2008_03_25 Entrainement RVF Philippe Ricard

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Club toulousain In Vino Veritas

Entraînement au championnat de France RVF

de dégustation à l’aveugle

Mardi 25 Mars 2008

 

 

 

Dégustation organisée par Philippe Ricard et commentée par Laurent Gibet.

 

Quelques commentaires de contexte :

Tous les échantillons ont été stockés dans une cave de service, à température adaptée, 10 jours avant notre rendez-vous.

Ils ont tous été ouverts juste avant le début de la séance.

Ils ont ensuite été carafés au moment du service, présentés à l’aveugle, par série de 6.

Nombre de dégustateurs : 12.

Les verres utilisés sont les «Expert» de Spiegelau.

DS : Didier Sanchez – PC : Pierre Citerne - LG : Laurent Gibet – PR : Philippe Ricard – MS : Miguel Sennoun.

 

 

1ère série : vins blancs d’Alsace

 

 

1. Sylvaner Eminence 2006 – Domaine Agathe Bursin

100% sylvaner – 12,5°

DS15 - PC15,5 - LG14,5 - PR14,5 – MS15 - Note moyenne : 14,9

Nez au corpus olfactif fin, fleuri et fruité très délicat : poire, ananas, citron vert. Très alsacien, de fait, odoriférant et sans entrave boisée gâchant la mise.

Bouche dodue, guidée par un léger sucre gourmand et de beaux amers (pomelo charnu). Elle se déroule tranquillement, avec une force relative qui évoque facilement un pinot gris.

 

 

2. Pinot blanc 2005 – Domaine André Kientzler

100% pinot blanc – 13°

DS14 – PC(14) - LG15 - PR14 - MS14,5 - Note moyenne : 14,3

Minéralité notable pour des notes retenues : menthe, guimauve, craie, pomme, citron vert.

Bouche austère, dense, tranchante. Pure, costaude, en l’état peu domptée, un peu amère et acide.

 

 

3. Riesling 2006 – Domaine André Kientzler

100% riesling – 12,5°

DS13 - PC13 - LG14 - PR13,5 - MS13,5 - Note moyenne : 13,4

Nez muscaté : raisin frais, pomme, agrumes.

Bouche relativement rustique, assez pauvre gustativement, semblant produite à partir de raisins un peu trop verts. Pensé à un Sylvaner, pour le coup.

 

 

4. Pinot Gris Grand Cru Kirchberg 2002 – Domaine André Kientzler

100% pinot gris – 13°

DS14 - PC13 - LG14 - PR14 - MS14 - Note moyenne : 13,8

Nez plus jovial, exotique, sous forme de corbeille de fruits : raisin frais, ananas, mandarine.

Bouche légèrement sucrée, avec des poignées d’amour sur une structure plus lâche. Alcool sensible. Entre pinot gris et gewurztraminer.

 

 

5. Riesling Grand Cru Geisberg 2003 – Domaine André Kientzler

100% riesling – 13°

DS17 - PC16 - LG15,5 - PR16,5 - MS16 - Note moyenne : 16,2

Nez à dominante balsamique : résine (Mont d’Or), camphre, agrumes, citron vert. Effet terpénique aussi.

Bouche assez puissante (l’effet grand cru), serrée, restant fraîche malgré un taux d’alcool qui semble plus élevé que la normale.

Rappel :

Riesling Kientzler Geisberg 2003 : 16/20 – 3/12/07 (bu chez Philippe)

Typé Riesling et style maison : minéral, agrumes, pureté fruitée, pastille vichy, bonbon au citron. Limpide, décidé mais tendre, un peu arrondi par les effets de millésime (tranchant tout relatif).

 

 

6. Riesling Grand Cru Goldert Clos St-Imer La Chapelle 2001 – Domaine Ernest Burn

100% riesling – 12,5°

DS16 - PC15 - LG14,5 - PR15,5 - MS15 - Note moyenne : 15,2

Nez fleuri, citronné, très mûr (rillettes). Approche accorte, qui m’évoque presque un gewurztraminer (orange, rose, litchi).

Bouche frétillante, facile, épicée, fumée. Sa tenue n’est que relative.

 

Rappel :

Domaine Ernest Burn Riesling GC Goldert Clos St-Imer Cuvée de la Chapelle 2001. Au domaine en décembre 2003

Notes : DS15,5/16 - PC14,5 - PP14,5 - LG15,5. Moyenne : 15.

Nez légèrement minéral, évoquant le citron et le menthol. Belle enrobage de la matière, avec un peu de sucre résiduel. Bonne longueur.

 

 

Remarques :
  • Des vins alsaciens accueillants, parfumés, aux saveurs bien définies, sans ambages, misant sur la spontanéité du fruit.

  • Un pinot blanc d’une très remarquable présence minérale (on a hésité entre Riesling et Sancerre).

  • Le style un peu facile des Rieslings de Burn (et ceux de Muré, aussi, encore dans un autre style, très convivial mais peu entraînant).

 

 

 

2ème série : présentation du Domaine Mouscaillo

 

7. Limoux 2006 – Domaine Mouscaillo

99% chardonnay, 1% mauzac – 13°

DS14,5 – PC(14,5) - LG14,5 - PR15,5 – MS15 - Note moyenne : 14,8

Nez légèrement réduit offrant des senteurs de citron, de poire, de calisson, d’anis. Boisé léger et vapeurs mentholées.

Bouche de bonne facture, parfumée, d’allonge seulement relative. Assez « froide » et en même temps coupable d’alanguissement.

 

 

8. Limoux 2005 – Domaine Mouscaillo

99% chardonnay, 1% mauzac – 13°

DS15 – PC(14) - LG14 - PR15 - MS14 - Note moyenne : 14,4

Nez fermé, particulièrement rétif. Percent quelques notes de craie, de fenouil dans un fond d’agrumes.

Bouche plus en étroitesse, végétale, mordante. Générosité ici en retrait pour un vin qui rappelle un peu un aligoté.

 

 

9. Limoux 2004 – Domaine Mouscaillo

99% chardonnay, 1% mauzac – 13°

DS15 – PC(13,5) - LG15 - PR16 - MS15 - Note moyenne : 14,9

Expression minérale : pomme, menthe, craie.

On apprécie la fermeté d’une bouche en rectitude, sérieuse, plutôt guindée. Mieux goûtée qu’en juin 2007

Rappel :

Limoux Domaine de Mouscaillo 2004 : 13/20 – 11/6/07

Un vin minéral, austère, très vif, citronné. Un poil de verdeur et une finale trop prompte (pensé à un Montlouis).

 

 

Remarques :
  • Des expressions qui fluctuent beaucoup dans le verre.

  • Pas si facile d’y déceler les inflexions sudistes (garrigue) de ces vins issus de chardonnay restant assez rectilignes et austères (dans un premier temps du moins).

 

Le lendemain midi (DS) : Je viens de regoûter les 3 Mouscaillo : encéphalogramme plat, plus de nez et une bouche monocorde. La matière est présente mais pas de goût. Un peu comme un mâcon générique.

 

 

3ème série : vins blancs de Loire

 

 

10. Saumur 2006 – Château de Villeneuve

100% chenin – 13,5°

DS13 – PC(12,5) - LG14 - PR13,5 - MS13,5 - Note moyenne : 13,3

Nez expansif : agrumes, craie, pomme, poivre, iode. Quelques inflexions végétales.

Bouche en rondeurs, avec de l’amertume. Quelque peu friable (elle se dégrade notablement dans le verre), elle semble couverte par pas mal de soufre. Au final, elle est peu gourmande, un peu trop capiteuse et manque de typicité et de légèreté fruitée. Un style de chenin ligérien dont je n’apprécie pas trop l’embonpoint.

 

 

11. Muscadet Sèvre-et-Maine sur lie « Expression de Gneiss » 2004 – Domaine de l’Ecu

100% melon de Bourgogne – 12°

DS15,5/16 - PC15,5 - LG15,5 - PR15 - MS15,5 - Note moyenne : 15,5

Nez de qualité, fin, floral et marin : citron, craie, glycine, jacinthe.

Bouche austère, peu sophistiquée mais décidée. On apprécie sa salinité dans une finale qui tient bien la route.

 

 

12. Bourgogne Côtes d’Auxerre Biaumont 2002 – Domaine Ghislaine et Jean-Hugues Goisot

100% chardonnay – 13°

DS12 - PC13 - LG12,5 - PR13 - MS12 - Note moyenne : 12,5

Nez confondant mais surtout presque écoeurant de chardonnay boisé : citronnelle, sucre d’orge et un désagréable côté « ménager » (Paic citron).

Bouche sur des goûts vulgaires, manquant de poids, de fond, de classe.

Rappel :

Bourgogne Côtes d’Auxerre – Guislaine et Jean-Hugues Goisot – Gondonne 2002 :

PP13,5/14 – LG14

  • Petit nez citronné, végétal, basique.

  • Matière sans grande ampleur, simple (citron), désarticulée car relativement dodue en milieu de bouche puis terminée par un filet acide. Elle a au moins l’avantage de la netteté aromatique. On attendait évidemment mieux de ce producteur réputé.

 

 

13. Muscadet Sèvre-et-Maine sur lie « Expression de Granite » 2001 – Domaine de l’Ecu

100% melon de Bourgogne – 12°

DS15,5 - PC16 - LG15,5 - PR15 - MS16 - Note moyenne : 15,6

Olfaction mêlant des senteurs de pastille vichy, d’herbes aromatiques, de poivre, de gentiane, d’agrumes.

Bouche tendue, tout en sévérité (pensé à certains 1996 bourguignons). Un style intransigeant signant un vin un peu haut perché mais dont la matière corpulente s’accordera bien à table.

 

 

14. Vouvray Haut Lieu sec 2000 – Domaine Huet

100% chenin – 12°

DS15 – PC(ED) - LG(13) - PR(15,5) - MS(ED ?) - Note moyenne : (14,5 ou ED)

Notes d’herbes aromatiques, de cédrat, de rhum/raisin, de pomme.

Bouche manquant de précision, acide. Goûter un autre échantillon.

 

 

15. Savennières Becherelle 2002 – Vignoble de la Coulée de Serrant

100% chenin – 13,5°

DS16,5/17 - PC16,5 - LG15,5/16 - PR17 - MS16,5 - Note moyenne : 16,5

Notes très mûres : pomme au four, miel, épices, raisin de corinthe. Ravissante tonalité truffée. Bouche riche, dans un style un peu extravagant, plaisante sur ces goûts particuliers. Une restriction en raison d'un impact seulement relatif en bouche (on aimerait plus de percussion).

 

 

 

Remarques :
  • Petit piège de cette série ligérienne : le chardonnay de l’Yonne. Ce vin de Goisot, noyé sous un élevage inadapté, n’est pas très convaincant.

  • Pas convaincu par l’élevage du chenin de Villeneuve, à la fois lourd et fragile, manquant singulièrement de grâce.

  • Guy Bossard confirme, dans le genre très bons vins, de potentiel certain, pas chers.

  • Le vin de Nicolas Joly, à la signature reconnaissable, nous régale.

 

 

4ème série : vins blancs plus « sudistes »

 

 

16. Bordeaux 2004 – Château Doisy Daëne

100% sauvignon – 12,5°

DS13 - PC12,5 - LG13 - PR13,5 - MS12,5 - Note moyenne : 12,9

Nez dominé par l’élevage : citron, buis, fleurs blanches.

Bouche simplette, sans réelle longueur. Sa fraîcheur présente un très mince intérêt (acidité citronnée).

 

 

17. Jurançon Marie 2005 – Charles Hours

90% gros manseng, 10% courbu – 14°

DS14 - PC15 - LG15,5 - PR15,5 - MS15,5 - Note moyenne : 15,1

Nez attirant l’attention : raisin frais, noix de coco râpée, agrumes, verveine citronnelle, menthol.

Bouche assez pleine, avec du punch. Reste assez austère (acidité de citron vert).

 

 

18. Graves Caroline 1998 – Château de Chantegrive

50% sauvignon, 50% sémillon – 12,5°

DS12 - PC12 - LG13 - PR13 - MS12,5 - Note moyenne : 12,5

Nez exotique, balsamique (résine). Boisé important, vanillé s’accompagnant d’odeurs de café vert, de cassis et de tisane. Bouche aux flaveurs peu nobles, plate. Finale anormalement expéditive.

 

 

19. Vin de Pays de l’Hérault 2003 – Mas de Daumas Gassac

90% composé de viognier, chardonnay, petit manseng, chenin + 10% de nombreux cépages – 13°

DS13,5 - PC13 - LG14 - PR14 - MS14,5 - Note moyenne : 13,8

Senteurs de raisin frais, de poire, de poivre.

Goûts plutôt flatteurs pour un peu d’amertume et une certaine générosité alcoolique.

 

 

20. Condrieu Deponcins 2006 – Domaine François Villard

100% viognier – 14°

DS16 - PC16 - LG15 - PR16 - MS16 - Note moyenne : 16

Agréable idiosyncrasie de viognier sur Condrieu : fruits blancs, guimauve, rose, litchi, vanille, épices.

Bouche confirmant cette impression. Bien bâtie, suffisamment nerveuse, savoureuse, elle me rappelle le Verchery 2006 de Clusel-Roch bu sur place en décembre 2007.

 

 

21. Viré-Clessé Tradition 2002 – Domaine de la Bongran

100% chardonnay – 14°

DS15,5/16 - PC15,5 - LG15 - PR15,5 - MS16 - Note moyenne : 15,6

Nez baroque, un peu à la manière du Becherelle 2002 de Nicolas Joly : dépassement de maturité sur les raisins, épices, pomme cuite.

Bouche délurée, rondelette, un brin amère. Elle semble posséder une tenue moindre que celle du Becherelle.

 

 

Remarques :
  • Cette série, contrairement aux deux précédentes, concernait des terroirs plus sudistes.

  • Petite exception d’ailleurs piégeante : le Viré-Clessé du domaine de la Bongran. Appellation bourguignonne, certes localement la plus « australe », mais au profil théoriquement frais. Sauf que chez Jean Thévenet, les maturités et les sucres résiduels déroutent facilement…beaucoup plus au sud !

  • Toujours fâché avec les blancs bordelais, manquant cruellement d’inspiration. Leur tarification reste conséquemment souvent fort discutable.

  • Un beau Condrieu (malgré les limites inhérentes du cépage, hors Grillet bien entendu).

  • Un chardonnay tendre, un peu dans le style alangui et baroque du vin de Nicolas Joly, avec moins de consistance toutefois.

 

 

5ème série : vins rouges bourguignons

 

22. Moulin-à-Vent Les 3 Roches 2006 – Domaine du Vissoux

100% gamay – 13°

DS14,5 - PC14,5 - LG14,5 - PR14,5 - MS14,5 - Note moyenne : 14,5

Robe violacée.

Les arômes (légèrement amyliques) sont des indices précurseurs d’un beau Beaujolais : cerise, violette, réglisse, pain grillé.

Bouche parfumée, bien mûre, sans détours. Arômes en douceur sur une matière qui ne s’en laisse pas trop compter (un poil de raideur). Nettement moins charnel que le 2005.

Rappel :

Moulin-à-Vent Domaine du Vissoux Les Deux Roches 2005 : 16,5/20 – 30/10/06

Comme attendu, un 2005 richement doté, plein. Race florale (violette), fumée, minéral. Généreux, glycériné, équilibré. Du grand art !

 

 

23. Chambolle-Musigny 2002 – Domaine Bernard Munier

100% pinot noir – 13°

DS14,5 - PC13 - LG13,5 - PR14,5 - MS14 - Note moyenne : 13,9

Nez à la délicatesse florale, fruitée, épicée. Peu intense.

Bouche kirschée, un peu terrienne, sans grande force. Léger manque de fraîcheur également.

 

 

24. Beaune 1er Cru Clos du Roy 2001 – Domaine Doudet Naudin

100% pinot noir – 13°

DS15 - PC14,5 - LG14 - PR14,5 - MS13,5 - Note moyenne : 14,3

Un nez qui pinote, sur de la framboise écrasée, des épices, du kirsch, un soupçon minéral.

Bouche assez soyeuse, un peu amère, qui se laisse dominer par l'alcool.

 

 

25. Gevrey-Chambertin 1er Cru les Cazetiers 2001 – Domaine Philippe Naddef

100% pinot noir – 13,5°

DS13,5 – PC(12,5) - LG14 - PR13,5 - MS12,5 - Note moyenne : 13,2

Nez presque brutal : fruit lacté, kirsch, boisé important, betterave, terre, épices, menthol. Notes animales et camphrées pour renforcer ce côté résolument "masculin".

Bouche possédant une belle matière semblant toutefois brusquée par un élevage un peu forcené.

Finale un peu raide. Il faudra suivre son évolution (pour le moment, l'élégance du pinot ne saute pas aux yeux).

 

 

26. Nuits-St-Georges 1er Cru les Murgers 1999 – Domaine Chopin

100% pinot noir – 13°

DS16 - PC16 - LG14,5/15 - PR16,5 - MS16 - Note moyenne : 15,9

Nez sanguin, corsé, terrien : cerise, cassis, fleurs puissantes, betterave fumée. Notes boisées et végétales. Il oscillerait presque entre pinot et syrah.

La bouche possède un indéniable fond fruité. Elle est en revanche dans un registre bien musculeux, avec beaucoup de mâche, pas mal d'acidité et des arômes pour le moins virils.

 

 

27. Clos Vougeot 1999 – Domaine inconnu

100% pinot noir – ?

DS11 – PC?? - LG(ED) - PR11 - MS(ED) - Note moyenne : (11 ou ED)

Nez acescent et viandé (un peu comme un très vieux châteauneuf).

Bouche déconstruite, acide et alcoolisée.

 

Cette bouteille est théoriquement un surplus de Clos Vougeot, vendu sans étiquette.

 

 

Remarque :
  • Découverte de quelques domaines méconnus, sans miracle …

 

 

6ème série : vins rouges rhodaniens

 

28. Côtes du Rhône 2005 – Domaine Charvin

90% grenache, 10% carignan – 14°

DS14,5 - PC14,5 - LG15 - PR14,5 - MS14,5 - Note moyenne : 14,6

Nez direct et sans fard profitant des vertus du grenache juste : cerise confite, marc, fleurs lourdes, réglisse, poivres.

Bouche de belle nature, relativement légère et simple mais qui semble savoir où elle va. Très « Côtes-du-Rhône » abouti. Un beau flacon, formidablement intentionné.

 

 

29. Gigondas Vieilles Vignes 2004 – Maison Tardieu Laurent

75% grenache + syrah, mourvèdre – 14,5°

DS12 - PC11 - LG12 - PR13 - MS12,5 - Note moyenne : 12,1

Nez sans grâce en raison d’un fruit lacté et cuit. Senteurs d’herbes infusées, de cerise à l’alcool, de cacao, de menthe.

Matière gâchée par un boisé ostensible (pire inapproprié), sucrée et sèche à la fois, si peu buvable …

 

 

30. St-Joseph les Reflets 2004 – Domaine François Villard

100% syrah – 13°

DS14 - PC14 - LG14 - PR14,5 - MS14,5 - Note moyenne : 14,2

Nez exprimant le cassis, la griotte épicée, l’olive noire. Boisé un peu appuyé, genre bourbon.

Bouche lactée, peu gracieuse, évoquant par sa structure capiteuse une syrah du Languedoc.

A noter la dédicace sympathique du vigneron pour ses collaborateurs : en pleine étiquette !

 

 

31. Vin de Savoie Chignin Mondeuse Vieilles Vignes 2000 – Domaine André et Michel Quénard

100% mondeuse – 12°

DS14,5 - PC14,5 - LG14,5 - PR14,5 - MS14,5 - Note moyenne : 14,5

Nez pas cosmétique pour un sou, animal, délivrant des senteurs assez fougueuses d’herbes infusées, de cuir, de cachou, de genièvre, de marinade de lièvre, de cassis, de pansement, de ciste, de poivre. On se croirait à Bandol (ou à Collioure) …

Bouche agreste, aux tannins rugueux (comme ceux d’un Bandol). On apprécie sa personnalité et son côté digeste.

 

 

32. Châteauneuf du Pape 2000 – Domaine du Vieux Télégraphe

65% grenache, 15% mourvèdre, 15% syrah, 5% divers (dont cinsault) – 14°

DS14 - PC13,5 - LG13,5 - PR14 - MS13,5 - Note moyenne : 13,7

Nez floral, épicé (poivre, baies roses), fruité (groseille, cerise confite). Régime aigu.

Bouche aux goûts de VDN, réglissée (avec un poil d’amertume en trop). Un fuseau gustatif étroit, dans un style avare pas vraiment chatoyant, très solaire, qui ne fait pas la roue (et que l’on situe allègrement en Roussillon).

 

 

33. Côte-Rôtie Champin le Seigneur 1999 – Domaine Jean-Michel Gerin

100% syrah – 13,5°

DS11 – PC(ED) - LG(13) - PR14 - MS(ED ?) - Note moyenne : (12,6 ou ED)

Nez grillé au boisé fort (tendance bourbon stéréotypé), parasité par des notes liégeuses qui perturbent le déploiement de senteurs de cassis, d’olive, de fumée, de poivre.

Bouche manquant d’évidence gustative.

Ce vin ne passe pas le contrôle qualité intraitable de Miguel …

Rappel :

Côte-Rôtie "Champin le Seigneur" 1999 (sur fût) . Notes : DS14,5 – PC15 – LG15 – PP15. Novembre 2000 (au domaine)

Nez compact et intense, réglissé et minéral, avec une animalité marquée (réduction ?). Matière encore brute, mais on sent beaucoup de fruit très mûr et une solide structure.

 

Remarques :
  • Alternance Rhône sud et nord, classiques et modernes, petit piège avec la mondeuse, l’uniformité n’était pas l’essence de cette présentation…

  • Série de vins nettement plus roboratifs (alors même que la série s’allonge et que la série suivante enchaînera dans des styles assez copieux).

  • Tardieu-Laurent ne nous convainc toujours pas dans le Rhône Sud (le bois n’est pas le partenaire idéal du grenache, assurément).

  • Le vin de Gerin semble masqué par un boisé superfétatoire.

 

 

7ème série : vins rouges « sudistes »

 

34. Côtes du Roussillon Villages Vieilles Vignes 2004 – Domaine Gérard Gauby

12,5°

Calcaires sédimentaires et schistes

- Carignan 40 % Vignes de 125 ans

- Grenache noir 35 % Vignes de 55 ans

- Mourvèdre 15 % Vignes de 25 ans

- Syrah 20 % Vignes de 20 ans

DS11 - PC12,5 - LG12,5 - PR12,5 - MS12 - Note moyenne : 12,1

Nez curieux exprimant le caoutchouc (évocation de carignan ?), la fraise épicée, la noix de coco, la pomme blette, les fleurs. Acescence élevée.

Bouche un peu éthérée (peu protégée ?), avec pas mal de volatile, certes relativement fraîche mais au prix d'un caractère vert de sous-maturité qui paraît presque limite. Du coup, le vin est acide et vraiment peu plaisant (déplaisant convient mieux, de fait).

 

Rappel :

Côtes du Roussillon Villages Domaine Gauby VV 2003 : 12,5/20 - 26/6/07

Nez curieux, dans un registre lascif : fruits confiturés, insolite rhubarbe. Bouche vraiment peu charmante, manquant clairement de maturité (en 2003 ?), bancale (acidité et alcool mal intégrés). Grosse déception.

 

 

35. Vin de Table de France (2004) – Clos Signadore

100% nielluccio – 13°

DS13,5 - PC14 - LG13,5 - PR13,5 - MS14 - Note moyenne : 13,7

Nez plutôt animal, terrien, qui délivre un message intéressant (à défaut d’être radieux) : sueur, cuir, pharmacie, cacao, menthe, herbes aromatiques (dominante de ciste), peau de châtaigne (un peu comme sur les Cornas de Clape).

Bouche « sombre », austère, aux tannins affirmés. Elle égare facilement vers un vin de bandol.

A noter que ce vin a été refusé à l’agrément (AOC Patrimonio) pour manque de typicité.

 

 

36. Coteaux du Languedoc Héméra 2004 – Domaine des Grécaux

Environ 65% syrah, 35% grenache – 13,5°

DS15 - PC15 - LG14,5 - PR14,5 - MS15 - Note moyenne : 14,8

Nez dans un genre spontané, souligné par un cassis puissant et des senteurs minérales de schiste (un peu comme chez Henry ou Rimbert).

Bouche de volume et de persistance moyens, acidulée (groseille), rafraîchissante.

 

 

37. Cahors Prince Probus 2002 – Clos Triguedina

100% malbec – 13,2°

DS12,5 – PC(12) - LG11 - PR13,5 - MS12,5 - Note moyenne : 12,3

Robe noire.

Nez surboisé semblant indiquer un vin fort extrait : myrtille, charbon de bois, bourbon. Compacité renfrognée vraiment peu invitante, de fait.

En bouche, on est servi pas une grosse mâche, très cadurcienne (extrait de réglisse, dessiccation de fruits et de feuilles, humus, …), peu sensible apparemment au passage des ans.

Je détecte bien les Cahors (alors que je ne les apprécie que très rarement en raison de leur caractère mastoc et sec).

 

 

38. Madiran Aydie 2000 – Château d’Aydie

100% tannat – 14°

DS13,5 – PC(13,5) - LG13 - PR14 - MS14 - Note moyenne : 13,6

Nez réduit, peu aimable, évoquant le suc : herbes condimentaires, sauce de soja, jus de viande, réglisse.

Bouche à l’avenant, peut-être correctement réalisée mais manquant singulièrement de fruit, de joie de vivre insouciante.

 

 

39. Argentine – Val de Flores 2002

100% malbec – 14,5°

DS12 - PC12 - LG(12) - PR13,5 - MS12 - Note moyenne : 12,3

Nez de cerise, de myrtille, de fleurs entêtantes. Le tout est enrobé dans un boisé caramélisé peu attirant.

Bouche dans ce registre, épaisse (presque gluante - alors qu'en comparaison immédiate, celle de Prince Probus 2002 paraît sèche).

Je ne trouve aucune classe à ce vin rébarbatif (et je n'ai pas envie d'en boire).

 

 

Remarques :
  • Le vin de Gérard Gauby, encensé ailleurs, nous interpelle.

  • Petit piège avec la présence d’un (bien curieux) malbec argentin...

 

 

8ème série : vins moelleux

 

40. Muscat de Beaumes de Venise 2006 – Domaine des Bernardins

100% muscat à petits grains – 15°

DS15,5/16 - PC16 - LG15,5/16 - PR16 - MS15,5 - Note moyenne : 15,8

Robe peu commune, saumonée (un indice à ne pas oublier pour la reconnaissance à l'aveugle).

On est accueilli ici par un nez tendrement fruité, muscaté en diable. La dot est affriolante : raisin frais, orange, clémentine, eau de rose.

Bouche tout en finesse (mutage délicat), gourmande, particulièrement réussie pour un muscat qui se démarque joliment par une gracilité hors norme.

 

 

41. Vouvray Haut-Lieu moelleux 1997 – Domaine Huet

100% chenin – 12°

DS15 - PC15 - LG14 - PR15 - MS14,5 - Note moyenne : 14,7

Nez assez imparable de chenin de Loire : citron, pomme, coquillage.

Bouche dans un style moelleux (presque demi-sec ?), reprenant ces notes à son compte, irréprochable mais pas inoubliable.

Richesse un peu déficiente vu le millésime (mais il est vrai que ce n’est pas le cru de Noël Pinguet le plus performant).

 

 

42. Montlouis cuvée des Loups 2001 – Domaine de la Taille aux Loups

100% chenin – 12,5°

DS14 - PC14 - LG14,5 - PR14 - MS14,5 - Note moyenne : 14,2

Nez exprimant de la fleur de pommier, du citron, de la craie.

Bouche moelleuse, sur ces goûts, qui ne fait pas des ravages mais s’avère du niveau rassurant d’une belle cuvée de base.

 

 

43. Cidre de glace du Canada 2005 – Domaine Pinnacle

100% pomme – 10°

DS16 – PC(16+ !) - LG16 - PR16 - MS16 - Note moyenne : 16 !

Nez à part conjuguant des notes fruitées gourmandes, personnelles et variées : ananas frais, banane flambée, cidre ou plus précisément calvados, abricot, mangue, citron vert, cannelle, pomme d'amour. En plus insolite, on a aussi orchidée et escalope de veau à la crème et aux champignons.

En bouche, le vin est bâti sur une acidité importante (mais nullement agressive car enrobée d'une revigorante douceur sucrée).

Bouche baroque, pointue, fruitée, assez magnétique.

 

 

44. Maury Vintage 2003 – Mas Amiel

100% grenache noir – 16°

DS16 - PC16 - LG16 - PR16,5 - MS16 - Note moyenne : 16,1

Nez corsé sur la fraise confiturée, le noyau, le marc, l’amande, les épices, le kirsch.

Bouche de bonne tenue, croustillante, qui évite heureusement le piège de l’excès alcoolique. Une friandise appréciable.

 

 

45. Banyuls Grand Cru cuvée Réservée 1989 – Domaine de l’Etoile

75% grenache noir, 15% grenache gris, 10% carignan – 16,5°

DS16 - PC16,5 - LG16,5 - PR16,5 - MS15,5 - Note moyenne : 16,2

Olfaction orientale : datte, figue, cachou, cacao, épices, gras de vieux jambon suintant.

Un joli vin de dessert au style lorgnant vers l’Andalousie (ici donc, l’Alhambra). Habilement patiné par l’âge, il procure un enivrement raisonnable.

 

 

Remarques :
  • L’intrus est ici un cidre de glace canadien, récolté et pressé comme les vins de glace, puis élevé en barrique. Un ovni (on s’est dit avant de le découvrir que ce n’était peut-être pas du vin, finalement).

 


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