2008_04_11 Verticale Gazin

Le compte rendu complet de cette degustation thématique autour du  Chateau Gazin avec les grands millésimes de 2001 à 1959, est disponible en cliquant sur le lien suivant :

 

Club toulousain In Vino Veritas

Verticale du château Gazin Pomerol

Vendredi 11 avril 2008

 

 

 

La dégustation, préparée par Didier Sanchez est commentée par Laurent Gibet.

 

 

Quelques commentaires de contexte :

Toutes les bouteilles ont été stockées dans une cave de service, à température adaptée, 15 jours avant notre rendez-vous.

Elles ont été achetées il y a plus de 3 mois pour un bon repos des vieux millésimes.

Les vins sont dégustés du plus jeune au plus vieux, sans présentation à l’aveugle. Ils sont servis par série de 3 ou de 2.

Les verres utilisés sont les «Expert» de Spiegelau.

DS : Didier Sanchez – PC : Pierre Citerne – LG Laurent Gibet – MS : Miguel Sennoun – CD : Christian Declume.

 

 

Ordre de dégustation

(Nombre total de dégustateurs : 14)

 

 

1. Château Gazin Pomerol 2001 – 13,5°

DS15 - PC15 - LG15 - MS14,5 - CD15. Note moyenne : 14,9

Expression mûre, corsée, au fruit assez intense : cassis, pointe mentholée, cacao, fumée, réglisse, cèdre, poivre. Touche animale (genre rognons). Elle semble un rien capiteuse en l’état.

Bouche correcte sans plus, en effet assez chaleureuse, qui n’impressionne pas par sa persistance. Goûts sans génie de fruits à l’alcool.

 

 

2. Château Gazin Pomerol 2000 – 12,5°

DS(13) - PC13 - LG13,5 - MS14 - CD14. Note moyenne : 13,7

Nez avec de la volatile, rappelant presque la syrah. Boisé intense encore contrariant pour un nez un peu chiche et sans réelle élégance, conjuguant principalement des senteurs de figue, de pruneau, de raisins passerillés, de fleurs et de tabac froid.

Bouche manquant un peu de chair (semblant tangenter la sécheresse). A revoir tout de même car cette apparence est suspecte.

Rappel :

Château Gazin 2000. Notes : DS15 - LG16 - PP15,5 - PC15,5. Vinexpo 2001 (cr par Pierre Citerne)

Beau fruit floral, épicé, déjà truffé au nez, corps moyennement intense, parfumé, cohérent.

 

 

3. Château Gazin Pomerol 1999 - 13°

DS14 - PC14 - LG14,5 - MS13,5 - CD14,5. Note moyenne : 14,1

Nez frais et fruité, minéral, empyreumatique. Odeurs complémentaires de poivron (sans excès rédhibitoire toutefois).

La bouche est en rondeur réglissée, de maturité relative mais plutôt fine. Un vin prêt à boire qui se déguste assez bien, dans un registre frais.

 

4. Château Gazin Pomerol 1998 – 12,5°

DS16 - PC16 - LG16 - MS16 - CD15. Note moyenne : 15,8

Net supplément de tout dans ce nez profond, boisé, assez sensuel, déclinant des notes de fruits (groseille, fraise, cerise – tendance lactée évoquant presque le bourbon), de minéral, de cacao, de fumée, de menthol. Ce patchwork aromatique, lascif et très corsé (genièvre, herbes aromatiques) n’est pas dénué de classe.

Bouche ample, dont l’aspect acidulé aiguillonne gentiment le palais. Une expression pas vraiment moelleuse (le calcaire ?) et un boisé qui s’intensifie à l’air. Il y a dans cette présentation plus de justesse mais elle n’est malheureusement pas absolument convaincante.

 

 

5. Château Gazin Pomerol 1995 - 13°

DS15,5/16 - PC15,5 – LG15,5 - MS15 - CD14,5. Note moyenne : 15,3

Nez offrant des senteurs variées : cacao, menthe, nuances herbacées prononcées, riz soufflé, amande, cerise, réglisse, teinte animale.

En bouche, on décèle une fermeté plus marquée, un caractère un peu anguleux. Un vin qui progresse dans le verre, à attendre.

 

 

6. Château Gazin Pomerol 1994 – 12,5°

DS15 - PC15,5 - LG14,5 - MS15 - CD14,5. Note moyenne : 14,9

L’évolution se signale dans un panel aromatique un peu sombre : havane, poivron, terre, myrtille.

Bouche sanguine, fortement réglissée, limitée mais tonifiante (fine et fraîche). Un vin qui semble ici bien fragile.

Rappel :

Gazin Pomerol 1994 : Horizontale IVV Bordeaux 1994 – mars 2007 (cr par Philippe Ricard)

DS AM15,5/16 - DS SOIR16,5 - PC16 - MS16,5 - PR15,5.

Note moyenne AM : 15,8 et SOIR : 16,5 - Prix : 40 €

  • Robe moyennement brillante, d’un très beau grenat et d’une coloration soutenue.

  • Nez très mûr, presque confituré, exprimant intensément le jus de viande, de beaux parfums de tabac : frais, jeune, c’est indéniablement un nez classe !

  • La signature de la bouche est sa maturité : avec des tanins fondus, enrobants, elle expose sa rondeur, sa générosité et un profil quelque peu capiteux… Le tabac, la résine s’imposent dans ce vin juteux qui, malgré un léger creux en fin de bouche, se reprend avec élégance et harmonie pour persister de fort belle manière ! Cette maturité nous aiguille avec succès sur Pomerol…

 

 

7. Château Gazin Pomerol 1993 – 12,5°

DS12,5 - PC12 - LG12,5 - MS11 - CD13,5. Note moyenne : 12,3

Nez pauvre, blet, simplement poivronné.

Bouche brutale, acide, amère. Une bouteille affectée, vraisemblablement (cf. rappel).

Rappel :

Pomerol Gazin 1993 : Horizontale IVV Bordeaux 1993 - 21/11/2006 (cr par laurent Gibet)

DS16 - PC16,5 - LG16,5 - MS16 - CD16 - BLG16 .

  • Robe légèrement évoluée, moyennement intense, brillante.

  • Nez sophistiqué : cassis, frais, bouillon de pot-au-feu, distinction florale, pain d’épices, cumin, poivre.

  • Bouche riche, assez chaleureuse, possédant la vitalité conférée par le cabernet et la rondeur suave du merlot. Bel ensemble gustatif, oriental, parfaitement tenu.

 

 

8. Château Gazin Pomerol 1990 – 12,5°

DS15,5 - PC15,5 - LG15,5 - MS15,5 - CD16. Note moyenne : 15,6

Nez possédant une certaine élégance : cassis, délicatesse florale, cuir, réglisse, céleri rave (comme sur certains St-Emilion évolués, tel l’Angélus 1987 bu dernièrement), soupçon de vapeur mentholée, décoction d’herbes aromatiques, chocolat.

Un vin de puissance moyenne, qui se déroule assez bien malgré un léger creux en milieu de bouche (son acidité est proche de celle du 1998). Encore un peu de bois pour certains dégustateurs.

Rappel :

Pomerol : Château Gazin 90 : 12/11/2001 (cr par Pierre Citerne)

DS16,5 - LG16,5 - PP17 - PC16/16,5 - Prix : 490F

Robe profonde, centre grenat noir, bordure orangée.

Le nez aussi est profond, surtout à l’aération : puissant bouquet concentré et complexe, des notes de fourrure, d’herbes sèches, de noix grillée, de quinquina…

Attaque souple et moelleuse, retour des tannins en finale ; un vin concentré et élégant, svelte.

 

 

9. Château Gazin Pomerol 1989 - 13°

DS17,5 - PC17 - LG17,5 - MS17,5 - CD17. Note moyenne : 17,2

Nez racé, camphré, vraiment très mûr, pouvant faire penser à celui d’un beau Bandol : havane puissant, goudron, figue et même en prime une agréable touche de violette.

Bouche mettant un peu de temps à s’exprimer, charnelle avec une once de sucre résiduel. Un air (aromatique) de châteauneuf sur un trame plus bordelaise. Entêtante, mieux constituée que celle du 1990 (ce fut exactement le contraire lors de précédentes dégustations), elle affirme progressivement sa tenue et sa longueur dans une expression de caractère qui reste parfaitement bien en bouche.

Rappels :

a. Château Gazin 1989 : Horizontale Bordeaux 1989 – 5/12/2006 (cr par Laurent Gibet)

DS13 - LG13 - MS14 - BLG15 - PR13.

Nez jeune, austère, fermé, qui évoque clairement Pessac en raison d’un caractère empyreumatique affirmé enchâssant des odeurs de café, d’encens, de papier d’Arménie, de cigare de la Havane.

Bouche peu agréable, presque brûlante, pour des flaveurs cuites pesantes.

b. Pomerol – Château Gazin 1989 : 21/1/05 (cr par Pascal Perez)

JLG15,5 – JP14 - PP14 – LG14

Le bouquet est à un tournant. Il conserve de la fraise et de la menthe mais laisse apparaître des feuilles séchées, de l’humus et des fruits à l’alcool.

La bouche ne convainc qu’à moitié. Elle délivre de la fraise poivrée mais aussi un peu d’amertume. Les tannins commencent à sécher et l’alcool domine la finale. Elle semble sur le déclin.

 

 

10. Château Gazin Pomerol 1988 – 12,5°

DS17 - PC17/17,5 - LG16 - MS16 - CD16. Note moyenne : 16,5

Nez signé par le millésime, moins mûr, plus végétal (mais racé) : cassis, fruits à l’alcool, menthe, estragon, laurier. Un charme assez médocain, de la sagesse (un caractère nettement moins licencieux que celui du débridé 1989) et une fraîcheur irréprochable.

 

 

11. Château Gazin Pomerol 1986 – 12,5°

DS13,5 - PC12 - LG12,5 - MS12,5 - CD14,5. Note moyenne : 13

Nez bizarre, nettement trop évolué, oxydé comme celui d’un vieux Banyuls : fruits cuits, viandox, noix.

Bouche torpide, sans répondant, alourdie par un sucre résiduel disgracieux. Ce vin sans queue ni tête passe de « collant » à « décharné.

 

 

12. Château Gazin Pomerol 1985 – 12,5°

DS14,5 - PC14 - LG14,5 - MS14 - CD15. Note moyenne : 14,4

Allure fatiguée, répétitive : herbes aromatiques, réglisse, figue, guignolet, champignons, fruits à l’alcool.

Bouche peu allante, freinée par une impression sucrée, amère, fragile dans le verre.

Rappel :

Château Gazin Pomerol 1985 : 5/7/2000 (horizontale IVV Bordeaux 1985)

Note : 15,5 - Prix : 450 F
  • Belle, assez soutenue avec une pointe d'évolution.

  • Bouquet de cacao, fruits rouges à l'alcool, torréfaction, menthol, bouquet séché, une pointe animale.

  • Bouche sur le fruit, belle matière encore jeune, très enrobée avec du gras et une fraîcheur mentholée. La rétro-olfaction est moins complexe. Tanins assez fins.

 

 

13. Château Gazin Pomerol 1984 - 12°

DS14,5 - PC14 - LG14,5 - MS14,5 - CD14. Note moyenne : 14,3

Un profil de 1988, en plus maigre et végétal.

Bouche curieusement plutôt concentrée, en souplesse, tirant assez bien son épingle du jeu. On s’étonne d’une telle réserve vu le millésime (et des hypothèses probables de coupage - avec plein de guillemets, c’est moi qui souligne - circulent dans notre petite assemblée).

 

 

14. Château Gazin Pomerol 1982 – Le degré d’alcool n’est pas indiqué.

DS15 – PC(?) – LG(?/15) - MS16 - CD13,5. Note moyenne : 14,3

Un vin qui va nous causer pas mal de soucis (prestige du millésime oblige).

Initialement, le dégustateur est confronté à une olfaction simple, très aiguë (groseille, romarin, sensations animales, fruits à l’alcool). Le message en bouche est pauvre, presque aqueux, très alcoolisé, assurément indigne d’une telle étiquette.

Dans le doute, on reprendra le vin en fin de dégustation pour constater un net progrès, avec une chair bien plus savoureusement acceptable.

On note donc que ce vin a vraiment une évolution improbable dans le verre. Partant de loin, il semble capable de se bonifier notablement après 30 minutes environ (passant de « vraiment pas terrible » à « pas mal »). Suis-je victime des caprices de ma cognition ? (avec en souvenir un décevant l’Angélus 1982 et même un bien triste Las Cases 1982 – dans ce dernier cas, il s’agit encore plus probablement d’un problème d’échantillon).

 

 

15. Château Gazin Pomerol 1978 - Le degré d’alcool n’est pas indiqué.

DS15 - PC15 - LG15 - MS15 – CD(Non noté). Note moyenne : 15

Ce vin ressemble au 1998 en (normalement) plus distendu. Il exprime assez laconiquement la rose fanée, le végétal, la réglisse.

Bouche un peu acide, mince mais preste. Correcte mais pas inoubliable.

 

 

16. Château Gazin Pomerol 1970 - Le degré d’alcool n’est pas indiqué.

DS12 - PC12 - LG13 - MS12 - CD13. Note moyenne : 12,4

Notes assez indifférentes de cuir, de groseille, de bouquet séché.

Bouche frêle, amère, finissant acidulée. Usée par le temps.

 

 

17. Château Gazin Pomerol 1959 - Le degré d’alcool n’est pas indiqué.

DS15,5 - PC14,5 - LG14,5 - MS14,5 – CD(Non noté). Note moyenne : 14,8

Senteurs de bouquet séché, de réglisse, de viandox, de cabinet pharmaceutique (plantes médicinales, camphre).

Bouche un peu éreintée, austère (acide et amère). Trame relativement préservée mais on attendait mieux d’un tel millésime.

 

 

Conclusion :
  • Une dégustation qui ne restera pas dans les mémoires. Le niveau d’ensemble est bien trop faible (malgré des flacons en apparent bon état de conservation).

  • 1998 et 1988 sons satisfaisants.

  • 1990 et 1989 surprennent en inversant leurs scores (escomptés, en fonction des dernières dégustations effectuées).

  • 1970, 1959 et l’insolite 1982 ne sont pas au niveau.

  • 1984 intrigue et semble avoir subi une légère cure de jouvence.

  • Certains vins (tel 2000) doivent plus particulièrement être réanalysés.

 

 

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