2007_08_11 Repas chez Didier Sanchez

Repas de fin de saison 2006 avec des vins exceptionnels.

Repas-dégustation chez Didier Sanchez

Samedi 11 août 2007

 

 

Dégustation préparée par Didier Sanchez et commentée par Laurent Gibet.

 

 

  • Quelques commentaires de contexte :

  • Nombre de dégustateurs : 5

  • Les vins sont dégustés à l'aveugle, par série de 2 vins.

  • DS : Didier Sanchez – PC : Pierre Citerne – LG : Laurent Gibet – MS : Miguel Sennoun – BLG : Bertrand Le Guern.

 

 

Avec les amuse-bouches : Farandole de petits feuilletés (Par Didier)

  • 1ère dégustation en 2 vins : Champagne Egly-Ouriet 1990.

1. Champagne Egly-Ouriet 1990 :

DS16,5/17 - PC16 - LG17,5 - MS17 - BLG16.

Dégorgé en 1997 - Cette version est donc en 68 mois. On y sent les odeurs racées des meilleurs champagnes : fleurs enivrantes, musc, fruits blancs et rouges (75% de Pinot noir), évocation de parfumerie, minéral. Le vin est fort et fin (pensé à 1996), limpide. Faconde et fécondité. Je le bois avec un immense plaisir.

 

2. Champagne Egly-Ouriet 1990 :

DS16,5+ - PC(15,5) - LG15,5 - MS15,5 - BLG13.

Dégorgé en 1999 - Version 98 mois. Je l’ai pensée BdB en raison de ces notes plus « blanches » de craie, de citron. Expression plus heurtée que celle du 68 mois, plus oxydative également, avec moins d’harmonie et surtout moins de tenue en bouche.

 

Avec les amuse-bouches : Gougères exotiques et Briochettes aux herbes et au saumon (Par Didier)

  • 2ème dégustation en 2 vins : Savennières 1989.

3. Savennières Domaine du Closel (Mme de Jessey) "Clos du Papillon Cuvée Spéciale" 1989 :

DS15,5 - PC15 - LG15 - MS16 - BLG15.

Eventail aromatique plutôt complet, très ligérien : coing, craie, menthe, suze. Anisé et terpénique (un peu comme Simone). Bouche soyeuse, soulignée par une sucrosité subtile. Ce léger bourrelet se sent bien en finale.

 

4. Savennières Roche-Aux-Moines Château de Chamboureau (Yves Soulez) 1989 :

DS16 - PC16,5 - LG16,5 - MS17 - BLG13.

Nez réduit exprimant du coing, du café, du calament, des parfums de fleurs capiteuses (lys). Minéralité (coquille d’huître) et chair (le vin a de la cuisse !), pour un beau caractère de Savennières, au port distingué.

 

  • 3ème dégustation en 2 vins : Tokay Pinot Gris 1983.

5. Tokay Pinot Gris : Weinbach "Cuvée Sainte Catherine" 1983 :

DS16,5 - PC16,5 - LG15 - MS16,5 - BLG14.

Menés par le bout du nez, on part d’emblée sur un Riesling alsacien : fumée, nougatine, citron vert, mirabelle. Bouche riche, avec une légère pointe de sucre. Le fruit semble un peu éteint mais la fermeté du Pinot Gris est ici pour autant remarquable.

Rappel : Tokay Pinot Gris Domaine Weinbach Ste-Catherine 1983. Notes : DS14,5 – PC15,5 – PP16 - LG15. Novembre 2001

Le nez s'ouvre fort difficilement sur des notes de mandarine, de coing, de fruits blets. Bouche dense, épicée, avec des notes évoluées de cire. Ici aussi, difficulté à identifier le cépage, pour un vin vraiment peu bavard. Les notes de beurre et de fumée deviennent plus évidentes à bouteille découverte. Il faut noter sa résistance étonnante aux assauts du temps. On attendait toutefois encore mieux, étant donné le producteur et le millésime.

 

6. Tokay Pinot Gris : Hugel "Réserve Personnelle" 1983 :

DS15 - PC13,5 - LG15 - MS15 - BLG15

Registre assez simple égarant lui aussi le dégustateur vers un Riesling : pamplemousse, végétal noble. Moins féminin que le vin de Weinbach, relative sévérité (mais de l’assise) avec un peu d’amertume et de raideur.

 

Avec le foie gras (Par Laurent)

  • 4ème dégustation en 2 vins : Bordeaux Liquoreux 1990.

7. Monbazillac : Château La Borderie 1990

DS15 - PC13,5 - LG16,5 - MS16 - BLG16.

L’abord est un rôti de belle facture, avec des notes pures et coquettes : abricot, safran, gentiane, fleurs des champs, citron. Une certaine richesse s’exprime ici (caramel). Bouche de qualité, épaisse mais fine, savoureuse, persistante.

Rappel : Club toulousain In Vino Veritas - Sauternes 1990 - 14/12/2001

(Attention : c’est l’autre cuvée du domaine, la prestige) - Monbazillac : Château La Borderie "Cuvée Spéciale" 1990 :

DS14,5 - LG14 – PP14,5. Note moyenne : 14,5 - Prix : 140 F

  • Robe dorée, brillante, de bonne intensité.

  • Le nez est fermé et livre parcimonieusement des senteurs d'orange, de champignons, d'épices.

  • La bouche déçoit nettement : elle est lourde et alcooleuse.

 

8. Sainte-Croix-Du-Mont : Domaine La Chataigneraie "Cuvée Exceptionnelle" 1990 :

DS15,5/16 - PC15,5 - LG15,5 - MS15 - BLG16.

Senteurs fruitées : fruits confits, mandarine, citron vert, abricot. Touche épicée (poivre blanc). Rideau plus végétal (un côté géranium un peu désobligeant) : Finale légèrement alanguie et manquant de noblesse.

Rappel : Club toulousain In Vino Veritas - Sauternes 1990 - 14/12/2001

Vin "Pirate" - Sainte Croix du Mont : La Chataigneraie " Cuvée Exceptionnelle" 1990 : 14/12/2001

DS15,5 - LG15,5 – PP15,5. Note moyenne : 15,5 - Prix : 110 F

  • Robe brillante, où pointent quelques traces d'évolution.

  • Le nez est principalement souligné par des senteurs d'orange et d'épices.

  • La bouche est très marquée par une expression de fruits frais. De structure moyenne, elle sait rester fine mais finit un peu chaude.

 

  • (Par Bertrand) : 5ème dégustation en 2 vins : Gaillac Liquoreux 2005.

9. Gaillac Domaine de Vayssette, Gaillac Doux cuvée Maxime 2005 :

DS14,5 - PC13,5 - LG14 - MS14 - BLG15.

Le vin exprime le Mauzac via des notes de miel, de pomelo, de pomme cuite. Expression correcte, mais qui souffre à côté du superbe Rotier Renaissance 2005 (qui confirme sa classe). Elle semble alors moins nette, moins originale, plus pommadée (toujours cette défaillance chronique en acidité dans beaucoup de vins sucrés de l'appellation).

 

10. Domaine Rotier Gaillac Renaissance doux 2005 : 17/20 - 11/8/07

DS16 - PC15 - LG17 - MS16,5 - BLG16.

Notes pures, originales et fruitées : bourgeon de cassis, rose, fruit de la passion, pamplemousse, citron vert, gingembre. Bouche équilibrée, gourmande, de belle longueur. Aussi bon que le 2002 (un chouillas en dessous ?)

 

Avec le tartare de saumon (Par Miguel)

  • 6ème dégustation en 2 vins : Meursault 1990.

11. Domaine Ropiteau-Mignon Meursault 1er cru "Les Gouttes d’or" 1990 (mis en bouteille par Poulet Père et Fils):

DS12 - PC10 - LG12 - MS11 - BLG12.

Nez encore marqué par le bois, caramélisé. Bouche balourde, pâteuse, plate, monotone.

 

12. Domaine Charles Jobard  Meursault 1er cru "Les Genevrières" 1990 :

DS15,5/16 - PC16 - LG13,5/14 - MS15,5 - BLG13.

Nez initialement réduit dont on extirpe des senteurs de craie, de miel, de noisette grillée. Allure sévère, très « chablisienne ». Acidité forte, amertume pour une matière compacte peu harmonieuse. En écho au vin comparé : digne mais peu invitant.

 

Avec le tartare de thon (Par Miguel)

  • 7ème dégustation en 2 vins :

13. Château Grillet 1984 :

DS15,5 - PC16 - LG15 - MS15,5 - BLG13.

Senteurs d'huître, de citron, de citron vert, de pamplemousse, de réglisse, de camphre. On peut penser à Muscadet, à Chablis. Bouche d'ampleur moyenne, austère, crayeuse. Cohérence, acidité vertébrante, prolongement. Finale rétrécie tout de même (en comparaison à d’autres millésimes). Jugement cohérent avec celui de la verticale.

 

14. Domaine Bonneau du Martray  Corton-Charlemagne 1985 :

DS17 - PC17,5 - LG16,5 - MS17,5 - BLG14.

Notes mûres, avec de la pomme (qui peut évoquer Vouvray), du minéral, du menthol.

Bouche relativement sévère (livraison aromatique parcimonieuse), puissante mais svelte. Encore en attente ?

 

Avec l’épaule d’agneau (Par Bertrand)

15. Pirate (Par Bertrand) : Drop de Vigné Lourac VDP Comté Tolosan Ovale Attitude NM :

DS11 – PC9 - LG11 - MS12,5 - BLG12.

Alain Gayrac à Cahuzac/Vère. Nez sans grand intérêt, genre régressif : amylique, sirop de mûre (un peu artificiel). Un vin cocktail, déprimant, façon primeur (pire sangria), sans réelle structure, avec du sucre pour bien niveler par le bas (les jeunes en discothèque ?). On a l'impression d'un vin artificiellement parfumé (sirop, copeaux).

 

  • 8 ème dégustation en 2 vins : Bourgogne 1970.

16. Maison Bouchard Père et fils Moulin-à-Vent 1970 :

DS12 - PC12 - LG12 - MS12 - BLG11.

Un nez de pinot évolué, trop simple (trait de vert, kirsch). Bouche étriquée, avec une suspecte pointe de sucre en finale semble-t-il. Cacochyme, fichu.

 

17. Domaine Lionel Bruck Nuits-Saint- Georges 1er cru "Les Saints Georges" 1970 :

DS15,5 - PC14 - LG14,5 - MS14 - BLG12.

Volutes un peu réduites et sans complexité de pinot tertiaire : torréfaction, kirsch. Bouche fatiguée, un peu amère mais sa chair acidulée est encore vivante.

 

  • 9ème dégustation en 2 vins : Chateauneuf-du-Pape 1996.

18. Châteauneuf-du-Pape Domaine Henri Bonneau 1996 :

DS16 - PC16 - LG16 - MS16 - BLG16 .

Le nez signifie clairement un grenache de beau caractère (Pegau ?, Rayas ?, Bonneau ?). Superbes fragrances de havane, de bouquet séché, de confiture de fraise, de poivre. En bouche, la chair est un peu défaillante (le millésime ?), ce qui conduit à une sensation ardente d’autant plus prononcée.

 

19. Châteauneuf-du-Pape Château de Beaucastel 1996 :

DS15 - PC14,5 - LG14,5 - MS15 - BLG15.

Un caractère grognon sur ce flacon. Le fruit (figue, liqueur de fruits noirs) et les épices ne sont pas éclatants et la fermeté du mourvèdre tend à durcir le vin. L’expression est terne, l’alcool mieux intégré que pour Bonneau 1996.

Rappel : Château de Beaucastel - Châteauneuf du Pape rouge 1996. Note : 16/16,5 – Octobre 2003

  • Robe lumineuse, grenat avec une bordure diaphane légèrement tuilée.

  • Très beau nez, avec un fruit immédiat et évident, agrémenté de notes épicées et orientales : santal, thym, cardamome, poivre vert (pointe herbacée, végétale).

  • Le fruit s'épanouit en bouche, légèrement compoté mais frais ; la texture est veloutée, dépourvue de rugosité. La finale est vivifiée par une belle acidité, parfaitement intégrée. Beaucastel a vraiment su tirer parti de ce millésime délicat.

 

  • 10ème dégustation en 2 vins : Côte-Rôtie 1997.

20. Côte-Rôtie domaine Tardieu-Laurent 1997 :

DS17 - PC16,5 - LG15,5 - MS16 - BLG15.

Senteurs significatives d’une belle syrah du Rhône Nord, dans les aiguës : trait de vert, encre, poivre, réglisse. Elégance, caractère sanguin, acidité marquée, verdeur qui peut déranger certains dégustateurs. Bouche peu charnue qui se durcit notablement au réchauffement.

Rappel : Club toulousain In Vino Veritas

Vins de Tardieu-Laurent - 23/3/2001

Côte-Rôtie 1997 :

Note : 16/16,5 - Prix : 240 F
  • Une des rares réelles satisfactions de la soirée, pour un nez pur et typé, sur la violette réglissée.

  • La bouche est équilibrée, typée, désaltérante. Des notes florales, fruitées et épicées se développent en finesse sur une bonne longueur. Finale un tout petit peu chaleureuse toutefois.

 

21. Côte-Rôtie domaine Jamet 1997 :

DS16,5/17 - PC16,5 - LG16 - MS17 - BLG17.

Le nez, particulièrement fuligineux, manifeste lui aussi ces belles notes familières de syrah septentrionale : cassis, réglisse forte, cuir, olive. Le vin paraît curieusement plus macéré qu’à l’accoutumée. Acidité de confiance, austérité augmentée, amertume légère liée à la surextraction (qui limite un peu le plaisir et nuit à l’élégance légendaire de cette cuvée). Reste un vin costaud, qui résiste assez bien au réchauffement dans le verre.

 

Avec les fromages (Par Pierre)

  • 11ème dégustation en 2 vins : Sancerre 2002.

22. Sancerre Pascal Cotat "La Grande Côte" 2002 :

DS16 - PC16 - LG14 - MS15,5 - BLG13.

Nez minéral et mielleux. Notes tendance variétale de pastille vichy, de citron, de tilleul. En bouche, cette expression primale de sauvignon n’est vraiment pas à mon goût. Vin sur la (grande) réserve à revoir dans quelques années.

 

23. VdT (Sancerre) François Cotat "La Grande Côte" 2002 :

DS16,5+ - PC16 - LG15+ - MS16 - BLG15.

Senteurs de minéral, de citron, de peaux d’agrumes, de verveine, de mirabelle dans un profil miellé à la maturité accusée (presque VT, d’où la restriction sur l’appellation). Bouche charnue, normalement plus affable que celle produite par Pascal Cotat. Fort potentiel également.

Note : Sur ce cru, les très réussis 1990 (Francis, le père), 1986 (François), 1983 (François) et 1998 (François en VdT également), nullement maquillés par le bois, plaident pour une longue attente (avec en plus une Grande Côte 1999 de Pascal Cotat, très tendue, pas prête à boire en septembre 2001). Deux styles forts différents. Un joli match à refaire dans 10 ans …

Rappel : Club toulousain In Vino Veritas

Les vins de Sancerre (rouges et blancs) - 17/9/2001

Synthèse des commentaires de dégustation : Pierre Citerne.

11. Pascal Cotat “La Grande Côte” 1999 :

DS : 14/14,5 - PC : 15/15,5 - LG : 14 - PP : 15. Note moyenne : 14,55 - Prix : 110 F

  • Typicité évidente au nez, qui jaillit assez puissamment : buis, lierre, et même de notes réduites qui évoquent le Crottin de Chavignol (est-ce une vue de l’esprit ?)

  • Très minéral, crayeux en bouche, droit et vif, long, mais moins archétypique ?

 

Avec le Bourdalou (Par Didier)

24. Pirate (Par Miguel) Riesling Seppi-Landmann Vallis Praenobilis Récolté en vin de glace (élevé en barrique neuve) 1998 :

DS13 - PC13 - LG12,5 - MS13 - BLG11.

Fruit évolué : abricot, baba au rhum, raisin sec, écorce d’orange, champignon (impression effective de passerillage pour cette curiosité). La malléabilité proverbiale du Riesling est ici cruellement prise en défaut. L’expression est pauvre (neutre), amère, bien sibylline.

 

  • 12 ème dégustation en 2 vins : Vins Mutés Etrangers.

25. Espagne : Jerez Gonzalez Byass "Solera 1847 Sweet Cream":

DS14,5 - PC13 - LG15,5 - MS14 - BLG12.

Nez habituel des cuvées andalouses (Oloroso ?). Belle noria de senteurs classiques (domestiques) : café, figue, orange amère, cachou. L’impact de l’alcool reste heureusement plus mesurée que dans le tawny australien. Un vin joliment torride, mais dont la finale ne possède pas l’explosivité des meilleures (et nombreuses) cuvées du secteur.

 

26. Australie Mc Laren Vale d’Arenberg "Nostalgia Rare Tawny" :

DS15 - PC15 - LG13,5 - MS15,5 - BLG12.

Nez trahissant nettement un tawny (ou une Colheita) : pâtes de fruits, cerise confite, confiture de mûre, pruneau, épices. Ce qui me gêne vraiment ici, c’est un taux d’alcool trop prononcé, qui rend l’ingestion du vin brûlante.

Rappel : Dégusté le 18 mai 2001 (Cr par Pierre Citerne) : Note moyenne : 16.
  • Couleur ambrée profonde.

  • Nez d'oloroso plus que de tawny : orange confite, pruneau, épices ; complexe et gourmand.

  • Bel équilibre en bouche, beaucoup de sucre et d'alcool (19,5°), mais les arômes de noix et de noisette grillée s'affirment avec autorité.

 

27. Pirate (Par Bertrand) Domaine de Vayssette, méthode gaillacoise (demi-sec) NM :

DS14 - PC13 - LG14 - MS14 - BLG15.

Bulle de qualité. Goûts précis de pomme et de citron. Gentillet mais irréprochable dans son style.

 

 

 

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