avec de plus un fruit trop neutre. Bien moins goûté qu’en janvier 2007 (noté alors 17/20).

 

Pauillac Haut-Batailley 1990 : 14/20

On inventorie dans cette expression évoluée de notes de tabac, de fraise, de figue, de prunelle, de riz soufflé, de réglisse. L’habit est ferme, mûr mais austère, peu noble.

 

Pessac-Léognan Haut-Bailly 1988 : 14,5/15

Bouquet empyreumatique mêlant des odeurs de menthol, de cassis, d’épices, de fourrure. Bouche très dense, astringente, un peu chaleureuse. Ni racée ni affable.

 

 

Coteaux du Layon Domaine de la Bergerie « Fragrance » (Y. Guégniard) 1996 : 17/20

Splendide suite aromatique fruitée non dénuée de minéralité : marmelade d’orange, abricot, pâte de coing. Bouche fine, parfaitement nette, relativement retenue en sucre, perdurable : justesse gustative, tannicité, fraîcheur et tension pour ce domaine inconnu au bataillon que j’aurais plutôt situé à Vouvray, qui conclue en beauté cette belle série de vins.

 

Jurançon Clos Thou Suprême de Thou 1996 : ED

Le fruit exotique, le gaz et la truffe (ici noire) annoncent d’emblée un Jurançon (également caractérisé par de l’artichaut, pour un dégustateur). Malheureusement, l’aération dégrade vite le vin en développant des notes d’iode, de soufre, de liège. Bouche ingrate, comprimée …


 

Quelques impressions de Pierre Citerne sur les vins regoûtés :

 

Les blancs sudistes sont bien meilleurs servis plus frais, surtout le château des Tours, toujours exotique mais moins lourd (14,5/15), Hauvette tient la route (14,5), le bergeron se maintient à un bon niveau (14,5).

Le Chinon 2005 et le Marcillac 2004 ne bronchent pas (15).

Joguet 2004 est moins boisé mais reste assez étriqué (13)?

Druet 1993 confirme une très belle tenue, mince mais aromatiquement très intéressant et franc (15)

Le vin toscan montre un peu plus de finesse mais reste trop boisé, trop "international" (13) la syrah du Mont Baudile demeure très boisée et sirupeuse, imbuvable à mon goût (12)?

Potensac 1995 semble moins liégeux, mais toujours carré, rude, difficile à noter.

Les deux 2001 continuent à ma poser problème, la matière est là, la structure assez fine (surtout l'Eglise-Clinet) mais que de chaleur alcoolique ! et aucune finesse aromatique... là encore c'est très difficile à noter.

Haut-Batailley montre ses limites à l'aération (14,5/15) mais Haut-Bailly se montre encore plus racé et vigoureux le lendemain (16,5 - note attribuée les 3 autres fois où j'ai bu ce vin... enfin un vin régulier)

Malheureusement il n'y avait plus de Cornas (16,5) ni de Pascal S (16,5)...

Le Layon se boit toujours bien, un bel équilibre, une belle pureté, pas vraiment de marque de terroir, un vin de plaisir simple (15,5).

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